RÉSEAU Été 2001 / Magazine de l'Université du Québec
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 DOSSIER

IllustrationVacances d'été au QuébecChaise

Évasion à la carte

Penser vacances, aujourd'hui, c'est évoquer des rêves d'évasion changeants, multiples, éclectiques. Aussi personnels et singuliers que le sont nos goûts, nos besoins, nos envies. Au traditionnel chalet d'été au bord du lac, aux sacro-saintes quinzaines « états-uniennes » à la mer, ont succédé des escapades enthousiastes en pleine nature, la découverte frénétique de nos régions, l'appropriation - spontanée ou obligée, la dévaluation du dollar aidant - de nos attraits touristiques, culturels, historiques. Le Québec a chez nous la cote. Mais à l'amorce du nouveau millénaire, notre conception des vacances elle-même est en mutation. Partir loin ou explorer tout à côté ? Privilégier la détente et l'air pur ou préférer l'excitation des grandes villes ? De nouveaux courants se dessinent, de nouvelles options se déclinent. Variations et réflexions sur le thème des vacances estivales au Québec en compagnie des spécialistes et penseurs du réseau de l'UQ.

PAR CAROLE SCHINCK

CornetVague déferlante : les vacances modelées par les styles de vie

« En cette époque postmoderne de segmentation des marchés, l'offre touristique elle aussi se spécialise et, même, se surspécialise », explique Danielle Pilette, directrice des programmes en tourisme à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM. Une opinion partagée par François de Grandpré, professeur en sciences du loisir et de la communication sociale à l'UQTR : « En matière de vacances, on dégage maintenant les lignes de force en fonction des sociostyles. Les activités se déterminent selon des besoins bien précis, comme celui de vivre une expérience proche de ses enfants, et même de goûts très ponctuels. Des outils comme Internet renforcent d'ailleurs le phénomène. Les intellectuels y chercheront des plages pour se dépayser, par exemple, tandis que les manuels pourront y puiser, pour changer, des renseignements sur les manifestations culturelles. Les niches sont donc de plus en plus pointues ».

Danielle PiletteDanielle Pilette, directrice des programmes en tourisme à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM.

« Les gens formulent alors des projets de vacances qui poussent plus loin l'exploration de leurs intérêts spécifiques, poursuit Danielle Pilette. Ils recherchent de plus en plus l'authenticité et un « contenu » de qualité. Même si la nature et la valeur des infrastructures restent importantes, ce qu'on veut, avant tout, c'est vivre une expérience. On n'accepte tout simplement plus d'être passif, on souhaite participer et se former. D'où l'essor, par exemple, des installations scientifiques et technologiques du Vieux-Port de Montréal. Les activités d'apprentissage qu'elles proposent satisfont une communauté d'intérêts, à l'intérieur même de la famille. »

En clair, plus question de « bronzer idiot » ! « Le secret est dans l'animation, poursuit Danielle Pilette. Qu'il s'agisse de tourisme vert, bleu, rural, urbain ou encore d'écotourisme, la demande s'oriente donc vers des guides qui nous assistent dans la réalisation de nouvelles expériences et nous aident à en retirer des notions formatrices. »

André ThibaultAndré Thibault, professeur au Département des sciences du loisir et de la communication sociale à l'UQTR.

Est-ce parce que partir, c'est mourir un peu ? Il semble que la durée des vacances rétrécisse désormais comme peau de chagrin. « Il ne faudrait pas négliger les activités que l'on fait chez soi », note André Thibault, professeur au Département des sciences du loisir et de la communication sociale à l'UQTR. « Nos maisons contemporaines disposent de beaucoup plus d'équipements que la majorité des centres de loisir de notre enfance. Piscine, spa, cinéma maison, jeux électroniques, Internet, accessoires pour jardiner ou cuisiner... on crée un véritable centre de vacances autour de la maison. Et le "chez-soi" devient un choix. Pas étonnant, dès lors, qu'on ne parte plus pour toute la période du congé estival. »

Pas de vacances, toutefois, quand les revenus font défaut. « Rappelons que la moitié de la population québécoise n'a tout simplement pas les moyens de partir », de dire Louis Jolin, professeur en études touristiques à l'UQAM. « La précarité de l'emploi, l'augmentation du nombre de travailleurs autonomes jouent ici un rôle majeur. Il faut trouver l'argent et le temps pour s'évader. » Une explication possible à la popularité des excursions, à la désaisonnalisation des vacances et à la montée du tourisme d'hiver. L'hôtel de glace et le festival Montréal en lumière en sont d'ailleurs de belles illustrations.

Natashquan  NATASHQUAN

La durée du séjour semble par ailleurs varier en fonction de facteurs démographiques. « Deux pratiques différentes se dessinent, de dire Danielle Pilette. D'une part, ceux qui disposent de temps comme les retraités ou les enseignants vont plus loin, mais pendant moins longtemps qu'avant. Voilà qui explique la multiplication actuelle des voyages vers l'Asie, qui sont toutefois loin de durer un mois comme auparavant. D'autre part, les autres pratiquent un tourisme de proximité, tout au long de l'année. Les excursions d'écotourisme ou l'exploration du milieu urbain - visite d'expositions temporaires, présence à des événements sportifs, par exemple - viennent occuper l'espace temps entre les grandes vacances. »

Tendance émergente : ville et culture en synergie

On le voit, le terreau est donc propice à la croissance de popularité des séjours en ville. « Comme par ailleurs les touristes sont de plus en plus expérimentés - du fait de leurs propres voyages et de la télé -, ils en demandent plus, vont à la quête de la valeur ajoutée », précise Danielle Pilette.

