| RÉSEAU AUTOMNE 2002 / Magazine de l'Université
du Québec Reproduction autorisée avec la mention de l'auteur et de la source. |

|
|
L'Afrique
aux Africains
...la coopération internationale a beaucoup été une affaire qui s'est passée entre nous... au point où nous pouvions nous demander si la préoccupation pour le développement de l'Afrique n'était pas plus présente dans les pays développés qu'en Afrique même. |
Réseau - Au lendemain de l'entente pour le Nouveau partenariat de développement de l'Afrique (NEPAD), comment entrevoyez-vous la coopération internationale universitaire des prochaines années, voire des prochaines décennies ?
Alain Grandbois - Le mouvement de changement amorcé depuis quelques années va se poursuivre et s'accélérer. Le NEPAD ne provoquera sans doute pas un revirement majeur. Sur un plan purement logistique, le mode virtuel de coopération (l'informatique) sera de plus en plus présent dans les partenariats universitaires.
Le G8 à Kananaskis vise une scolarisation universelle de niveau primaire dans toute l'Afrique d'ici 2015. On peut donc penser qu'une emphase particulière sera mise de notre côté sur la formation des maîtres.
Mais le plus important, à mon avis, c'est le nouveau dialogue qu'il conviendra d'établir entre les partenaires. Il y a, pour l'instant, un échange inégal dans le processus.
Au cours des dernières décennies, la coopération internationale a beaucoup été une affaire qui s'est passée entre nous, les pays du Nord. Au point où nous pouvions nous demander si la préoccupation pour le développement de l'Afrique n'était pas plus présente dans les pays développés qu'en Afrique même. Je crois que la coopération internationale, telle que pratiquée au cours des dernières décennies, n'est pas la solution adaptée aux nouveaux objectifs de développement mis de l'avant pour l'Afrique. Nous nous sommes trop souvent substitués aux Africains dans les dossiers de coopération internationale et il faut admettre que de fausses mobilisations de l'expertise nationale africaine ont été pratiquées.
Réseau - Qu'entendez-vous lorsque vous parlez de substitution et de fausse mobilisation ?
Alain Grandbois - Par exemple, les projets d'études internationales ou de développement sont financés par des bailleurs de fonds occidentaux et généralement confiés à des experts occidentaux. Le rôle des experts africains est très réduit et l'on entrevoit peu leur expression et leur volonté. L'expression de besoins est souvent montée de toutes pièces par les Occidentaux. Puis, lorsque les projets arrivent à leur terme, les évaluations sont faites par d'autres experts occidentaux, ou par les mêmes, à la satisfaction des bailleurs de fonds occidentaux. Nous nous trouvons ainsi devant une boucle plutôt malsaine.
Réseau - Comment cela peut-il se faire ?
Alain Grandbois - D'abord, il faudra accepter que les bons partenaires soient ceux qui sont là. Il faudra intégrer le fait que l'on travaille avec des gens qui ont des caractéristiques socioculturelles différentes et des expériences différentes des nôtres ; et que ces pays ont aussi des potentialités économiques différentes de celles de nos pays. Sur le plan universitaire, en particulier, il faudra également accepter de collaborer avec des partenaires qui vivent dans un contexte de développement des connaissances différent et plus limité que le nôtre. Comme universitaires du Nord, nous sommes coincés avec une perspective qui est souvent faussée par notre propre culture et nous ne reconnaissons pas suffisamment ce fait.
(...) Je crois que l'un des gestes de solidarité que pourraient faire nos universités serait d'ouvrir leurs bases de données virtuelles et la documentation informatique. Nous pourrions, par exemple, imaginer que l'UQAM ouvre ses bases de données aux universités africaines avec des contrats d'utilisation précis, une hiérarchie d'entrée.
Nous devons d'abord donner accès aux outils. Mais nous n'avons pas toujours besoin d'être là. Avec le mode virtuel, nous pourrons arriver à des modus vivendi beaucoup moins coûteux si l'on considère qu'une grande part des coûts provient de l'embauche d'experts internationaux.
![]() |
|
Réseau - Ce type d'accompagnement sous-entend une reconnaissance de l'expertise des Africains. Est-elle là, cette reconnaissance ?
Alain Grandbois - Pas suffisamment. Je crois que nous avons une grande naïveté envers notre capacité à catalyser des changements à partir de notre seule expertise occidentale. Une certaine pensée magique veut que les savoirs s'ajustent. Souvent dans les projets, on tente d' « africaniser » ces savoirs, en ajoutant un certain contenu ou en transformant les phrases.
Ce qu'il faut, c'est fournir aux collègues africains des possibilités de s'outiller, mais de s'outiller pour faire leur propre recherche dans le sens de leur propre démarche.
Réseau - Jusqu'à présent, peu d'Africains dirigent des projets de coopération universitaire. Est-ce normal ?
