CONCEPTS ET DÉFINITIONS

Par Gilles Harvey, UQAM

Partie 1

 

Vers une définition de la Santé

Bref historique :
La santé est un concept dynamique

La santé est un état résultant de l’évolution normale de la personne tout au long de sa vie, de la naissance à la mort. C’est un état dynamique qui demande la participation de la personne au moyen d’une prise de conscience de son état et d’une volonté à agir pour l’améliorer.

Dans l’histoire le terme Santé apparaît vers l’an 1000 av JC. Il dérive du vieil anglais " Hoelth " signifiant " être en sécurité " ou " globalité du corps " (d’où provient le terme plus moderne d’ " Holistique ". (voir définitions)

Avec l’ère scientifique moderne, la santé fut associée à l’absence de maladie et la société développa de stratégies d’assistance aux personnes malades. Le curatif prends le pas sur le préventif.

Par la suite, la santé est perçue comme un continuum s’échelonnant de la maladie vers la santé. Il est possible d’y évaluer des paramètres objectifs (quantifiables) aussi bien que subjectifs (perception de sa santé par la personne).

Vers un nouveau paradigme de la santé

Le nouveau paradigme de la santé a été abordé par Marylin Ferguson (1981) et repris par F. Castillo (1988). Ce dernier définit un paradigme comme

" un cadre de pensée, une espèce de structure intellectuelle permettant la compréhension et l’explication de certains aspects de la réalité

" Un changement de paradigme fait apparaître des principes qui ont toujours été présents, mais que nous n’avions pas reconnus. Il inclut l’ancienne conception comme une vérité partielle, comme un aspect de la réalité, notamment comment " les choses fonctionnent ", mais en acceptant qu’elles puissent aussi " fonctionner " autrement. "

"Un nouveau paradigme transforme le savoir traditionnel, fournit une nouvelle trame conceptuelle où l’on peut intégrer les observations " rebelles " en conciliant leurs contradictions apparentes ".

La santé selon les organismes officiels.

En 1974, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) proposa une définition de la santé qui met l’accent sur la globalité (Wholeness) et les qualités positives de la santé. C’est encore actuellement la définitions officielle mondialement acceptée. (voir les définitions)

En 1974, le Ministère de la Santé nationale et du Bien-être social du Canada publiait sa position officielle en matière de santé publique dans un document intitulé Nouvelle Perspective de la Santé des Canadiens. Dans cette brochure, nous retrouvons des éléments qui permettent de cibler les aspects importants du mode de vie des personnes, et de pouvoir éventuellement intervenir pour corriger ou améliorer leurs habitudes de vie. Ces habitudes de vie, ainsi que d’autres facteurs indépendants de la personne, y sont traités dans une perspective globale. S’y trouvent inclus les déterminants relatifs à la biologie humaine, à l’environnement, aux habitudes de vie et à l’organisation des soins de santé.

Cette conception globale de la santé était alors considérée comme suit:

" un instrument d’analyse efficace des questions se rapportant à la santé; elle permet en outre de déterminer les besoins de santé des Canadiens et d’adopter les mesures susceptibles de satisfaire ces besoins " (p. 35).

En plaçant à égalité biologie, habitudes et environnement avec soins de santé, cette approche permettait de se soustraire de la vision traditionnelle qui ne privilégiait que les soins de santé.

En 1984, le Conseil des affaires sociales et de la famille du Québec publiait le rapport de son comité d’étude sur la promotion de la santé intitulé Objectif: Santé. Ce rapport reprend quasi intégralement la vision globale du rapport Nouvelle Perspective de la Santé des Canadiens et la nomme Approche Écologique de la Santé. Cette approche écologique se veut interactive et mise sur l’interrelation entre les différents déterminants de la santé, les problèmes de santé, et le système de soins. (voir tableau).

C’est donc dire que les organismes officiels ont adopté, malgré un persistant accent mis sur les soins de santé et sur la vision médicale traditionnelle, une approche globale permettant de mieux comprendre et de mieux intervenir en promotion et en éducation pour la santé.

