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Protection du froid
Par François Trudeau, Ph.D. FACSM
Effets du stress
Le stress que le froid nous fait subir dépend de :
1- la température au thermomètre
2- du refroidissement éolien
3- de la combinaison de 1 et 2. Vous pouvez trouver le nouveau tableau de
calcul du refroidissement éolien au site d’Environnment Canada : http://www.pnr-rpn.ec.gc.ca/air/wintersevere/windchill.fr.html
4- équilibre thermique total ou la capacité de produire de la chaleur pour
compenser les pertes
5- stress environnemental causé entre autres par le port de vêtements
encombrants qui limitent le mouvement, la vision et qui sont lourds et limite
les habiletés motrices.
6- tous les éléments qui précèdent s'additionnent pour générer un
stress global
Effets du froid :
Le froid peut provoquer :
- une refroidissement corporel.. C’est le plus dangereux parce qu’il
peut précipiter l‘organisme en hypothermie et éventuellement vers la
mort
- Un refroidissement des extrémités
- Un refroidissement convectif par l’air et encore pus grave par l’eau
- Un refroidissement de conduction par contact avec des objets
- Un refroidissement des voies respiratoires. Souvent négligé ce
refroidissement peut favoriser le développement de problèmes d’asthme et
accentuer la déshydratation puisque l’air froid inspiré est
habituellement sec et doit donc être réchauffé en humidifié par les
poumons.
Défenses de l'organisme
Pour se défendre du froid l‘organisme utilise différentes stratégies,
habituellement avec l’ordre qui suit :
- Stratégies comportementales : l’être humain utilise
généralement l’habillement, se trouve un abri ou d’autres stratégies
comme augmenter l’activité physique pour se protéger du froid.
- La vasoconstriction périphérique. La vasoconstriction périphérique est
causée par la fermeture de lits capillaires des extrémités. Donc, la
circulation sanguine dimiue dans les extrémités. Si les stratégies
comportementales n’ont pas permis de maintenir ou de rétablir la
température corporelle, la vasoconstriction périphérique sera utilisée
pour diminuer le transfert de la chaleur corporelle vers l’extérieur du
corps. La vasoconstriction périphérique a cependant des effets secondaires
puisqu’elle provoque une augmentation du volume sanguin central et de la
pression artérielle centrale. Ceci a pour effet d’inhiber la sécrétion
de l’hormone anti-diurétique (ADH). C’est ce qui explique le besoin d’uriner
lorsque les extrémités sont froides. En effet, l’ADH contrôle la
production d’urine.
- Le frisson est une contraction involontaire des muscles squelettiques qui
normalement sont sous contrôle volontaire. Ces contractions n’ont pas
pour objectif principal de produire un mouvement mais plutôt de produire de
la chaleur en minimisant lle mouvmeent bien que lors du frisson intense des
mouvements puissent se produire
Finalement, si l’organisme n’a pas réussi à contrôler les pertes de
chaleur et le refroidissement local ou total de l’organisme, des conséquences
plus ou moins graves peuvent se produire pouvant aller d’une simple engelure
à la mort.
Problèmes généralisés
L’exposition au froid peut provoquer des problèmes assez rapidement en
affecatnt tout l’organisme. Certains individus peuvent subir une cryoplexie
qui peut se produire en quelques minutes. La cryoplexie est caractérisée par
une fibrillation ventriculaire qui amène éventuellement à l’arrêt
cardiaque et le décès sans que la température interne de l’individu n’aie
chuté assez pour qu’il soit considéré hypothermique.
L’hypothermie est le problème généralisé le plus craint parce qu’il
peut conduire plus ou moins rapidement à la mort. Elle survient généralement
lorsque l’individu est dans un environnement froid. Par contre, la
température au thermomètre peut être assez élevée et d’autres facteurs
peuvent favoriser l’hypothermie (le vent, la fatigue métabolique). Par
exemple, par une belle journée de mai il fait 20°C, vous faites du kayak en
eau vive mais l ‘eau est à peine au-dessus du niveau de congélation. Ou
lors d’une randonnée en montagne il fait à peu près la même température
à la base comme au sommet (15°C) mais lorsque vous arrivez au sommet il y a
des vents de 60 km/h et en plus vous êtes fatigué.
L’hypothermie survient lorsque la température corporelle centrale
(mesurée par température rectale ou tympanique) baisse sous 35°C. Les signes
et symptômes de l’hypothermie sont extrêmement importants à connaître pour
tout intervenant qui agit en environnement plus ou moins froid. La plupart des
signes et symptômes touchent le comportement parce que le cerveau supporte
très mal d’être refroidi (ou réchauffé). L’individu touché plonge alors
de plus en plus dans la somnolence.