Alain Grandbois - Non. Il faudra nous battre pour que les bailleurs de fonds reconnaissent davantage l'expertise des Africains pour diriger des projets d'études ou de développement, si nous voulons vraiment faciliter le transfert des projets aux communautés elles-mêmes. Un expert du Nord qui arrive avec sa grille toute faite, ce n'est pas suffisant. Il faut qu'au départ les projets soient construits ensemble avec une connaissance commune des enjeux sur place. Encore une fois, à la clé du vrai partenariat se trouve le dialogue.
Réseau - Sur un autre plan, que pensez-vous de cette porte que le NEPAD ouvre toute grande au privé dans la coopération africaine ?
Alain Grandbois - Il y a énormément de place pour le privé dans les universités africaines, comme dans le développement de l'Afrique en général. Cependant, je crois qu'il est naïf de croire qu'il n'y a plus besoin d'un État providence. L'un des dangers est que les États deviennent de moins en moins responsables de leur système éducatif. En ce qui concerne l'Afrique, cela peut être catastrophique.
Réseau - Comment voyez-vous le rôle de l'Université du Québec en Afrique pour la prochaine décennie ?
Alain Grandbois - L'Université du Québec possède des atouts incontestables face à ces nouveaux défis. D'abord, sa nature même d'université en réseau la prédispose à des partenariats mettant en présence des ressources humaines et scientifiques de milieux différents et éloignés. Dès sa création, les gens de l'Université du Québec qui travaillaient sur le terrain en Afrique étaient très motivés par les préoccupations du développement local. Ils ont développé rapidement le respect et la reconnaissance des spécificités et des besoins de chacun.
Je crois également que l'avant-gardisme du mode d'enseignement à distance à l'UQ, notamment à la télévision éducative (TÉLUQ), constitue une autre force de notre université en matière de coopération internationale. Enfin, la présence de l'UQ dans pratiquement toutes les disciplines joue aussi en faveur de la poursuite de partenariats internationaux féconds dans de multiples domaines.
...accepter que les bons partenaires
soient ceux qui sont là...
|

Martial Dembélé*, lui, y croit. L'universitaire burkinabé doute cependant que cet objectif soit atteint en 2015.
Dans la majorité des pays africains, il faut environ dix ans pour produire un diplômé du primaire. « Un tel phénomène est lié à la mauvaise qualité de l'enseignement primaire et constitue un indicateur clé de l'inefficacité interne de ce sous-système », dit monsieur Dembélé. « Nous croyons qu'en améliorant la qualité, nous aurons des diplômés dans un temps raisonnable et en plus grand nombre. Des places seront ainsi libérées dans les écoles pour accueillir d'autres enfants qui autrement auraient été non scolarisés. »
Dans les pays du Nord, il est établi que la plupart des personnes ayant moins de cinq ou six ans de scolarité demeurent des illettrés fonctionnels toute leur vie. « Pour les enfants africains », insiste M. Dembélé, « cette sous-scolarisation est d'autant plus dramatique que le cycle primaire est involontairement terminal ».
Le défi de l'alphabétisation est donc gigantesque en Afrique. Ce continent présente le plus bas taux de scolarisation et le nombre des enfants qui ne fréquentent pas l'école augmente chaque année. On prévoit, au rythme actuel d'évolution, que dans 13 ans, 75 % des enfants africains n'iront pas à l'école.
De tels énoncés doivent-ils décourager les initiatives de coopération dans le domaine de l'éducation ? « Non, croit M. Dembélé. Même si j'ai des réserves sur certaines actions passées, je crois qu'il faut continuer. Nous n'avons pas le choix. On peut critiquer la façon dont la coopération a été menée jusqu'à présent, mais il est resté quelque chose de bon nombre de projets menés notamment par les universités de plusieurs pays du Nord. » Le nombre d'enfants dans les écoles primaires d'Afrique a quand même pratiquement triplé entre 1970 et 1997.
Miser sur le réseautage
« Pour nous, c'est la qualité de l'enseignement qui, à terme, garantira l'universalité » poursuit-il. « Au CIPGL, on estime que la qualité de l'enseignement primaire en Afrique repose en grande partie sur la formation des maîtres. En voulant augmenter rapidement le nombre d'enseignants, il est tentant de recourir à des enseignants peu ou pas du tout qualifiés. Cela peut impliquer non seulement une baisse de la qualité, mais aussi l'érosion de la fibre professionnelle du corps enseignant. »
L'équipe de l'UQAM et ses partenaires travaillent depuis plus d'un an à la mise en place de réseaux de communication entre des universités du Nord et différents organismes africains chargés de la formation des maîtres et de la recherche en éducation. On vise l'amélioration de la formation des enseignants par l'entremise des nouvelles technologies de l'information et de la communication.