Un « supplément d'âme », la sublimation de l'accomplissement de soi ou de la rencontre de l'autre, que les vacanciers pourchassent désormais sur de nouveaux terrains. « L'écotourisme est aujourd'hui en déclin au profit du tourisme culturel et urbain », affirme François de Grandpré. « C'est une vague de fond, d'ailleurs confirmée par la récente Foire du tourisme de Berlin. La popularité va aux événements de grande envergure, aux festivals entre autres. L'an dernier, l'achalandage des hôtels de Montréal s'est accru de 20 %, tandis que, dans les régions, la fréquentation de certains sites a diminué dans les mêmes proportions. C'est le cas de la Cité de l'énergie de Shawinigan, par exemple. » Un passage de la nature, pourtant si prisée ces dernières années, à la culture qu'on pourrait devoir à un retour de balancier. Ici, comme en toute chose, les effets de mode ne sont certes pas à négliger.

François de GrandpréFrançois de Grandpré, professeur en sciences du loisir et de la communication sociale à l'UQTR.

Observation notoire, les productions culturelles de toutes sortes suscitent la convoitise des vacanciers. Musées, villes d'art, oeuvres artisanales deviennent prétexte au dépaysement. « La communauté elle-même signe sa propre production culturelle, en étant tout simplement ce qu'elle est, enchaîne François de Grandpré. De cette façon, la Fabuleuse histoire d'un royaume traduit la culture propre des Saguenéens. Le touriste devient ainsi voyeur et les productions culturelles sont la fenêtre par laquelle la population locale accepte d'être observée. »

On veut donc voir les Montréalais vibrer au Festival international de jazz et les Québécois célébrer l'hiver pendant leur Carnaval. Tout comme on va à la rencontre du producteur de fromages, en ses terres. Faire corps avec l'événement et ses acteurs, c'est vivre une expérience unique, appréciée, valorisée. « Les touristes vont là où les gens ont du plaisir », renchérit Yves Beauregard, directeur du Département des sciences du loisir et des communications sociales de l'UQTR. « Quand les citoyens s'approprient massivement un événement culturel comme manifestation de ce qu'ils sont, les touristes affluent. »

BaignadeToutes les conditions sont dès lors réunies pour favoriser l'éclosion actuelle du tourisme de quartiers. « Cette tendance occidentale s'implante fortement au Québec, où nous sommes relativement en avance, explique Danielle Pilette. Le tourisme de quartiers, bien vivant dans les capitales et les métropoles, met l'accent sur les modes de vie, ceux des diverses communautés culturelles entre autres. »

On se prend donc d'intérêt pour la Petite Italie, le quartier chinois de Montréal ou encore le secteur historique de Pôle-des-Rapides, près du canal Lachine. Avec, pour incidence, la revitalisation du patrimoine, naturel et construit, et la quête de lieux différents, de spécificités socioculturelles. « Cet engouement pour la visite de quartiers va aussi de pair avec l'évolution du tourisme d'affaires, souligne Danielle Pilette. N'oublions pas que Montréal est la troisième ville de congrès internationaux en Amérique du Nord. À leur deuxième ou troisième visite dans une ville, les congressistes souhaitent en effet prendre le pouls des habitants. Autres témoins de ce phénomène, le Vieux-Québec et sa place Royale, le quartier Saint-Sacrement, ou encore le Trécarré dans Charlesbourg et l'Île d'Orléans, si typiques de par la distribution particulière qu'on y a fait des terres et des habitations à l'époque du Régime français. »

Courant fort : la passion des régions

Tout cela n'écarte pas, pour autant, l'histoire d'amour que les Québécois ont commencé à vivre, il y a quelques années déjà, avec les régions. « La fragilité de notre dollar et la réduction du tourisme vers les États-Unis nous ont forcés à découvrir les régions du Québec, confirme André Thibault. On renoue avec la Gaspésie, par exemple. La croissance de développement des infrastructures commence toutefois à ralentir. On peut se demander pendant combien de temps encore les Québécois vont bouder les plages américaines. Cette migration estivale vers les États de la Côte-Est américaine est chez nous profondément ancrée. » Une crainte partagée par plusieurs des intervenants interviewés dans le cadre de ce reportage.