Approche écologique de la santé

Biologie humaine
Stress
Evironnement
Habitudes de vie
Système de soins
Problèmes de santé
(Incidence, gravité)
Impact de la maladie
(Conséquences physiques, psychiques, familiales, professionnelles, financières)

Source : Conseil des affaires sociales et de la famille (Objectif Santé, août 1984).

 

Multiples définitions de la santé

Il existe plusieurs définitions répertoriées de la santé. Pour le vérifier, on peut se référer au Traité d’anthropologie médical publié sous la direction de Jacques Dufresne (1985).

Chacun peut également avoir sa propre définition de la santé en fonction de ses connaissances, de son expérience et de ses valeurs.

La santé est un" État complet de bien-être physique, psychologique et social et non uniquement l’absence de maladie ou d’infirmité". (Organisation mondiale de la santé (OMS), 1974).

Interprétation :

Cette définition nous introduit à une vision multidimensionnelle de la santé, tel que celle décrite par Jerrold Greenberg (1985)

La santé comporte alors les dimensions physique, psychologique, émotionnelle, sociale et spirituelle. Ces dimensions sont intrinsèques à la personne.

D’autres dimensions externes peuvent également être considérées, tel que l’environnement et l’économie. On parlera alors de santé environnementale et économique.

Le Bien-être (Wellness)se veut une " Intégration des fonctions de l’organisme humain orientée vers l’optimisation du plein potentiel dont la personne est capable. Elle exige que cette personne sache maintenir, dans son environnement, un certain équilibre et une direction réfléchie de ses actions ". (Dunn HL. What high-level wellness means. Can J Public Health. November 1959; 50(11): 447-457).

Dunn caractérisre le Bien-Être comme un haut niveau de bien-être (High level wellness).

La Santé Holistiqueest considérée comme une façon de penser l’univers, la nature, la personne, les choses. Cette philosophie, comme mode de pensée, privilégie une vision globale du monde qui reconnaît et respecte les interactions entre tous les éléments qui composent l’univers et en constituent sa complexité.

La vision holistique de la santé a été, entre autre, mise en évidence par Marilyn Ferguson dans son livre intitulé Les Enfants du Verseau (1980).

Dans la vision holistique de la santé, la personne se trouve considérée dans son ensemble et non dans ses parties prises isolément. Cet ensemble ne se retrouve pas uniquement dans la personne elle-même, mais encore dans sa relation avec son environnement physique et humain.

La Santé Multidimensionnellese réfère à l’équilibre entre les différentes dimensions de la santé, un équilibre qui fait en sorte qu’une personne puisse se sentir bien, tout en assumant la responsabilité de son propre état de santé.

Les différentes dimensions définies par Dintiman et Greenberg (1986 ) sont la santé sociale, mentale, émotionnelle, spirituelle et physique. D’autres dimensions ne faisant pas partie de la personne mais de son interaction avec l’extérieur sont la santé économique et environnementale. Chacune de ces dimensions affecte, de près ou de loin, la santé de la personne.

 

Différentes façons de concevoir le concept santé

Normalité, Stabilité et Actualisation sont des concepts exprimant des façons différentes de concevoir la santé selon différents cadres de référence.

Santé et Normalité
La Normalité considère l’état de santé comme mesurable. C’est un concept statistique.

Cette notion fait référence à la courbe normale en statistique. La santé d’une personne y est considérée comme normale lorsqu’elle rencontre la moyenne statistique d’une population. C’est le moyen utilisé en santé publique pour mesurer l’état de santé d’une population.

Pour obtenir des indicateurs sur la normalité de la santé on doit passer par des mesures objectives, elles-mêmes normalisées. Les analyses biochimiques, la tension artérielle, le volume respiratoire, le rythme cardiaque au repos sont des exemples de mesures que l’on peut obtenir. Les résultats obtenus sont alors comparés à un tableau de données afin de savoir s’ils font parti de la moyenne. Un écart type supérieur à la moyenne indique un meilleur état de santé, un écart type inférieur à la moyenne indique une détérioration ou un risque pour la santé.