« L'idée est de sortir de leur isolement les formateurs d'enseignants et les chercheurs africains en éducation par la création d'une plate-forme virtuelle de ressources diverses, incluant des spécialistes intéressés à partager leur savoir et leur savoir-faire avec d'autres éducateurs », résume M. Dembélé. Le projet est soutenu par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI).
|
|
Le nombre d'enfants dans les écoles primaires d'Afrique a quand même pratiquement triplé entre 1970 et 1997. |
![]() |
De
multiples projets éducatifs dès le début« Pas étonnant que les interventions internationales de l'UQ dans le domaine de l'éducation aient été précoces et nombreuses ! », s'exclame Georges Arcand* qui, dès le milieu des années 70, a participé au lancement de la coopération internationale au sein de l'UQ ». L'Université du Québec est née elle-même des besoins du Québec d'une éducation mieux répartie dans la population, autant sur les plans géographique que socio-économique. »
La formation à distance
Rapidement, la Télé-Université se démarque comme leader en matière de formation à distance (FAD).
« Le CAERENAD, par exemple, a été créé pour répondre aux difficultés d'accès à l'éducation que rencontrent les pays en développement, explique la directrice Louise Patoine... » « Bon nombre de ces pays doivent affronter, en plus des problèmes économiques, une explosion de la clientèle étudiante et composer avec la rareté des ressources professorales. »
C'était le cas de l'Île Maurice, l'un des six pays partenaires du CAERENAD.
« L'impact de la FAD dans notre université a largement dépassé le but initial de répondre au flux croissant des demandes d'inscriptions », explique le professeur Camille-Pierre François, qui a été directeur du J. Baguant Centre for Distance Learning de l'University of Mauritius.
Selon M. François, le système initial, inspiré de la tradition britannique rigide et très cloisonnée, obligeait la répétition de cours et d'examens pour des cohortes fermées.
« Maintenant, dit-il, des groupes de différents programmes peuvent partager un cours, et l'on applique la pédagogie du tutorat en sous-groupes. »
La Mauritius University, qui pouvait accueillir environ 3000 étudiants par an, en compte maintenant 5000.
Début 2003, une maîtrise en environnement orientée vers les spécificités des pays du Sud, sera lancée par le CAENERAD. Conçu par les six partenaires, ce programme démontre la faisabilité et la pertinence des collaborations universitaires Sud-Sud.
* Monsieur Martial Dembélé est le directeur associé du Centre interuniversitaire Paul-Gérin-Lajoie de développement international en éducation (CIPGL) de l'UQAM.
Georges
Arcand est le coordonnateur de la mobilité étudiante
et professorale au bureau Amérique du Nord de l'Agence
universitaire de la Francophonie (AUF). Sa fonction : soutenir
les échanges d'enseignants et d'étudiants entre
400 universités membres de l'agence. « Nous
incitons maintenant les étudiants québécois
à rechercher auprès d'institutions universitaires
de la francophonie du Sud un encadrement pour la préparation
d'un mémoire de maîtrise ou d'une thèse de
doctorat ».
« Ils peuvent également
penser à un stage en milieu de travail relié à
leur programme d'études qui se déroulerait dans
un pays du Sud. Le programme cible la francophonie des régions
d'Afrique, d'Asie, des Caraïbes ou d'Europe centrale et orientale. »
Pour en savoir plus : amerique-nord.auf.org
* Monsieur Georges Arcand, maintenant en poste au bureau d'Amérique du Nord de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), a lancé en 1988 le Consortium international francophone de formation à distance (CIFFAD).
|
|
Le choix de vivre
« Il se pourrait que nos pays pauvres, dits pauvres parce que privés de capitaux, de technologies et de perspectives, aient bien conservé ce souci de l'humain qui s'estompe là où l'économie marchande s'installe. Ces valeurs immatérielles et précieuses pourront faire notre force et l'essentiel de notre apport au XXIe siècle si nous le voulons.
Nous sommes riches est la première attitude que les citoyens de chaque pays africain devraient avoir et la première certitude à assumer...
Nous sommes riches (au Mali) de l'immensité de notre pays...
Nous sommes riches de la « centralité » de notre pays...
Nous sommes riches de deux fleuves...
Nous sommes riches de notre patrimoine historique, culturel et touristique.
Il n'y a pas deux Djenné ou deux Tombouctou...
Nous sommes riches de notre capital humain :
Nous sommes riches d'un sens poussé du partage, de la solidarité, de la convivialité qui gagne a être sauvegardé et revalorisé.
Nous sommes riches de notre agriculture, de l'or de notre sous-sol.
Nous sommes riches d'hommes et de femmes entreprenants et entrepreneurs, de chercheurs et de techniciens de haut niveau dans de nombreux domaines qui ne demandent qu'à être reconnus et mobilisés.
