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POLITIQUE CADRE D'INTERNATIONALISATION(adoptée par l'Assemblée des Gouverneurs
Le contexte de la vie des individus et des collectivités est désormais largement devenu international. C'est ainsi que l'évolution et l'avenir du Québec sont plus que jamais liés à ceux des autres sociétés, dans un ensemble d'interactions transfrontalières et une interdépendance multiforme. Il apparaît également que nombre de situations actuelles comportent des dimensions et exigent des interventions, qui dépassent les frontières géographiques, politiques et culturelles de chaque État. En revanche, les sociétés d'aujourd'hui, que tant de motifs et de facteurs rapprochent les unes des autres, constituent paradoxalement un monde fracturé par de très grandes inégalités, relatives au revenu, à la santé, à l'éducation, à la possibilité d'un développement humain, inégalités de plus en plus insoutenables et lourdes de conséquences malheureuses tant pour les uns que pour les autres. Dans ce contexte d'internationalisation et d'interdépendance, les universités peuvent apporter à la société une contribution spécifique et irremplaçable dans l'exercice même de leur mission, dans la mesure où elles savent donner de nouvelles dimensions à leurs fonctions de recherche, de formation et de service aux collectivités. établissements universitaires. L'Université du Québec se donne une politique générale d'internationalisation dans le but d'offrir à ses étudiants une formation appropriée à des contextes devenus internationaux et de faire en sorte que ses activités de recherche et de service aux collectivités soient en juste correspondance avec les besoins de la société québécoise d'aujourd'hui et de demain et avec les impératifs de la solidarité internationale. Les objectifs de cette politique sont de soutenir la croissance des activités internationales actuelles, de multiplier les interactions entre les diverses activités de façon à en accroître les retombées, de stimuler l'intégration progressive de perspectives et d'apprentissages internationaux dans l'ensemble des programmes d'études et, enfin, d'établir quelques points de repère utiles dans le choix et la réalisation des activités à caractère international, particulièrement celles qui concernent la coopération scientifique et l'aide au développement.
L'Université du Québec reconnaît le phénomène de la montée de l'interdépendance entre les nations, le caractère international de nombreuses conjonctures, de même que le contexte mondial d'inégalités considérables entre les nations. Ce contexte, avec les traits qui le caractérisent, amène l'Université du Québec à réexaminer ses missions de recherche et de formation pour les adapter à ce nouvel environnement. Il s'agit d'un enrichissement qui concerne les objectifs de formation que poursuit déjà l'Université, ainsi que les solidarités régionale, nationale et internationale qui ont marqué son développement jusqu'à maintenant . Chaque établissement du réseau est responsable de sa propre politique institutionnelle d'internationalisation. Les principes et les orientations de la politique générale de l'Université inspireront la démarche des établissements et ils guideront et stimuleront les projets collectifs du réseau et les collaborations entre les établissements. Il est dans l'intérêt de tous de maintenir un équilibre dynamique entre la planification institutionnelle de l'activité internationale et la libre initiative des membres de la communauté. Dans le respect de chacun, l'Université et chacun des établissements assument leurs responsabilités de coordination ainsi que d'identification de priorités institutionnelles et d'engagements collectifs. Les activités de coopération scientifique et d'aide au développe-ment que l'Université soutient ont un rapport à sa mission fondamentale de formation, de recherche, de service à la collectivité; en outre, elles concourent, au moins indirectement, à la consolidation et au développement de l'institution. Dans cette perspective, l'Université, dans le choix des projets, cherche à mettre à contribution ses domaines de compétence et prend en compte ses orientations de développement institutionnel. Elle cherche aussi à accroître les retombées de ses activités internationales, en les intégrant mieux les unes aux autres ainsi qu'à l'ensemble des autres activités. L'ouverture à l'international, de façon générale, et en particulier les activités de coopération scientifique et d'aide au développement sont autant d'occasions pour l'Université de promouvoir le respect des droits de la personne, les valeurs démocratiques, la formation des personnes et des collectivités, un développement durable.