Histoire de favoriser la découverte, on met donc l'accent sur les circuits, les sentiers. « Les "vacances en ligne" prennent de plus en plus la vedette, relève André Thibault. Les pistes cyclables, les sentiers pédestres, la Route verte et le Sentier transcanadien, les croisières, les excursions de canot-camping permettent non seulement de circuler autour de chez soi, mais aussi de partir à la découverte d'une région. Souvent, c'est le vélo qui devient instrument d'exploration. Mais ces sentiers seront petit à petit pris d'assaut par le patin à roues alignées, la trottinette et même le vélo électrique. » Chose certaine, on valorise, ici encore, la qualité de l'expérience. « Ce qui compte, soutient André Thibault, c'est aussi l'environnement humain : les personnes qui nous accompagnent dans notre virée, le rythme de la promenade, les gens rencontrés en chemin. »

Les circuits gourmands, eux, séduisent tout particulièrement l'imposante clientèle des baby-boomers. À cette enseigne, le dépaysement passe par les sens. À preuve, la prolifération des routes des vins, des fromages, des saveurs, (et même des fleurs et des jardins) assorties, au passage, de tables champêtres, restaurants gastronomiques et autres gîtes de charme. « À cette appropriation de la nature s'ajoute la possibilité de rapporter des produits du terroir », note Michel Archambault, professeur à l'École des sciences de la gestion et titulaire de la chaire de tourisme de l'UQAM. « En ce sens, les dépendances du manoir de Brigham, avec leur fromagerie et leur restaurant, répondent bien à ces nouvelles aspirations. »

Élan porteur : tout le monde dehors!

La tendance se confirme. Chez nous, les jeunes, surtout, pédalent, grimpent, pagaient. « Il suffit, pour s'en convaincre, de constater la progression des ventes d'équipement de vélo, de kayak et d'escalade », lance André Thibault. Volonté de bouger, de profiter à plein des grands espaces, de la nature sauvage, de l'arrière-pays.

La ballade en canot
LA BALADE EN CANOT

« Ce qui caractérise le Québec, entre autres, c'est la richesse de son bassin hydrographique », fait remarquer André-François Bourbeau, directeur du module plein air et tourisme d'aventure à l'UQAC. « Avec notre multitude de lacs et de rivières, le fleuve, le fjord, le golfe... notre relief offre une variété inouïe de points de vue magnifiques sur l'eau. Et tout autant d'occasions d'entreprendre des circuits à bord d'embarcations. Avec un bon guide, le kayak de mer est très sécuritaire, même pour un novice. Le canotage de rivière reste pourtant encore à développer. Cette discipline exige plus de formation et de dextérité. Mais c'est un loisir passionnant. »

Ce qui nous ramène, doucement, à nos origines. « On sent une demande pour "l'authenticité traditionnelle". Les touristes étrangers montrent en effet un intérêt marqué pour les modes de vie d'antan, ceux des Amérindiens et des coureurs des bois. Cette forme d'excursions n'est pas encore très structurée. Il faut bien sûr s'être détaché du passé pour pouvoir ensuite y revenir et en transmettre les enseignements. Des voyages en canot d'écorce au cours desquels on s'initierait aux techniques de survie et à l'artisanat d'autrefois (fabrication du sirop d'érable ou du savon, confection de catalognes) auraient des chances certaines de conquérir le public d'ici et d'ailleurs. »

Une voie d'avenir ? En tout cas, c'est là l'un des multiples trajets qu'emprunte aujourd'hui la route des vacances en terre du Québec. Goûter, sentir, bouger, apprendre, expérimenter... des verbes qui se conjuguent désormais à loisir dans le vocabulaire du vacancier. À chacun son chemin au carrefour des découvertes !

  
Vacances d'été au Québec : nos coups de coeur

Les lieux inusités, les endroits de charme tirés du carnet d'adresses presque secret des spécialistes en tourisme, loisirs et plein air du réseau de l'UQ.

Danielle Pilette (UQAM) propose :
La grotte de Saint-Léonard, à proximité de Montréal, pour ses stalactites et ses stalagmites. Un vestige naturel fascinant laissé dans le sillage de la mer de Champlain.
- Le Trécarré de Charlesbourg. Un espace historique datant du Régime français où la disposition des maisons diffère de l'ordonnance de l'époque.

Yves BeauregardYves Beauregard (UQTR) recommande :
- La boulangerie de Saint-Vallier (région de Québec). Une découverte en soi.
- Une visite à l'atelier de Bernard Séguin-Poirier, maître en émaux sur cuivre. On y déguste un repas gastronomique tout en observant l'artiste à l'oeuvre. Renseignements à la boutique Séguin-Poirier, tout à côté du Musée des beaux-arts de Montréal.
- Le restaurant du Musée Pointe-à-Callières de Montréal. D'où l'on a une vue imprenable sur le Vieux-Port.
- Le musée Marcil de Saint-Lambert, consacré au costume.
- Le circuit des économusées du Québec, riche en enseignements sur une foule de productions artisanales.
- Le Festival international de l'accordéon de Montmagny.
- Le lac Frontière en Chaudière-Appalaches, un site de vacances familial près de la frontière des États-Unis.