Nous sommes riches enfin de savoirs et savoirs-faire ancestraux dans différents domaines dont l'agriculture, l'élevage, la pêche, la foresterie, l'artisanat. Ils sont socialement équitables parce que capables de gérer des emplois durables et écologiquement viables. »
(Aminata D. Traoré, L'étau, l'Afrique dans un monde sans frontières, Léméac, 1999)
|
|
LE CIPGLLe Centre interuniversitaire Paul-Gérin-Lajoie de développement international en éducation (CIPGL) est rattaché à la Faculté d'éducation de l'Université du Québec à Montréal. Sa vocation est d'appuyer l'éducation pour tous dans les pays en voie de développement. À cet effet, il participe à l'élaboration de systèmes modernes de formation des maîtres et du personnel de l'éducation. Le CIPGL oeuvre également en recherche. |
![]() |

Un grand nombre de cerveaux africains ne sont pas en Afrique, mais à Washington, Paris, Genève ou New York, là où se trouvent les organismes qui peuvent leur offrir des conditions de travail intéressantes. |
Bon nombre
de nos étudiants occupent maintenant des fonctions clés
au sein de leur administration publique», explique Yves
Poulin, directeur de la coopération internationale
de l'ÉNAP. « Certains sont devenus ministres
et d'autres sont membres d'équipes porteuses de réforme,
notamment au Bénin, en Guinée et au Burkina Faso.»
Faut-il voir dans ce noyau de compétences l'émergence d'une nouvelle gouvernance publique en Afrique ? Certainement. Mais selon M. Poulin, rien n'est facile. Il ne faut pas oublier que, de retour chez eux, les gens se retrouvent souvent au sein d'un appareil administratif lourd qui bouge très lentement. Il est clair pour nous que ces hommes et ces femmes mettent à profit ce qu'ils ont appris chez nous... dans la mesure où c'est possible. Mais eux seuls savent ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Les résistances au changement sont énormes dans leurs contextes culturels. Aussi, insiste le professeur Poulin : « Nous ne cherchons pas des résultats à court terme. Le pari que nous faisons à l'ÉNAP, c'est de miser sur les personnes.» Un certain optimisme est toutefois permis et l'on peut voir, par exemple dans l'émergence du NEPAD, le fruit des idées ensemencées depuis quelques décennies par différents acteurs du Nord et du Sud.
Selon M. Poulin, les Africains, que la tradition administrative rapproche davantage de la France, viennent ici chercher une formation en administration publique axée sur le management, c'est-à-dire davantage orientée vers les résultats. « C'est en enseignant en français le management public que nous avons su intéresser à notre école nos partenaires africains, souligne-t-il. Notre originalité, c'est d'exporter dans la francophonie une façon nord-américaine de faire les choses.
« Les gens aiment cette approche et apprécient l'importance que l'on accorde aux individus dans nos organisations. Certains aspects constituent souvent des découvertes pour eux ! Non seulement voient-ils, dans notre enseignement, une approche centrée sur le citoyen comme client, mais à travers les visites et les rencontres que nous leur proposons, ils constatent que les principes que nous véhiculons sont effectivement mis en oeuvre dans nos organisations ».
Malgré d'extraordinaires embûches...
La plupart des pays francophones africains ont hérité d'une administration publique mise en place au moment de la colonisation. Cette administration ne s'occupait pas de développement, elle répondait plutôt aux impératifs de la puissance coloniale. « On y voit notamment un niveau de centralisation très marqué, précise M. Poulin.
« Le pouvoir de décision au sein d'une organisation, même pour des considérations opérationnelles très concrètes, est souvent dans les mains d'une seule personne : celle qui occupe le poste le plus élevé.»
Selon Yves Poulin, des freins importants au progrès sont aussi liés à la gestion des expertises et des ressources humaines. « Par exemple, il arrive fréquemment qu'une personne qui revient de l'étranger avec un diplôme spécialisé dans un domaine technique n'exerce jamais son métier. Elle est rapidement assignée à un poste de gestion, sans expérience concrète de l'exercice de sa profession et sans formation en gestion. Cette pratique entraîne une pénurie de spécialistes nationaux actifs sur le terrain alors qu'un grand nombre de gestionnaires sont mal préparés à l'exercice des responsabilités qui leur incombent. »
Il faut ajouter à cela une fuite importante des cerveaux. M. Poulin explique : « Après leurs études, bon nombre de gens très brillants ne reviennent pas au pays ou, s'ils reviennent, sont rapidement repérés et happés par les organismes internationaux. Un grand nombre de cerveaux africains ne sont pas en Afrique, mais à Washington, Paris, Genève ou New York, là où se trouvent les organismes qui peuvent leur offrir des conditions de travail intéressantes. » À tous les niveaux, l'une des pierres d'achoppement à la conservation des compétences en Afrique vient de la faiblesse des salaires. « Dans plusieurs pays, les fonctionnaires ont un revenu insuffisant pour faire vivre leur famille, commente le directeur de la coopération internationale de l'ÉNAP. Non seulement la rémunération n'incite pas à la performance, mais elle encourage aussi la perpétuation de la corruption. Des réformes salariales s'imposent, mais la plupart des pays en développement n'en ont pas les moyens.»