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Phase d’hypothermie/ Température centrale
Signe et symptômes
37°C
Sensation de froid, vasoconstriction cutanée, augmentation du tonus
musculaire, baisse de la rapidité et de la régularité des réponses,
baisse de la vigilance. Mais lucidité.
36°C
Frissons sporadiques continus amis pouvant être intenses.
35°C
Début d’amnésie.
34°C
Confusion mentale.
33°C
Hallucinations.
32°C
Troubles du rythme cardiaque. Frissons abolis. Apparition de la
somnolence.
31°C
Absence de reconnaissance des êtres familiers. Frissons abolis.
29°C -28°C
Inconscient. Perte des réflexes cutanés, tendineux, pupillaires.
Frissons abolis.
27°C
Mort apparente. Risque de décès. Activité cardiovasculaire non
évidente.
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Tableau 1. Conséquences de l’hypothermie en fonction de la température
atteinte.
Un individu retrouvé apparemment mort d’hypothermie ne pourra être
déclaré mort (par un médecin) que lorsque réchauffé. Un proverbe anglais
dit : No one is dead, until warm and dead.
Problèmes locaux
Engelures superficielles et profondes (gelures)
Taches de couleur violette ou rouge, pouvant devenir blanches cireuses
pouvant toucher les extrémités mais aussi les saillies osseuses présentes sur
le visage. Par la suite, il y a alternance de vasoconstriction-vasodilatation
suivie d’une forte vasoconstriction et d’une absence de sensations. En
absence de réchauffement les tissus vont geler jusqu’à devenir plus ou moins
endommagés. Pour consulter des images de gelures aller sur le site http://perso.wanadoo.fr/dmtmcham/dmtm_fr.htm
du Département de Médecine et Traumatologie de Montagne de l'Hôpital de
Chamonix.
Maladie de Raynaud
Certains sujets sont très sensibles au froid au niveau des mains. Lorsque
ces sujets ont froid, la vasoconstriction périphérique est exagérée
généralement aux mains. Celle-ci deviennent parfois très pâles (blanches)
jusqu’aux poignets, engourdies avec perte de sensation. La plupart du temps il
y a des incidences familiales, mais la maladie de Raynaud peut aussi se
développer chez les travailleurs utilisant des outils vibrants.
Urticaire au froid
Habituellement, l’urticaire au froid est limité aux zones qui sont
entrées en contact avec le froid. C’est en fait une allergie au froid
qui peut aller d’un simple urticaire, c’est-à-dire des plaques avec
gonflement de la peau avec prurit (ça pique), mais dans certains cas extrêmes
peut dégénérer en syncope et même choc anaphylactique. Le choc
anaphylactique est une extrême urgence.
L’alcool et le froid.
La prise d’alcool a longtemps été considérée comme un moyen de se
réchauffer. Cependant, cette substance fait tout le contraire de protéger
contre le froid. En fait, l’alcool peut éventuellement amener le consommateur
plus rapidement en état d’hypothermie. En effet, l’alcool nuit au
mécanisme de protection qu’est le comportement. L’alcool donne à l’individu
une fausse sensation de chaleur et celui-ci négligera de s’habiller
adéquatement. À un niveau de consommation plus élevé, l’individu s’exposera
de plus en plus au froid et dans certains cas s’endormira en ambiance froide.
Plusieurs récits d’individu se réveillant à l’hôpital avec des doigts et
des orteils amputés, le lendemain ou quelques heures après avoir dormi à l’extérieur
ont souvent été rapportés. De plus, l’alcool diminue la réponse de
vasconstriction périphérique ce qui accentue encore plus la déperdition de
chaleur. Finalement, l’alcool inhibe la sécrétion de l’hormone
anti-diurétique, favorisant la perte d’eau par l’augmentation de la miction
(action d’uriner). La baisse de volume d’eau dans le sang aura pour effet de
favoriser les engelures puisque le sang devenu plus visqueux se rendra plus
dificilement dans les extrémités.
Sites WEB
1-Sur le Site Sciences d'Anticipation Reconnaissance Évaluation Contrôle
des Risques à la Santé (SAREC):
Sous la rubrique Vivre, travailler et survivre au froid rédigée par Claire
Austin professeur en génie industriel de l’Université du Québec à
Trois-Rivières
http://www.sarec.ca/verglas/hypother.htm
2- Petit test intéressant du Conseil canadien de la sécurité
sur l’hypothermie :
http://www.safety-council.org/CCS/nouvelles/tests/hypot.html
Ouvrages
Armstrong LE. 2000. Performing in extreme environments. Champaign,
Ill. : Human
Kinetics.
Ce volume comporte un chapitre sur l’exercice en ambiance froide et les
mesures qui doivent être prises pour assurer la sécurité et optimaliser la
performance.
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