André-François Bourbeau (UQAC) aime :
- Le lac Cardinal, à l'Anse-Saint-Jean. Il faut se faire accompagner d'un guide pour découvrir ce joyau de la nature (marche, camping), en milieu isolé. Pour aventuriers confirmés.
- La vallée de la Sainte-Marguerite. Aussi au coeur de la nature profonde. Encore plus féerique en hiver, avec ses chutes de glace à couper le souffle.
- La rivière Ashuapmushuan, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un chemin ancestral de traite des fourrures, resté vierge. Chutes et rapides spectaculaires.
- Les parcours de canotage organisés par la SEPAQ au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des excursions guidées pouvant durer jusqu'à sept jours.
- Le canot de rivière dans l'une des sept rivières à rapides situées à moins de trente minutes de Chicoutimi. S'informer auprès des bons guides spécialisés de la région.
- La pêche à la ouananiche au Saguenay-Lac-Saint-Jean, par l'entremise des ZEC.
- Le parc de la Pointe-Taillon et ses nouveaux aménagements.
- Une randonnée pédestre dans le parc du Saguenay (vues magnifiques sur le fjord) ou le parc des Monts-Valin.
- La Véloroute des bleuets qui encercle le lac Saint-Jean.
- Et, bien sûr, une excursion en kayak de mer sur le fjord ou autour des îles Mingan.

Les choix de François de Grandpré (UQTR) :
- Une tournée des plus beaux villages du Québec pour découvrir comment les gens y vivent. À consulter le site Web : www.beauxvillages. qc.ca.
- Les sentiers Pégase en Mauricie. Encore en voie d'élaboration, ces sentiers multifonctionnels (marche, vélo, motoneige, etc.) relieront une ville à l'autre, un lac à l'autre, sur plus de 450 kilomètres.

Michel ArchambaultLes coins préférés de Michel Archambault (UQAM) :
- L'Anse aux femmes à Sainte-Rose-du-Nord. Paysage fantastique et Bed & Breakfast de charme.
- Le Sentier international des Appalaches en Gaspésie. Un tracé mer et montagne qui fait désormais 600 kilomètres entre le mont Saint-Pierre et le phare de Cap-Gaspé. Caribous, cerfs et orignaux en vue.
- Les phares des îles du Saint-Laurent.
- L'Île-aux-Coudres et son charme typique. Pourquoi ne pas la parcourir à vélo ?
- L'Aqpik Jam à Kuujjuaq, à la mi-août. Des musiciens de toutes les régions circumpolaires, dont le Nunavik, le Nunavut et le Groenland y donnent des représentations exceptionnelles. Assorti du Festival d'été de l'est de l'Arctique qui rassemble des athlètes s'affrontant dans des jeux inuit traditionnels.
- Le nouveau musée du vin de Dunham.

Louis Jolin (UQAM) élit :
- La mine de cuivre de Compton. La plus grande mine de cuivre du Commonwealth à la fin du XIXe siècle. Une reconversion touristique réussie.
- Le centre de plein air Jouvence à Bonsecours, dans les Cantons-de-l'Est. Un lieu remarquable, de très grande qualité.
- Notre réseau de parcs provinciaux très bien aménagés.

 


Iro TembeckIro Tembeck
Professeure au Département de danse de l'UQAM

Le farniente ressourçant. Et pas n'importe où! En Grèce. Chaque année, les origines hellènes de la professeure Iro Valaskakis-Tembeck dictent l'agenda de ses vacances. Au programme : un bain de famille et d'amis, beaucoup de plage, de soleil, d'observation et de lecture.

«  Toute l'année, je prépare une liste de livres pour mes vacances. Tous sont reliés à la danse, à sa tradition et à son expression actuelle. Je ne décroche pas de mes intérêts artistiques et professionnels. Même que c'est à travers mes lunettes d'historienne de la danse que, pendant mes voyages, je regarde les pays et les gens. La créativité locale m'intéresse bien sûr, mais également des choses aussi simples que la gestuelle quotidienne propre à une culture ou à un groupe de personnes. »

Claire V. de la DurantayeClaire V. de la Durantaye
Rectrice de l'UQTR

Le golf comme antidote au stress. Peu de vacances et beaucoup de projets pour la rectrice de l'UQTR! Claire V. de la Durantaye voudrait tout faire pendant ces congés d'été qu'elle s'autorise très courts : passer du temps avec ses grands enfants et son mari, s'imprégner dans une autre culture, se promener dans la nature de la Mauricie et, bien sûr, se détendre.

«  Cette année, ce sera le golf dans ma région avec mon conjoint, dit-elle. Après avoir été longtemps sceptique quant à l'intérêt de ce sport, j'ai récemment découvert le puissant effet anti-stress du golf. Le golf exige une grande maîtrise de soi, autant psychologique que physique, et, pour bien y jouer, il faut mettre en oeuvre une grande concentration. Pas de doute, cette concentration force le détachement des préoccupations habituelles ! » Cadres, cadres supérieurs et perfectionnistes de tous poils, à vos bâtons !

Anne PineaultAnne Pineault
Professionnelle à l'UQAR

Coeur, découvertes, action. Le sens de l'organisation de l'attachée administrative Anne Pineault ne s'exerce pas que dans ses fonctions à l'UQAR. Il déteint sur ses vacances, et chaque année elle planifie ces semaines sous trois grandes rubriques : famille et enfants ; vie de couple; petites escapades avec des amies de filles.