Malgré tant d'embûches au transfert des principes de management public qu'il propose, Yves Poulin, qui a vécu cinq ans en Afrique et qui y oeuvre depuis au-delà de 20 ans, aime ce continent. Si plus rien des pratiques spécifiques de l'administration publique de ces pays et de l'inertie des systèmes ne l'étonne, il n'est pas démotivé pour autant.
« Au contraire, dit-il, je perçois actuellement une convergence des différents acteurs pour la recherche de nouvelles façons de livrer l'aide internationale afin que les Africains s'approprient davantage leur développement. »
L'UNIVERSITÉ DU TERRAIN
ÉTS 1994 : Un groupe de futurs ingénieurs
avait alors lancé le Programme de regroupement étudiant
pour la coopération internationale (PRECI). « Nous
avons voulu créer une entreprise d'initiation à
la coopération internationale », explique Jean-Pierre Richard,
ingénieur à l'emploi de la ville de Candiac, qui
fut l'un des piliers du projet.
Les étudiants de l'ETS ont choisi la République Centrafricaine pour y construire une conserverie de poissons. En collaboration avec les 25 membres de la coopérative piscicole du village de N'Dress, les étudiants ont conçu et réalisé une petite usine. Cette conserverie a apporté une solution aux problèmes d'écoulement du poisson frais de la COOPAP qui, en 2002, est toujours en opération.
« C'était la première usine de conservation du pays et nous avons choisi ce projet parce que nous avions espoir qu'il se poursuive » dit Pierre Gisienger, ingénieur stagiaire chez Patenaude JBK inc.
« C'est ce qui s'est produit. La valeur de partage pratiquée dans la plus grande joie par cette population très pauvre a constitué une véritable leçon de vie pour notre équipe. »
|
|
La
petite danse indansable
Le « Donni dongomma » des Bamananw (Mali) peut être traduit par « la petite danse indansable » : si le danseur fait un pas en arrière, son père meurt ; s'il fait un pas en avant, sa mère meurt et s'il ne danse pas, il trépasse. Aminata D. Traoré, l'auteure, se sert de cette image pour illustrer la situation de non-choix ou de double contrainte où se retrouve l'Africain à l'heure de la mondialisation. D'où le nom du livre : L'étau. Quand l'ajustement structurel se fait en camisole de force... Le petit livre de Traoré, psychosociologue et ex-ministre de la Culture et du Tourisme au Mali, est un texte forgé autant à coups de douleurs, de larmes et de pourquoi, que d'analyse psychosociale.
« À mettre entre les mains de tout coopérant », nous dit un intervenant. Polémique et vigoureux ! »
(Aminata D. Traoré, L'étau, l'Afrique dans un monde sans frontières, Léméac, 1999)
|
ALHASSNE BALDÉ Conseiller du ministre au ministère de l'Économie et des finances de la République de Guinée. « Je repars convaincu de l'intérêt de l'approche du management public. Le citoyen n'est plus un administré, mais un client. Cette conception, pour autant que l'on puisse l'appliquer, peut certainement être porteuse des changements souhaités en Afrique. Bien sûr, il faudra adapter le concept à notre contexte culturel pour ne pas perdre nos valeurs, mais je crois que c'est possible. Il faudra du temps, car il convient d'abord de persuader les élites de l'adopter. » |
LE DÉVELOPPEMENT LOCAL ET ÉCONOMIQUE
Du courage et des idées
L'INSCAE est désormais reconnu comme une pépinière d'administrateurs de haut niveau à Madagascar. |
Il y a un an, le président Abdoulaye Wade, du Sénégal exprimait le souhait que le Nouveau partenariat de développement de l'Afrique (NEPAD) aide les Africains à sortir par eux-mêmes des affres du sous-développement et à rompre définitivement avec l'exclusion dont ils font l'objet sur une planète en cours de mondialisation.
Pour cela, le développement entrepreneurial est incontournable et, à cet égard, le professeur Pierre-André Julien, directeur de la Chaire sur les PME de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) ne fait pas partie de ce que l'on appelle les « afro-pessimistes ». « Il se fait des choses en Afrique, affirme M. Julien. Il y a de la volonté, des idées, du potentiel. Des réseaux orientés vers le développement des entreprises existent depuis une quinzaine d'années sur ce continent. Des recherches sont menées sur ce thème et on le voit, entre autres, dans les articles signés récemment par des Africains dans la Revue PME Internationale. »
Des réseaux plein d'astuces
Malgré l'instabilité politique et le manque de ressources, certains pays se démarquent, semble-t-il. C'est le cas de la République du Congo, où des collaborateurs africains lancent actuellement une recherche sur les PME dans plusieurs régions du Québec.
« L'idée est d'identifier certaines petites entreprises à forte croissance, dit monsieur Julien, celles qu'on appelle gazelles, qui jouent un rôle particulièrement important pour le développement de leur région ; nous cherchons à mieux comprendre comment ces gazelles fonctionnent. »
L'équipe émet l'hypothèse qu'elle trouvera dans les régions de Brazzaville et de Pointe-Noire ce qui a été trouvé ici auprès de 52 PME québécoises. « Le succès de ces firmes relève en grande partie de leur capacité à s'adapter au changement et à recourir aux ressources de leur environnement », précise le professeur Julien.