Exemple de définition basée sur ce concept :

" La capacité d’une personne à maintenir ses paramètres biologiques dans la limite prescrite par les normes établies " (G. Harvey)

ex : Poids santé, pression artérielle, lipides sanguins.

Santé et Stabilité

La Stabilité considère la personne et son équilibre physiologique. C’est un concept biologique.

La stabilité se rapporte au milieu interne de la personne. C’est la capacité de l’organisme physiologique de la personne à maintenir son équilibre biologique (homeostasie). Température corporelle, composition sanguine, immunité, etc.

Dans ce concept la personne doit toujours maintenir son équilibre dans un environnement qui constitue un danger potentiel pour son équilibre. Bactéries, virus, températures, substances allergènes, toxiques etc. Autant de dangers contre lesquels la personne doit se défendre pour survivre.

Référence aux besoins de survie de Maslow.

Exemple de définition basée sur ce concept :

" Un état, ou une condition, qui rend la personne capable de s’adapter à son environnement. L’état de santé atteint dépend de l’aptitude de l’organisme à réagir, s’accomoder et s’adapter aux divers stress et tensions externes qui se présentent " (René Dubos. In Pender, 1982).

Santé et Actualisation

L’Actualisation de soi considère la personne et ses potentialités. C’est un concept psycho-social)

L’actualisation fait référence à l’optimisation de son potentiel. C’est davantage un concept humaniste et qui se rapproche du besoin " d’actualisation de soi " énoncé par Maslow dans sa pyramide des besoins, et du concept de bien-être (high-level wellness) énoncé par Albert Dunn (1959).

La vision Holistique de la santé fait également partie de cette vision :

" La santé holistique implique une intégration dynamique du corps, du psychisme et de la conscience " (Bermosk. In Pender, 1996).

Exemple de définition basée sur ce concept :

La définition de l’OMS constitue un bon exemple de définition fondée sur le concept d’actualisation du potentiel de la personne.

 

Autres définitions

Santé :

L'état de santé est le niveau d'autonomie avec lequel l'individu adapte son état interne aux conditions de l'environnement tout en s'engagent dans le changement de ces conditions pour rendre son adaptation plus agréable ou plus effective (Illich, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé est la capacité que possède tout homme de s'affirmer face au milieu ou de prendre la responsabilité de sa transformation (Illich, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

L'homme sain, c'est celui qui est capable de riposter à un monde complexe et mouvant, qui peut inventer à chaque instant, de nouvelles normes de conduite, qui s'ajuste moins au monde qu'il n'est capable de le modifier (Bastide, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé n'est rien d'autre qu'une façon de vivre en équilibre avec le milieu qui nous entoure. Cet équilibre nous est possible soit par l'adaptation de notre organisme aux stimuli provenant du milieu soit par une action modifiant le milieu (Castillo, 1987);

Bon état physiologique d'un être vivant, fonctionnement régulier et harmonieux de l'organisme pendant une période appréciable (indépendamment des anomalies ou des traumatises qui n'affectent pas les fonctions vitales: un aveugle, un manchot peuvent avoir la santé) (Robert, 2000);

Fonctionnement plus ou moins harmonieux de l'organisme, sur une période assez longue (Robert, 2000);

État de quelqu'un dont l'organisme fonctionne bien (Larousse, 2000);

La santé, c'est la situation dans laquelle l'organisme réagit par une adaptation tout en préservant son intégrité individuelle (Dubos, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé mentale de l'enfant est le produit de son héritage biologique et psychologique et de ses expériences. Par conséquent, quand nous évaluons la santé mentale d'un enfant, nous devons examiner et comprendre le pattern et la qualité d'interaction entre l'enfant et ses parents à chaque stade de sa croissance et de son développement (Solnit, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé est l'équilibre et l'harmonie de toutes les possibilités de la personne humaine, biologiques, psychologiques et sociales (Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé sur le plan individuel est la plénitude de vie, le rendement équilibré, l'harmonie totale de la personne humaine, l'objectif à atteindre étant suivant la formule de Paul Valery "d'enrichir chacun de ses dons"… (Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé suppose l'existence d'une force potentielle de réserve permettant à l'organisme de résister aux assauts qui, tant au point de vue physique que psychique, émaillent le cours de l'existence. Cette force potentielle de réserve est en partie due à notre héritage génétique, en partie acquise par l'application des règles les plus élémentaires de la vie saine qui permet que tous les sujets infectés par un virus ou un microbe ne meurent pas, que tous ceux qui ont à faire face à de graves troubles émotifs de deviennent pas des névrosés (Berthet, 1983);