«  Je passe au moins la moitié de mes vacances avec mes enfants et mon conjoint. Cette année, la région des Laurentides est au programme avec un séjour/camping chez un cousin à Saint-Sauveur. L'objectif est double : permettre aux enfants des deux familles de se connaître et découvrir avec eux les attraits d'une région jusque-là inconnue. Des vacances inactives ou laissées au gré du vent ? Ce n'est pas notre genre ! »

Patrick PerreaultPatrick Perreault
Étudiant en sciences comptables à l'UQAT

Le duo travail / plaisir. Comme la plus grande partie des étudiants du Québec, Patrick Perreault travaillera pour payer ses études au cours de l'été 2001. Alors même que son job n'est pas encore trouvé, il sait déjà où il nourrira ses besoins de détente : dans le bois, dans la montagne, les pieds dans l'eau des rivières et des lacs de l'Abitibi-Témiscamingue, sa région natale.

«  Et pas seul, mais avec ma gang d'amis dont fait partie ma conjointe. Nous faisons du camping et de la pêche dans notre région. Occasionnellement, nous nous rendons aux glissades d'eau de Saint-Sauveur ou à un match de baseball à Montréal. Pendant l'été, ma vie n'est pas plus reposante que pendant l'année universitaire, mais elle est différente. Si la charge de travail est pratiquement la même, dans une entreprise, les moments de loisir sont plus réguliers. Un rêve si je pouvais prendre deux semaines de vacances ? Visiter la Gaspésie que je ne connais pas. Avec mes amis, naturellement ! »

Françoise PlanteFrançoise Plante
Technicienne en informatique à l'ETS

Le cocooning actif. Françoise Plante passera ses vacances à la maison avec son conjoint et ses deux enfants. Au programme : la proximité familiale et la détente ; la jouissance des activités sportives et culturelles offertes à Lachine.

« Non, pas de déplacements prévus l'été prochain ! Autour de chez nous, il y a tout pour passer de belles vacances : des pistes cyclables, des possibilités de sorties aquatiques et musicales (entre autres choses). Même que nous aurons la chance d'être aux premières loges pour les finales des Jeux du Québec qui auront lieu à Lachine. Pas de tourisme prévu, sinon une escapade à Québec que nous aimons beaucoup. »


 
Vacances d'été au Québec : tendances

EN DÉCLIN
· Bronzer idiot.
· L'abus du client : les vacances bon marché qui ne lui offrent pas suffisamment de qualité pour son argent.
· Les vacances « monolithiques »  : une seule activité en un seul lieu.
· Les voyages de groupe guidés, en autocars et en accéléré.
· Les chalets d'été style « cabine » sauf en plein bois.
· Les grands hôtels reliés à des chaînes.
· La chasse, la trappe.

EN ÉMERGENCE
· La performance côté service. On est prêt à payer pour la qualité.
· Les circuits thématiques (jardins, architecture, histoire, gastronomie, économusées).
· Les activités d'apprentissage et de divertissement/multimédia en famille, ex : le parc zoologique de Saint-Félicien, le parc Oméga dans l'Outaouais, les cinémas IMAX, le centre isci, Métaforia, le Centre-Forum Pepsi, le futur Club Med du centre-ville de Montréal.
· Le learning travel, populaire auprès des touristes du troisième âge (formation linguistique, histoire de l'art, etc.). Le réseau Elder Hostels propose à ce titre une foule d'activités intéressantes.
· Les vacances en motorisé chez les retraités.
· Les vacances en tente-roulotte chez les jeunes familles.
· Les pourvoiries, devenues hôtels en forêt.
· Le tourisme autochtone et la découverte des techniques ancestrales : faire un feu, un canot d'écorce ou une cabane, connaître les plantes comestibles et médicinales, vivre comme les Amérindiens ou les coureurs des bois, découvrir la spiritualité autochtone.
· Les vacances d'hiver.
· Les hôtels boutiques.
· Les vacances chez soi. À preuve, la prolifération des salons et des foires commerciales visant à occuper nos temps libres.

DES ACTIVITÉS APPRÉCIÉES
· Les festivals, le Grand Prix de Formule 1.
· Le cyclotourisme et les sentiers multifonctionnels.
· Les sports d'aventure : vélo de montagne, kayak de mer, escalade.
· Le motoquad.
· Le golf.
· Les croisières (Saint-Laurent, Saguenay, Côte-Nord et Anticosti).
· Les concours de châteaux de sable en été et de sculpture sur neige et sur glace en hiver.
· Le lèche-vitrines consacré à l'artisanat ou aux produits agroalimentaires d'une région, ex : la boutique des saveurs du marché Jean-Talon, à Montréal, regroupant des produits du Québec.
· L'horticulture. On dépensera pour 3 milliards de dollars de plantes et de fleurs cette année au Québec.

DES LIEUX RECHERCHÉS
· Les beaux villages.
· Les grandes villes et leurs quartiers.
· L'île d'Anticosti, paradis de découverte en pleine nature.
· Les lieux secrets comme les îles de Tadoussac, où l'on peut louer des chalets.
· L'île d'Orléans à laquelle National Geographic vient de consacrer un reportage.
· Les Îles-de-la-Madeleine pour le dépaysement total.
· Les spas de rivière - le Polar Bear à Piedmont, le Scandinave à Mont-Tremblant - et les spas urbains.

