2014-12-16 | UQAC

Des technologies pour affronter l'hiver - Des isolateurs glaciophohes

Janvier 1998, crise du verglas. Si l'événement reste inoubliable pour tous les Québécois qui l'ont vécu, il s'est avéré déterminant pour Christophe Volat qui arrive de France à ce moment. «Je venais faire mes études de doctorat à la Chaire industrielle sur le givrage atmosphérique des équipements des réseaux électriques (CIGELE) de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Mes travaux portaient sur la distribution du courant sur des isolateurs recouverts de glace.»

Aujourd'hui professeur au Département des sciences appliquées de l'UQAC, il est bien placé pour expliquer les leçons tirées de la crise. «Le verglas de 1998 a été d'une intensité qui ne se produit qu'une fois tous les 100 ans. Les autorités ont quand même décidé de renforcer le réseau dans les grandes zones urbaines, malgré ce faible risque.» Les pylônes qui peuvent s'écrouler sous le poids de la glace sont disparus et ont laissé place à des structures étroites qui rappellent des arbres. On a aussi ajouté des lignes électriques de contournement pour assurer la distribution, même si des fils sont coupés dans une zone.

Ces lignes supplémentaires ont une autre fonction, comme l'explique Christophe Volat: «Quand une ligne est recouverte de verglas, on peut faire passer l'électricité par une autre voie. Pendant ce temps, on fait circuler un courant continu dans la première ligne pour la chauffer et faire fondre la glace. Une crise comme celle de 1998 ne pourrait pas se reproduire de nos jours.»

Mais la spécialité de l'ingénieur ne s'intéresse ni aux pylônes ni au chauffage des fils. «Je me consacre aux isolateurs. Car le danger moins connu du verglas, c'est qu'il peut provoquer des coupures de courant par arcs électriques au niveau des isolateurs.»

Les isolateurs, ce sont ces structures en boudins qui retiennent les câbles électriques aux pylônes et empêchent le courant de se rendre au sol. Une fois recouverts de glace, les isolateurs sont encore efficaces, mais quand cette glace commence à fondre, la pellicule d'eau peut conduire le courant. Alors, des arcs électriques se produisent. «J'ai mis au point des isolateurs dont le profil empêche la formation d'un manchon de glace continu. Il a fait ses preuves sur des postes à 735 kV.»

Source :
Joël Leblanc
La recherche dans le réseau de l'Université du Québec
Vol. 4, no 2, 2014, p. XI.