La santé est un état de complet bien-être physique, psychique et social et qui ne consiste pas seulement en l'absence de maladie ou d'infirmité (OMS,1985);

La santé est cette aptitude parfaite du corps, cet état de sain de l'esprit, cette plénitude des émotions qui rendent possible la plus haute qualité de vie et de service effectifs (Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé est la qualité, résultant du fonctionnement intégral de l'individu, qui le rend capable d'atteindre à une vie qui le satisfait individuellement et est utile à la société (Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé, pour chaque homme, femme et enfant, c'est d'avoir les moyens de tracer un cheminement personnel et original vers le bien-être physique, psychique et moral (Dejours, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La liberté n'est pas, comme la libération, la lutte contre la maladie, elle est la santé (Breton, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé, c'est la vie dans le silence des organes (Leriche, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

Être en santé, c'est être sur le chemin d'une plus grande autonomie; être malade, c'est être bloqué dans un cheminement, ne plus progresser ou même régresser (Malherbe, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

D'un point de vue physiologique, la santé, c'est avoir tel poids, telle mesure, telle capacité visuelle, auditive, respiratoire… C'est donc correspondre à des normes du fonctionnement physique et biologique.

D'un point de vue psychologique, la santé, c'est correspondre à la normalité avec ses caractéristiques (Steichen, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé est un état tel que toute la vie devient occasion de croissance (Roy, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

La santé est un état physique et mental relativement exempt de gêne et de souffrance qui permet à l'individu considéré de fonctionner aussi efficacement que possible dans son milieu.

La santé est un état qui permet à celui qui en jouit de se conserver pleinement à son ou à ses projet qui met donc toujours en jeu des forces socioculturelles, non inscrites dans le cadre génétique (Dubos, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

C'est l'état d'une personne dont l'organisme fonctionne régulièrement ou encore que cette état de l'organisme, bon ou mauvais, ou enfin l'état sanitaire d'une collectivité (Dufresne, Dumont, Martin, 1985);

La santé est l'assise du progrès social […] la santé est devenu un bien social, collectif, mesurable par la régulation du fonctionnement de l'organisme et, ici, on entendra ce mot dans le sens d'organisme biologique et social (Dufresne, Dumont, Martin, 1985);

Éducation à la santé :

Processus de communication systématiquement et intentionnellement orienté vers la création des conditions physique, psychiques, environnementales et sociales afin de permettre à une personne ou à la communauté de mieux gérer sa santé. Un processus dynamique de recherche d'équilibre (De Ketele, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

L'éducation pour la santé: le processus d'apprentissage dont le but est de faciliter l'adoption de comportement favorable à la santé dans le chef des individus, des familles des groupes et des communautés. Les approches utilisées vont de l'instruction d'un comportement spécifique à l'apprentissage d'un processus de décision individuel ou collectif (Le ministère de la santé et des affaires sociales de la communauté française, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

L'éducation pour la santé est un élément fondamental de la formation à une éthique d'existence. Elle s'appuie sur l'acquisition de connaissances, d'attitudes et de conduites permettant une meilleur adaptation (plus judicieuse et plus gratifiante) au milieu physique et social (Reginster, Leclercq, 1985);

Éducation qui vise à faire adopter des attitudes et des comportements favorables au maintien et au développement de la santé chez les personnes, les groupes d'individus et les populations (Legendre, 1993);

L'éducation à la santé est un processus pédagogique élargi visant à développer chez les individus un ensemble de connaissances, d'attitudes et d'aptitudes dans le but de leur donner les moyens d'un comportement le plus efficace dans le maintien, la protection ou la restauration de leur santé ou de celle de leur entourage (Cornillot, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