 
Lectures de vacances : pour s'évader et... apprendre

Renald BérubéRenald Bérubé, professeur de littérature québécoise et américaine à l'UQAR, recommande chaleureusement :

· Ruelle océan, Rachel Leclerc, Éditions Boréal
· Les femmes et la guerre et Le deuil du soleil, Madeleine Gagnon, V L B éditeur
· La tragédie de Macbeth de Shakespeare, traduction de Marie-Josée Thériault, SYT Éditeur
· Oublier Freud, Dominique Scarfone, Éditions Boréal
· Des airs de famille, Paul Chanel Malenfant, Éditions de l'Hexagone
· Le roman du Québec, Jacques Allard, Éditions Québec-Amérique
· Le roman québécois face aux États-Unis, Jean-François Chassay, Éditions XYZ
· Histoire de la Gaspésie et Histoire du Bas-Saint-Laurent, Institut Québécois de Recherche sur la Culture (IQRC)
· Le rocket, Roch Carrier, Éditions Stanké
· Une enfance bleu, blanc, rouge, Collectif, Éditions 400 coups
· Les hauts et les bas de l'imaginaire western, sous la direction de Paul Bleton, Éditions Triptyque
· L'Histoire de la lecture, Alberto Mangual, Actes Sud
Réal Bergeron· L'Archange de Carnegie Hall et Largo, Raymond Girard, Éditions Denoël

Réal Bergeron, professeur au Département d'éducation de l'UQAT propose :

· Harry Potter et la coupe de feu, J.K.Rowling, Éditions Gallimard Jeunesse
· Le français au Québec - 400 ans d'histoire et de vie, Collectif, Fides et Les Publications du Québec
· Gabrielle- Le goût du bonheur, Marie Laberge, Éditions Boréal

 

Vacances d'été au Québec : pour bronzer « intelligent »

SoleilSous le soleil exactement, est-ce si péché de se laisser hâler ? Bien sûr, toutes les peaux ne sont pas aussi sensibles et tous les épidermes aussi vulnérables aux ardeurs de notre cher Galarneau. La clé, c'est de se protéger. D'oublier la bronzette systématique pour préférer vivre au grand air. De jouer d'astuce, puisqu'on a le choix des armes, et de bâtir sa défense à partir de gestes sensés, de soins ciblés, de produits boucliers. Notre peau sera ainsi promise à des jours dorés. Et bonjour l'été !

Nicole OuelletNicole Ouellet, du Département des sciences infirmières de l'UQAR, partage avec nous ces quelques conseils pour contrer les effets nocifs de l'astre solaire.

Par Carole Schinck

Les consignes d'usage
- Éviter les séances de bronzage.
- Choisir, de préférence, des endroits ombragés pour ses activités extérieures.
- Éviter de s'exposer au soleil entre 10 h et 15 h, au moment où les rayons nocifs sont le plus néfastes.
- Porter pour ses activités au grand air des manches longues de coton, un chapeau et des lunettes de soleil qui filtrent les rayons UV (certains modèles précisent le degré de protection). Attention aux balades en maillot de bain.
- Toujours porter des lunettes de soleil qui filtrent les rayons UV, à bord d'une embarcation. Les rayons UV sont réfléchis par la surface de l'eau.

La crème protectrice
- Selon les dermatologues, le FPS 30 (facteur de protection solaire) nous permettrait de rester au soleil 30 fois plus longtemps que si l'on était sans protection «  mais cela ne semble pas être tout à fait exact  », précise Mme Ouellet. Mieux vaut répéter souvent l'application : respecter pour ce faire les indications du fabricant.
- Ne pas oublier de remettre de la crème après la baignade. Certaines crèmes sont dites hydrofuges, mais attention, elles ne sont pas à toute épreuve !
- Éviter les crèmes solaires contenant du paba, responsable de nombreuses allergies. Heureusement, ces crèmes existent de moins en moins.
- Une crème solaire plébiscitée par les spécialistes  : Ombrelle.

Attention aux enfants...
- Bien couvrir les nouveau-nés et ne pas les enduire de crème solaire, ce qui, dans leur cas, n'est pas recommandé.
- Faire porter aux enfants un chapeau, des vêtements à manches longues et du blanc qui absorbe moins la chaleur.

...et aux personnes âgées
- Les aînés se mettent naturellement à l'ombre. Mais ils sont plus sensibles aux coups de chaleur. Ils doivent boire beaucoup d'eau.

La déshydratation
- On ne boit jamais trop. En randonnée, il faut compter au moins un litre d'eau pour deux ou trois heures de trajet et de deux à trois litres d'eau pour une excursion d'une journée. Pour combattre la déshydratation, l'eau est préférable aux jus même si ces derniers fournissent de l'énergie.

