| RÉSEAU AUTOMNE 2004 / Magazine
de l'Université du Québec Reproduction autorisée avec la mention de l'auteur et de la source. |
Sous
le signe de l'audaceÀ l'occasion de son premier discours de la rentrée, c'est « l'Audace de réussir » que Pierre Moreau, le nouveau président de l'Université du Québec, a proposé à la centaine de dirigeants provenant de tout le réseau de l'UQ réunis pour l'occasion.
Le président de l'Université du Québec, Pierre Moreau, aime bien montrer aux visiteurs la vue de son bureau, au 6e étage, sur le Jardin Saint-Roch : la cascade qui se fracasse sur les rochers, les gens étendus dans l'herbe entre les bosquets de fleurs, la Place de l'Université-du-Québec à droite et, en bordure, les nouveaux édifices de TQS, de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) et celui, plus loin, où Le Soleil vient d'emménager. Une scène féerique là où, il y a quelques années, régnait la désolation urbaine. Une scène non seulement belle mais, pour le président Moreau, surtout symbolique. Symbolique du changement qu'il est possible de provoquer quand on a l'audace d'articuler une vision claire et de travailler à son incarnation.
L'enseignement à distance et la force de la recherche
Soulignant d'entrée de jeu le 35e anniversaire de la fondation de l'Université du Québec, « née d'une décision audacieuse de l'État québécois dans l'effervescence de la Révolution tranquille », le président a par la suite fait un survol des faits saillants de l'année 2003-2004, soulignant l'aboutissement du projet de rattachement de la Télé-université à l'Université du Québec à Montréal. Le projet sera bientôt enchâssé dans une convention de partenariat et un Conseil de formation à distance où seront représentés tous les établissements intéressés du réseau, sera également mis sur pied.
Brossant le portrait de l'Université du Québec aujourd'hui, devenue la plus grande université du Canada avec ses 84 000 étudiants, le président a tenu à souligner aussi ses performances en recherche : l'UQ est au 12e rang des universités en recherche au Canada, et la toute première parmi celles n'ayant pas de faculté de médecine ! « C'est tout de même extraordinaire ce que nous avons accompli en aussi peu que 35 ans ! Il nous reste maintenant à faire fructifier cet héritage. »
Les chantiers de travail
À partir de ce moment, monsieur Moreau s'est attaqué au coeur de son discours, soit sa vision de l'avenir de l'Université du Québec articulée autour des chantiers de travail devant permettre d'actualiser la mission fondamentale de l'Université du Québec.
« J'ai eu l'occasion, a-t-il expliqué, de discuter de nos orientations avec les chefs d'établissement, tous réunis autour de la table de la Commission de planification. Ces orientations se ramènent, au fond, à trois idées maîtresses que l'on retrouve en filigrane dans toutes nos actions : 1° renforcer notre recherche; 2° accroître la qualité de notre formation en continuant d'innover au plan pédagogique; 3° affirmer, construire et améliorer notre réseau, ce réseau qui imprime à notre université son caractère unique. »
C'est à
la Commission de planification que les chefs ont convenu des chantiers
de travail communs correspondant à des préoccupations
de tous les établissements. Les chantiers portent sur des
thèmes tantôt sectoriels (la foresterie, le développement
territorial et l'eau), tantôt beaucoup plus larges ou transversaux
(l'enseignement à distance, la mobilité étudiante,
la contribution institutionnelle au développement des territoires).
Dernier chantier pour le moment, un groupe de travail va repérer
les principaux secteurs d'enseignement et de recherche où
les établissements jouent un rôle de premier plan,
là où les ressources et les activités de
ces établissements ont le potentiel - si ce n'est déjà
accompli - d'atteindre ainsi une stature mondiale. Chaque chantier
est confié à un groupe de travail de trois, quatre
ou cinq chefs d'établissement, et présidé
par l'un d'eux. Au moment jugé opportun, les réflexions
ou propositions des groupes de travail seront ramenées
à la Commission de planification de manière à
élargir le débat. Voilà pour la mécanique.
« Encore une fois, a repris le président, c'est un programme ambitieux, mais comme le disait un membre de la NASA : " Il faut toujours viser très haut, viser la lune, parce que même si l'on n'atteint pas notre cible, on tombera parmi les étoiles ". »