Des perspectives et des habiletés internationales seront progressivement intégrées aux programmes de formation de premier cycle comme à ceux de deuxième et de troisième cycles. À cette fin, à l'occasion de la révision des programmes, on s'assurera que l'ensemble des activités de formation contribuera au développement de compétences internationales, d'habiletés transférables et, en général, d'une réflexion sur les problématiques internationales. Les étudiants seront également formés à l'accueil et à la compréhension d'autres cultures, dans la perspective de leur insertion tant dans la société québécoise que dans des pratiques professionnelles qui deviennent internationales. L'Université mettra à contribution à ces fins tout un ensemble de moyens: enrichissement des plans de cours, stages plus ou moins longs à l'étranger, collaboration des étudiants étrangers, interventions de professeurs visiteurs, organisation de stages post-doctoraux, etc. L'Université considère la maîtrise de langues secondes comme l'un des principaux instruments d'ouverture à d'autres cultures et de formation en vue d'interventions internationales de qualité. En conséquence, elle en promeut les apprentissages, tant par des enseignements intégrés aux programmes que par des cours libres. La maîtrise de l'anglais s'impose au premier chef. L'espagnol devient la troisième langue à offrir au plus grand nombre, sans préjudice de choix plus particuliers propres aux individus et aux établissements. L'Université reconnaît qu'un effort particulier d'éducation et de mise sur pied de services s'impose dans ce domaine. L'Université attache la plus haute importance au mouvement actuel d'ouverture de la recherche universitaire aux problématiques internationales; en outre elle soutient l'insertion des chercheurs, tant des individus que des équipes, dans des réseaux internationaux. Pour ce faire, elle favorise les interactions à l'intérieur des établissements et entre les établissements. Elle agit tantôt dans le cadre d'ententes de coopération scientifique, tantôt en s'impliquant dans des partenariats avec des institutions des pays en développement. Des stages d'études à l'étranger seront offerts à un nombre toujours plus grand d'étudiants inscrits au premier cycle, comme une partie intégrante de leur cheminement de formation. Ces stages auront lieu dans des universités et des entreprises de pays industrialisés, mais également dans des pays économiquement moins développés et en émergence. Dans les programmes d'études avancées, c'est au plus grand nombre possible d'étudiants que l'on donnera peu à peu accès à ces périodes de formation et d'immersion culturelle à l'étranger. L'Université veut favoriser la venue d'étudiants étrangers. L'accueil de ces étudiants contribue, à court et à moyen termes, à étendre et à consolider les relations entre les pays d'origine de ces étudiants et le Québec; en outre, pour un nombre important de ces étudiants, leur accueil constitue une contribution à la formation des ressources humaines de pays partenaires économiquement faibles. Ces étudiants viennent souvent renforcer utilement les cohortes de nos programmes d'études et ils concourent, si on les y invite, à l'internationalisation du milieu universitaire et à celle des programmes d'études eux-mêmes. L'accueil des étudiants étrangers est une responsabilité institutionnelle, qui implique tant les professeurs et les étudiants que les administrateurs et il appartient à l'institution de le promouvoir. L'expérience acquise en ce domaine amène à attacher une grande importance aux diverses formes d'encadrement, pédagogique et autres, que requièrent ces étudiants, surtout à leur arrivée. Une fois que ceux-ci seront retournés dans leurs pays respectifs, l'Université s'efforcera de maintenir avec eux des liens institutionnels, en particulier par ses associations de diplômés.
L'internationalisation progressive de l'Université relève de la planification globale de l'institution. Dans le développement plus particulier des activités de coopération scientifique et d'aide au développement, on en viendra à pouvoir se référer, toujours avec souplesse, à des secteurs prioritaires d'intervention et à des régions, des pays et des partenaires étrangers privilégiés. Dans le choix des régions d'intervention, l'Université du Québec prend en compte, de façon particulière, la situation géographique, politique et culturelle du Québec. C'est ainsi que les autres provinces canadiennes, les États-Unis, le Mexique, les communautés francophones d'Amérique du Nord et les pays de la Francophonie internationale, le monde nordique et , enfin, les pays latino-américains se distinguent parmi les partenaires éventuels de l'Université et des établissements du réseau. Dans leurs activités internationales, l'Université et les établisse-ments mettront à profit l'expérience qu'ils ont des projets menés en concertation entre établissements du réseau ou en partenariat avec des institutions régionales, des collèges, des organisations de coopération non gouvernementales (O.N.G.), des entreprises, etc. La qualité de l'action internationale, à l'interne comme à l'étranger, est fonction de la compétence mais aussi de la qualité des attitudes elles-mêmes des responsables de projets et de tout le personnel de l'Université. C'est dans cette perspective que sont élaborées des activités institutionnelles de formation, dont les objets sont, selon les cas, la sensibilisation ou le développement de compétences internationales chez les professeurs et les autres personnels, grâce à des activités spécifiques d'information et de formation et à des pratiques telles que les années sabbatiques à l'étranger, l'échange des professeurs, etc.
Cette politique deviendra progressivement opératoire par l'action conjuguée de plusieurs facteurs. À cet égard, il y a lieu de souligner l'intervention indispensable des équipes de direction, de même que l'apport de programmes externes de financement pour certaines activités spécifiques. Ce sont toutefois les professeurs et les chercheurs, les modules et les départements qui demeurent les premiers agents de l'intégration de l'international à l'ensemble des activités de l'Université. Aussi importe-t-il que l'Université s'attache à développer de larges consensus internes relatifs à l'international et que le corps professoral acquière diverses compétences internationales. De la même manière qu'ils le font dans les autres domaines de l'activité universitaire, l'Université et les établissements procèdent à une évaluation périodique de l'ensemble des projets où la dimension internationale est présente, qu'il s'agisse de l'intégration de l'international aux programmes d'études ou des engagements internationaux eux-mêmes. Des indicateurs spécifiques seront progressivement mis en place pour mesurer l'évolution de ce secteur d'activité. Ces évaluations permettent des ajustements utiles, pendant le déroulement des projets, et contribuent à l'acquisition d'une expérience institutionnelle en matière d'action internationale. Elles permettent de rendre compte de l'atteinte des objectifs et de la gestion des projets et elles sont utiles au développement de la conscience internationale dans la communauté universitaire.
Le 25 mars 1999
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