Les facteurs à considérer
- La couche d'ozone qui n'est plus étanche et donc ne nous protège plus suffisamment contre les rayons nocifs du soleil.
- Se méfier du temps couvert et des jours plus frais. Sous nos latitudes, les risques de cancer de la peau sont aussi élevés qu'ailleurs, sauf peut-être en Australie.
- Comme l'indique Santé Canada* : « Une peau bronzée et un coup de soleil sont deux manifestations très différentes, mais qui témoignent toutes deux d'une blessure de la peau. Si votre peau est bronzée, c'est que les rayons ultraviolets ont teinté le pigment de votre peau, c'est-à-dire la mélanine. Cette teinte du pigment protège votre peau de la pénétration additionnelle des rayons ultraviolets, mais ce n'est pas suffisant. Elle indique aussi que la peau est déjà endommagée ».

Source : www.hc-sc.gc.ca/ehp/dhm/catalogue/generale/votre_sante/cancer_peau.htm


L'ACROPOLE
L'ACROPOLE DES DRAVEURS - CHARLEVOIX

LA TYPOLOGIE DU VACANCIER

Par Élaine Hémond et l'équipe de Réseau

Connaissez-vous votre profil de vacancier  ? Nous nous sommes amusés à dessiner le portrait de sept grands types de vacanciers. Auquel vous identifiez-vous surtout ? Vous avez le droit d'en pointer trois. Votre chum de gars ou de fille est-il d'accord avec votre analyse... ? De grâce ne vous chicanez pas, il ne s'agit que d'un jeu, il n'y a rien de scientifique.

L'aventurier...
- Part avec ses bottes de montagne, sa tente, sa gamelle et sa savonnette biodégradable.
- Oubliera que toute l'année, il prend sa voiture pour aller au dépanneur et toisera sans vergogne les trois cents mètres du Cap-Trinité.
- Se baignera nu dans le Lac à la Chute à 4°.
- L'aventurière chassera bravement (et toute seule) la souris nichée dans sa botte au refuge.
- Achètera 15 $ la bière montée impertinemment par un jeune homme costaud.

Le « mon-oncle »
- Profite de la route pour tenir aux enfants un monologue décrivant les personnages de la famille qui les accueillera.
- Fera des gros yeux à Sophie qui n'aime pas le foie de morue préparé par grand-père.
- Jouera au petit garçon qui ne sait rien faire avec la vieille tante Virginie.
- Reprendra l'accent du terroir jusqu'au moment du départ pour Montréal.

Le casanier
- Voyage dans sa tête et visite son jardin.
- Lira enfin son hebdo local et même son publi-sac.
- Découvrira mille attraits dans son voisinage : un sentier pédestre, un boulanger sympa, une librairie-jardin et, qui sait, même un gentil voisin.
- Refera sa bibliothèque, décapera une commode et recevra ses amis sans chichis en essayant une nouvelle recette de Pinard.

Le jouisseur
- S'accepte fainéant et gourmand.
- Bronzera avec sa montre pour ne pas être en retard au lunch.
- Laissera sa fenêtre ouverte pendant sa sieste pour ne pas louper l'apéritif.
- Trouve tous les restos gastronomiques... et sa femme, les factures astronomiques.
- Se dira : « Au diable les kilos en trop. Je les perdrai au boulot. »

L'animateur
- Ne se déplace qu'en sizaine : son conjoint, ses deux enfants et ceux du cousin.
- Tiendra un briefing avant chaque opération-découverte.
- Fixera des points de rassemblement en cas de perte d'un oisillon et mettra une carte d'identification au cou de chacun.
- Planifiera le nombre de sandwiches comme celui des arrêts pipi.
- N'a rien contre le plaisir en autant qu'il soit organisé.

Le culturel
- Va de musée en musée et d'église en galerie.
- Préférera le centre d'interprétation du fjord au fjord lui-même.
- Foncera sur les cafés Internet pour en savoir plus sur l'ère glaciaire.
- Passera une nuit dans la voûte du musée des mines faute d'avoir entendu sonner la fin de la visite à 18  h.
- Fera marcher ses doigts dans La flore laurentienne du frère Marie-Victorin plutôt que ses pieds dans la forêt mauricienne.

Le consommateur
- Planifie ses vacances en fonction de ses Air Miles.
- Refera trois fois le tour de la rue principale de Plessisville pour trouver le menu le moins cher.
- Préférera la glissade d'eau à la rivière sauvage et le centre commercial local à l'économusée.
- Choisira le téléphérique plutôt que la montée pedibus cum jambis.
- Considère la réussite de ses vacances en fonction du budget dépensé à l'achat de souvenirs.

Les relations interpersonnelles en vacances :

La dimension sans passeport

Par Élaine Hémond

André GagnonLe professeur André Gagnon enseigne la psychologie sociale à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Selon lui, une communication claire entre compagnons de voyage est aussi importante que la réservation de l'hôtel ou la place sur le traversier. Veut-on vraiment voir et faire les mêmes choses ? La conception de la détente de l'un est-elle identique à celle de l'autre ? Un trajet raisonnable pour une journée est-il de cent kilomètres ou de cinq cents kilomètres ? Et un repas pas cher, ça veut dire 10 $ ou 25 $ ?