Pierre-André
Julien
Depuis une quinzaine d'années, l'approche de Pierre-André Julien a contribué à renverser, au Québec, l'idée voulant que les francophones ne soient pas des entrepreneurs et que, dans certaines régions, la fibre entrepreneuriale soit encore moins présente qu'ailleurs. « Nous savons maintenant qu'il n'y a pas de caractéristiques ethniques ou régionales, mais qu'il y a des circonstances et, surtout, que des réseaux beaucoup plus denses existent dans certains groupes. Il faut aider à créer ces réseaux et, lorsqu'ils sont tissés, les gens trouvent toutes sortes d'astuces pour s'entraider et se compléter. Nous pensons que nous trouverons les mêmes constantes en Afrique et croyons davantage aux petites actions qu'aux actions d'envergure. Formaliser les petites entreprises pour en faire des grosses ne nous paraît pas la bonne solution, ni pour ici ni pour l'Afrique. L'application de la théorie managériale tue souvent les entreprises. »
Une histoire à succès chez les Malgaches
En 1983, le département d'administration et d'économique de l'UQ à Trois-Rivières était sollicité pour soutenir la mise sur pied du Centre de formation en comptabilité (CFC) de Madagascar. En 1986, le CFC est devenu l'Institut national des sciences comptables et de l'administration d'entreprises (INSCAE). « Son personnel enseignant est presque entièrement Malgache », rappelle M. Jacques Brisoux, directeur de la coopération internationale à l'UQTR.
L'INSCAE est désormais reconnu comme une pépinière d'administrateurs de haut niveau à Madagascar. Entre autres, bon nombre ont occupé et occupent des postes décisionnels au sein d'entreprises et même du gouvernement malgache. Fait notable en Afrique, parmi les quelques 1 600 diplômés de l'INSCAE en 2000, environ 45 % étaient des femmes.
Madagascar compte actuellement bon nombre d'administrateurs et d'administratrices bien formés et sensibles aux nécessités du développement économique. Cependant, d'importants problèmes freinent encore le développement des PME dans ce pays, estime M. Sonny Tatatsiresy, un étudiant de l'INSCAE qui revient d'un séjour d'études à l'UQTR. «Entre autres, chez nous, l'accès au capital et au financement est quasi impossible pour les petits investisseurs, dit-il. Mais il y a de l'espoir, ajoute-t-il. Ainsi, l'État donne actuellement un nouvel élan et carte blanche au secteur privé, ce qui pourrait constituer le fer de lance pour le développement des PME à Madagascar. En outre, bon nombre de jeunes Malgaches s'intéressent à l'entrepreneuriat et fréquentent des universités et des centres de formation spécialisés en gestion des PME. Par ailleurs, des opportunités se présentent pour ceux qui veulent démarrer leur entreprise car, pour l'instant, les PME malgaches se limitent souvent aux secteurs de la communication et de la construction.»
M. Tatatsiresy qui, à Madagascar, travaille au sein d'un organisme de protection de l'environnement estime avoir beaucoup appris à l'UQTR, entre autres, sur les plans de la créativité, de l'entrepreneuriat, de la psychosociologie et du réseautage. « Déjà, dit-il, certains de mes amis et collègues malgaches me consultent, car il est évident que je dispose d'un savoir, d'un savoir-faire, et d'une expertise d'affaires pouvant être utiles. »
Tourisme contre pauvreté
Tout récemment, en juillet 2002, l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) et la Commission des nations unies (CNUCED) ont décidé de miser sur le tourisme durable pour aider certains pays à accroître leur développement social et à lutter contre la pauvreté. L'accord sur le tourisme durable, instrument d'élimination de la pauvreté a été signé à Johannesburg.
Le Centre international de formation et de recherche en tourisme de l'UQÀM (CIFORT) a été l'un des porteurs du concept du tourisme durable sur la scène internationale.
En 2002, les liens de l'UQAM avec l'OMT sont étroits et se concrétisent, notamment, par l'offre conjointe du cours Politiques et stratégies en tourisme offert sur Internet et CD-ROM. Treize étudiants et étudiantes en provenance de différents pays suivent cette formation qui devrait déboucher sur la mise sur pied d'un certificat en Gestion du tourisme. Près de la moitié d'entre eux viennent d'Afrique, et Françoise Kameni Lele fait partie de ce groupe d'étudiants.