L'éducation pour la santé n'est pas une discipline particulière, mais une attitude d'esprit, une orientation de pensée et d'action qui fait appel aux données des sciences médicales, pédagogiques, psychologiques, sociales et économiques. Elles touches non seulement les individus, mais les familles et les collectivités (Berthet, 1983);

L'éducation à la santé doit créer une mentalité, des réflexes de vie saine, une certaines attitude devant les actes de la vie quotidienne permettant de limiter, sinon de supprimer, un certains nombre de risque évitables. Elle devient alors un des facteurs de l'art de vivre, ayant pour finalité l'amélioration non seulement des conditions matérielles de vie "le plus avoir", mais encore de ses conditions psychologique et sociales, "le plus être" (Berthet, 1983);

Une éducation sanitaire n'est alors justifiée que si l'enfant a d'abord appris son corps: alors seulement il pourra comprendre ce qu'est la maladie, et les dangers auxquels il expose son corps en ne suivant pas certains préceptes. L'homme ne sera libre de son corps que s'il en apprécie la bonne santé; alors sa liberté sera le fruit d'une conscience et d'une quête permanentes. Il ne se réfugiera donc pas dans la maladie et ne deviendra pas un consommateur de soins. Apprendre à vivre libre et responsable de son corps paraît une aventure aussi passionnante que l'acquisition du calcul intégral ou des victoires de Louis XIV et la société devrait y trouver son compte. Reste à savoir qui enseignera quoi et comment…( Sournia, 1977);

L'éducation pour la santé est un processus d'enseignement-apprentissage visant à développer les capacités d'adaptation des gens à leur environnement et à les orienter dans la transformation de cet environnement quand ses variations dépassent leurs capacités.

Éduquer pour la santé consiste à travailler avec d'autres pour trouver ensemble une façon de vivre plus saine.

Ce travail ne doit pas se limiter à une simple transmission de connaissance. Il doit développer une vision plus critique de la réalité et stimuler des comportements plus efficaces dans la prévention des problèmes de santé. En d'autres termes, il s'agit d'obtenir que les gens perçoivent plus clairement les risques pour leur santé physique, mentale et sociale existant autour d'eux et qu'ils puissent et veuillent choisir les comportements les plus efficaces et intelligents pour affronter ces risques et les éviter, tant sur le plan individuel que collectif (Castillo, 1987);

L'éducation à la santé, c'est apprendre à vivre, c'est-à-dire apprendre à négocier les multiples formes de relations que l'individu, nécessairement et constamment entretient avec lui-même, avec les autres, avec l'environnement dans un contexte en perpétuel changement (Henkinnet, dans Coppé, Schoonbroodt, 1992);

L'éducation à la santé au secondaire entend favoriser chez l'adolescents l'adoption d'attitudes et de comportements positifs et responsables à l'égard de leur santé et de celle des autres (Ministère de l'éducation, 1987);

La promotion de la santé, c'est une philosophie et ce sont des stratégies d'actions, faites d'un ensemble de mesures en vue d'améliorer la qualité de la vie des individus et des collectivités; chacun est invité à y participer comme acteur. Tous les secteurs de l'activité sociale sont en outre sollicités et responsabilisés à travers leur impact sur la santé (Maréchal, site web);

La promotion de la santé peut se définir comme une combinaison d'activité d'éducation pour la santé et de pratiques de politiques publiques saines, de modification des environnements et de réorientation des services de santé, dans une optique de participation: Il s'agit de reconnaître les personnes et les groupes concernés comme des acteurs (Maréchal, site web);

La promotion de la santé est le processus qui vise à permettre à l'individu et à la collectivité d'agir sur les facteurs déterminants de la santé et, ce faisant, d'améliorer celle-ci, en privilégiant l'engagement de la population dans une prise en charge collective et solidaire de la vie quotidienne, alliant choix personnel et responsabilité sociale. La promotion de la santé vise à améliorer le bien-être de la population en mobilisant de façon concertée l'ensemble des politiques publiques;