Vacances avec son conjoint

Savez-vous que la vie quotidienne dans un contexte de double occupation professionnelle masque parfois une évolution divergente des goûts des deux conjoints ? Les vacances sont souvent révélatrices à cet égard. Il veut passer une matinée à lire Le Monde diplomatique. Elle a fortement envie d'escalader la montagne. Il mangerait un Big Mac. Elle salive pour une ouananiche. Que faire pour ne pas se mettre en situation de bannir les vacances en couple pour le reste de sa vie ?

« Oser discuter ouvertement de nos souhaits mutuels de vacances avant de les planifier. Ne pas hésiter à entrer dans les détails, » conseille le professeur André Gagnon. « Même après des années de vie de couple, il ne faut rien prendre pour acquis. Bien des frustrations viennent d'une mauvaise communication. »

Vacances avec des ados

La terreur. Les parents ont souvent tout faux : le restaurant est nul, on y a passé trop de temps, les musées, c'est barbant et il y a trop de moustiques dans la Mauricie. « Une formule d'alternance des décisions peut devenir intéressante, propose André Gagnon. On convient, au départ, que chaque personne organisera une journée totale en fonction de ses goûts propres. Aujourd'hui, Nathalie, tes choix sont prioritaires, demain ce seront ceux de Christophe. Cette logique donne parfois de bons résultats, même dans un groupe d'adultes. Un principe : chacun peut décider d'une partie du voyage, mais tout le monde ne décide pas de tout. C'est ce qui s'appelle apprendre à mettre de l'eau dans son vin », ajoute M. Gagnon.

Familles recomposées en (dé) route

Votre conjoint a deux fils, vous en avez deux. Partir en Gaspésie quinze jours la première fois que des vacances réunissent les deux familles n'est pas une très bonne idée, même si elle semble super sympa. « Évitez l'utopie de la grande découverte itinérante des nouveaux demi-frères et demi-soeurs, suggère André Gagnon. Dans ces rapprochements souvent délicats, allez-y à dose homéopathique en prévoyant d'abord des sorties d'une demi-journée ou d'une journée. Si, dès le premier souper, plus personne ne peut se parler, rentrez et planifiez des activités à la carte pour le lendemain. »

Partir seul

La solitude assurée ? Pas nécessairement. Un voyage en solo peut être porteur de rencontres intéressantes dans la mesure où le besoin de communiquer se fait sentir et l'attitude du voyageur ouverte. « Lecture au restaurant : très mauvais pour le contact, rappelle André Gagnon. Sourire aux voisins de table, c'est déjà mieux. Les occasions de faire des connaissances peuvent aussi être doublées si deux personnes ouvertes et chaleureuses font équipe. En fait, la solitude est le lot de ceux qui se replient sur eux-mêmes. Et ce repli, il peut se faire seul, tout en étant bien entouré de ses semblables. »

Et que dire des bienfaits d'un départ en solitaire ? Plusieurs personnes, des hommes et des femmes s'autorisent maintenant ces occasions de retrouvailles personnelles... et ne s'en cachent plus. Des découvertes assurées attendent ces pèlerins déguisés en touristes qui acceptent de côtoyer leur ego pendant des jours et des semaines. De ces ressourcements ambulatoires surgissent souvent des éclairages nouveaux sur les questions de l'autonomie personnelle, de la confiance en soi et de l'ouverture à l'autre. Thérapie non couverte par le système de santé.

Partir en colonie d'amis

Une mauvaise répartition des tâches et des corvées peut rendre des vacances invivables en groupe. « Il faut en parler avant le départ et laisser s'exprimer les idées, croit M. Gagnon. Faut-il répartir les responsabilités en fonction des goûts et des compétences ? Vaut-il mieux systématiser le roulement des tâches pour viser l'équité mathématique ? Aucune formule magique, sinon la nécessité d'en parler... et de prévoir une certaine possibilité de déroger aux conventions. »

En parlant de convention, rien de tel pour vivre une intense expérience physique et affective que de partir en équipe en montagne. Plusieurs groupes d'amis font annuellement ce type d'excursion dans les sentiers du parc du Saguenay. L'exercice n'est pas que pour les bottes et les deux mottons roses qu'il y a dedans. Cette vie en clan dans un cadre qui ne porte ni les couleurs du travail ni celles de la vie domestique offre souvent un bain d'intenses relations interpersonnelles. Au fil du trajet et de l'alternance des compagnons de montée, des confidences et des échanges profonds se font. Les amitiés se renforcent souvent et il arrive parfois que de nouvelles amours se développent. Ah ! si les arbres pouvaient parler !

Qu'elles se passent sous les arbres, sous le ciel de Paris ou les jambes en l'air dans les glissades d'eau, les vacances restent des moments précieux de la vie. Ils sont précieux pour la détente et pour la découverte, mais ils le sont aussi pour dorloter un peu son coeur et son âme. Le goût pour une communication enrichie devrait ainsi faire partie de tous les bagages. André Gagnon confirme : « Une communication claire et l'ouverture aux autres sont les deux éléments à réunir si nous voulons que nos vacances soient vraiment à la mesure de nos attentes. » À vous de jouer !

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