Consultante en tourisme au Cameroun, Mme Kameni Lele est membre de plusieurs organisations qui interviennent dans ce domaine ciblé, au Cameroun, comme porteur de développement économique. « Le Cameroun est une mine touristique quasi inexploitée, dit-elle. D'ailleurs, l'actuel gouvernement a fait du tourisme son cheval de bataille. Aussi, ce cours est particulièrement intéressant pour les preneurs de décisions de notre pays qui seront amenés à intervenir en tourisme, tant dans le public que dans le privé. » Selon elle, les notions et théories contenues dans ce cours posent les jalons du tourisme durable, un concept qui devrait guider le développement de cette industrie en Afrique. « Pour nous qui combattons avec la dernière énergie le chômage et la pauvreté, le tourisme semble présenter la solution à bon nombre de ces maux.
Il faut transformer notre cadre de vie sans le détruire et, pour cela, les Africains doivent nécessairement appréhender la notion de développement durable. » La motivation de Mme Kameni Lele est grande.
Chapeau à nos alliés de l'Afrique
Pas étonnant que les universitaires québécois expriment généralement beaucoup d'admiration pour leurs alliés d'Afrique ! « Ce sont des individus qui, là-bas, portent souvent les projets à bout de bras », disent d'une même voix les professeurs Louis Jolin et Pierre-André Julien. Si certains peuvent déplorer la fragilité des collaborations interinstitutionnelles et la lenteur des actions, tous se montrent conscients des contextes difficiles dans lesquels oeuvrent leurs partenaires africains. « Ces hommes et ces femmes travaillent souvent presque bénévolement à ces projets, sans aucune ressource ou avec des ressources très limitées, précise le professeur Julien. Ils doivent, en outre, composer avec des changements institutionnels et politiques fréquents. »
À l'UQ, plusieurs partenariats avec l'Afrique se sont forgés au fil des ans et bon nombre de liens interpersonnels se sont créés. Si personne ne peut dire avec précision quel visage prendra la coopération universitaire des prochaines années, tout indique que la chaîne est là pour durer.
|
LE PROGRAMME INTÉGRÉ DE MANAGEMENT À L'INTENTION DES CADRES AFRICAINS (PIMCE) Chaque année, une trentaine d'Africains viennent au Québec pendant cinq semaines pour une session intensive d'initiation au management public. Choisis sur dossiers par l'ÉNAP, ces fonctionnaires doivent démontrer le niveau de leurs responsabilités et trouver le financement pour ce séjour d'études. Chacun arrive en présentant une problématique propre à sa fonction, qu'il sera invité à étudier avec un expert québécois. En 2001, un contrôleur des finances de Tunisie a ainsi été jumelé à un conseiller cadre du ministère des Finances, une Guinéenne a travaillé avec une chercheuse du Conseil du Statut de la femme sur le thème de la promotion féminine dans l'administration publique. |

...on démantèle l'archétype du « sauveur »
|
Notre chronique Noir et Blanc de ce mois-ci pourrait plutôt s'intituler Noir et Gris.
Gris parce que les propos de nos experts et intervenants sur le terrain sont plus que nuancés. On ne veut parler d'échec, mais on ne peut parler de réussite.
Coup d'épée dans l'eau ?
- « Non ! mais....! »
Coup d'épée dans l'eau ?
- « C'est un diagnostic quand même trop sévère, mais... »
- « Nous avons appris», disent-ils. « Et l'analyse que nous faisons actuellement est juste et porteuse de changement. Même chez les bailleurs de fond, on commence à penser à d'autres façons d'aider et ça c'est très précieux ! »
On reconnaît que l'approche du deficit model, chère aux anthropologues américains des années 30, qui a causé tant de ravages dans les «vieilles» cultures, a peut-être continué de modeler de façon subtile l'orientation de nombres de nos interventions.
Ce n'est pas, bien sûr, la coopération ou la solidarité avec les plus démunis qui est remise en question, mais bien notre façon de faire.
Comment aider ?
Comment aider sans être intrusif ?
Comment aider sans imposer ?
Comment aider en ne «faisant» pas à la place de l'autre, en ne voulant pas pour l'autre ?
Comment ne pas simplement projeter sur l'autre nos propres grilles culturelles ?
Comment aider tout en ne soutirant pas de l'autre main ?
Et surtout comment les politiques et les structures mises en place peuvent-elles soutenir un type d'accompagnement respectueux qui tienne compte des réalités humaines rencontrées sur le terrain ?
J'ai parlé avec presque tous les intervenants de ce dossier et avec plusieurs coopérants, et j'ai été frappée de voir la lucidité des propos voire - dans certains cas - l'humilité concernant nos interventions en Afrique.
Ce qu'on pourrait nommer une sorte de désenchantement des experts sur la coopération internationale va de pair, paradoxalement dans bien des cas, avec un profond engagement et beaucoup d'espoirs pour le futur.
Entendre, écouter, laisser parler, laisser la place, accompagner, dialoguer... passé le jargon scientifique, ce sont des mots qui reviennent constamment.
Le questionnement de nos intervenants est profond : on commence à relativiser son propre système de croyances, on démantèle l'archétype du « sauveur » auquel est confrontée toute personne en relation d'aide, et on met à jour les vieux restes de colonialisme inconscient.