La promotion de la santé est le processus qui confère aux populations les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d’améliorer celle-ci. Cette démarche relève d’un concept définissant la santé comme la mesure dans laquelle un groupe ou un individu peut d’une part, réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins et, d’autre part, évoluer avec le milieu ou s’adapter à celui-ci. La santé est donc perçue comme une ressource de la vie quotidienne, et non comme le but de la vie ; il s’agit d’un concept positif mettant en valeur les ressources sociales et individuelles, ainsi que les capacités physiques. Ainsi donc, la promotion de la santé ne relève pas seulement du secteur sanitaire : elle dépasse les modes de vie sains pour viser le bien-être (Charte d’Ottawa sur la promotion de la santé, 1986, tiré du site web: www.reseau-respect.ch/esv.htm );

Références

Conseil des affaires sociales et de la famille (1984). Objectif : santé. Québec : Gouvernement du Québec, 217 p.

Dufresne, Jacques; Dumont, Fernand; Martin, Yves ed. (1985). Traité d'anthropologie médicale : l'institution de la santé et de la maladie. Sainte-Foy : Presses de l'Université du Québec; Québec : Institut québécois de recherche sur la culture; Lyon : Presses universitaires de Lyon. 245 p.

Furguson, Marilyn (1981). Les enfants du Verseau : pour un nouveau paradigme. Paris : Calman-Lévy, 339 p.

Greenberg, Jerrold S. (1985). Health and wellness: A conceptual differenciation. Journal of School Health, 55 (10), 403-406.

Lalonde, Marc (1974). Nouvelle perspective de la santé des Canadiens. Un document de travail. Ottawa : Gouvernement du Canada, 82 p.

Nutbeam, Don (1986) Glossaire de la promotion de la santé, Health Promotion, Oxford University Press. Repris en français par Santé et Société, Collection promotion de la santé, cahier 1 : La promotion de la santé : une perspective, une pratique. 32 p.

Pender, Nola J. (1982). Health Promotion in Nursing Practice. Norwalk: Appleton – Century - Crofts, 438 p.

Pender, Nola J. (1996). Health Promotion in Nursing Practice. 3rd edition. Stamford: Appleton & Lange, 320 p.

Berthet, E. (1983). Information et éducation sanitaires. Paris: Presses universitaires de France.

Castillo, F. (1987). Le chemin des écoliers: l'éducation à la santé en milieu scolaire. Bruxelles: De Boeck Université.

Coppé, M., Schoonbroodt, C. (1992). Guide pratique d'éducation pour la santé: réflexion, expérimentation et 50 fiches à l'usage des formateurs. Bruxelles: De Boeck Université.

Dufresne, J., Dumont, F., Martin, Y. (1985). Traité d'anthropologie médicale, L'institution de la santé et de la maladie. Sillery: Presses de l'Université du Québec.

Larousse, L. (2000). Petit Larousse illustré. Paris: Larousse.

Legendre, R. (1993). Dictionnaire actuel de l'éducation, 2e édition. Paris: Guérin

Maréchal, N. Ministère de l'aide à la jeunesse et à la santé, site Web:: www.questionsante.org/publi/promosant/editori.htm)

Martin, C. (1988). La vraie nature de la santé. Santé société, hiver, 13-15.

Ministère de l'éducation (1987). Guide d'activités. Secondaire. Formation personnelle et sociale. Éducation à la santé. Québec: Ministère de l'éducation.

OMS. (1985). Les buts de la santé pour tous. Copenhague: OMS Bureau régional de l'Europe.

Reginster, G., Leclercq, D. (1985). Une taxonomie de la prévention dans le domaine de la santé, Archives Belges, 43, 3-4.

Robert, P. (2000). Le petit Robert, langue française. Paris: Dictionnaire le Robert.

Sournia, J.Ch. (1977). Ces malades qu'on fabrique. Paris: Seuil.

Site web

École en santé, école sans violence, Un projet des écoles de Genève pour promouvoir la qualité de vie et la santé et pour prévenir la violence

www.reseau-respect.ch/esv.htm

Partie 2