On commence même à remettre en question « l'économisme avant la vie humaine », « la société marchande » qui prime dans toutes les interventions occidentales.
Les quelques propos et anecdotes rapportés ici sont impressionnistes, épars, mais donnent une idée de la couleur émotive de la réflexion en cours. Au rationalisme et à la planification qui sont notre force et notre apport dans le monde, semble s'ajouter, avec la maturité, une dimension de compassion et de coeur.
Les amoureux
- « J'aime l'Afrique... quelque chose d'intraduisible, la chaleur humaine, une qualité de contact que ce soit en travaillant sur un projet ou autour d'un café. »
- « J'ai été dans une vingtaine de pays. J'ai goûté la dimension humaine communautaire chaleureuse, le fait d'être empilés les uns sur les autres, les interactions simples et joyeuses. On devient facilement Africain. C'est la réintégration ici, dans un univers compartimenté et plus morose qui est en général difficile. »
- « J'en ai retenu la beauté. La beauté de certains pays, le désert et la jungle, les vastes étendues, les marchés colorés, les ethnies différentes. Le Rwanda particulièrement, qu'on appelle la petite Suisse d'Afrique, est l'image même de l'Afrique dans nos rêves d'enfants, l'Afrique de Tintin avec ses montagnes, sa végétation luxuriante et son climat idéal. »
Les optimistes
- « J'étais au Sénégal et j'ai pu voir que les Sénégalais concernés par l'éducation commençaient à prendre en charge leur développement. Le souffle de la liberté est encore là. Regardez ce qui vient de se passer en Afrique du Sud. Les gens ont pu exprimer leur colère. J'ai beaucoup d'espoir. »
- « Vous savez avec le cyberespace, il n'y a plus de frontières et les jeunes Africains ont maintenant accès à l'information. On ne peut plus cacher certaines choses politiques comme avant. Nous arrivons à une autre étape, prometteuse. »
Les pessimistes
- « Je suis triste quand je pense à l'Afrique. C'est décourageant. Quand je pense par exemple au Botswana, un petit pays que j'aime et qui était un modèle économique pour tous les autres, qui avait réussi avec succès à gérer sa dette et qui est maintenant littéralement décimé par le sida... Il faudrait que tout bouge en même temps. On se sent impuissant. »
- « Ce que nous faisons ce sont de petites gouttes d'eau dans un immense océan de besoins. »
Les lucides
- « J'ai vite perdu mes illusions en arrivant là-bas. Mais savez-vous, je crois qu'il est essentiel de perdre certaines illusions. Par exemple, l'illusion que l'Afrique attend après moi pour être sauvée. L'illusion que je pourrai voir dans cette vie-ci les effets concrets de mon travail. »
Les amis des amis
- « J'ai des amis universitaires qui sont frustrés. On utilise les gens du Sud pour faire les recherches, mais aucun crédit ne leur est donné. Les gens se sentent lésés avec raison. Remettons aux gens ce qui leur revient. »
- « J'ai une amie africaine dans le domaine de la santé au Burkina Faso. Juste dans son secteur, elle doit gérer avec dix-huit bailleurs de fond différents. Vous imaginez la bureaucratie. On doit aller vers un consortium de bailleurs de fond. »
Les intellos
- « J'étais dans une petite ville du format environ de Rouyn -Noranda. Nous lunchions avec un professeur africain qui enseignait la littérature gréco-latine. Durant le repas nous nous sommes mis à parler de sorcellerie. Notre collègue africain croyait que le sorcier de son village pouvait influencer la décision du recteur par des tours de passe-passe. Nous avions un sourire en coin. Malgré notre bagage intellectuel commun, les différences culturelles sont parfois incroyables. »
- « Dans beaucoup de pays il n'y a pas de déficit d'information. Le recteur d'université sait très bien comment faire marcher son université. Il n'a pas besoin de nos conseils. Mais il n'a pas de moyens et les pressions politiques sont immenses. »
Les engagés
- « J'ai été frappé par la pauvreté même si dans mon travail je n'étais pas aux premières lignes. Cette pauvreté africaine m'a complètement marqué. Je vois mon travail ultimement comme une lutte contre la pauvreté. C'est là mon engagement. »
- « Des sommes immenses et des énergies incroyables ont été investies en Afrique.
Moi, je fais un pari: celui que malgré les barrières, nous puissions mettre en place de nouvelles idées qui aideront les gens à se mettre en marche. »
Les clairs et nets
- « La prochaine étape ? Très simple : mettre le récipiendaire dans le siège du pilote. »
- « Je crois que dans le futur on aura moins besoin de se déplacer et c'est une très bonne chose. Ça empêchera que nous, les experts du Nord, nous prenions toute la place. »
Nous tenons à remercier Guy Massicotte directeur de la Planification (UQ) et tous les intervenants dans ce dossier qui ont collaboré à notre enquête.
![]() |