RÉSEAU PRINTEMPS 2005 / Magazine de l'Université du Québec
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PROPOS RECUEILLIS PAR FABIENNE CABADO


COMMENT S'APPROPRIE-T-ON L'INFORMATION ?

Joachim ReinweinJoachim Reinwein
Professeur au Département de psycholinguistique de l'Université du Québec à Montréal

Je travaille depuis plus de 20 ans sur le rôle de l'illustration dans l'apprentissage de la lecture. Utilisé intelligemment en fonction des caractéristiques du texte, le visuel améliore la compréhension. Mais quand sa présence ne vise que la motivation du lecteur, il constitue une surcharge d'information qui détourne l'attention de l'essentiel. La surexploitation des techniques multimédias pour enrober les messages télévisés en est une bonne illustration. Dans ce contexte, le défi du psycholinguiste est d'identifier les fonctionnalités de la « parole visuelle » et d'y renoncer si elle n'a pas de contribution positive.

Les étudiants prennent de moins en moins de notes et ils utilisent de façon excessive le surligneur. C'est dommage... On croit qu'en surlignant l'information, on la comprend mieux, mais c'est le contraire.

Par ailleurs, la psycholinguistique des 20 dernières années a mis l'accent sur la métacognition. Par exemple, on considère bon lecteur celui qui est capable d'évaluer sa capacité de compréhension. Si on observe l'évolution des pratiques d'apprentissage, on remarque que les étudiants prennent de moins en moins de notes et qu'ils utilisent de façon excessive le surligneur. C'est dommage, car le crayon que l'on sort pour faire une synthèse permet de s'approprier activement ce qu'on entend ou ce qu'on lit. On croit qu'en surlignant l'information, on la comprend mieux, mais c'est le contraire. On ne fait que remettre à plus tard le travail d'appropriation.

Globalement, je dirais qu'aujourd'hui, on prend moins le temps d'approfondir les choses et que certaines habiletés en matière de recherche et de tri de l'information ne sont plus mises en pratique. On remarque aussi que ce ne sont plus les mêmes informations qui circulent: elles sont à la fois plus uniformes et plus superficielles.


L'UNIVERSITÉ : CHIEN DE GARDE DE LA DÉMOCRATIE

André MichaudAndré Michaud
Directeur du Service aux collectivités de l'Université du Québec à Montréal

Le Service aux collectivités de l'UQAM a fêté ses vingt-cinq ans l'automne dernier, ce qui représente un quart de siècle à supporter et outiller les groupes communautaires pour rendre leurs actions plus efficaces. Le Service aux collectivités de l'UQAM, grâce à des centaines de formations et de publications, a toujours eu une fonction d'éclaireur en matière de progrès social. Concrètement, nous mettons sur pied des formations à partir de demandes de citoyens engagés dans leur milieu. Nos projets en cours s'articulent autour de quatre grandes questions: la « pauvreté grise » et le dénuement grandissant chez les personnes âgées, la protection de l'environnement et le développement durable, les OGM et autres manipulations génétiques, et les modes de représentation politique.

Notre inquiétude porte sur la vision à court terme de nos dirigeants qui nous proposent un maillage public/privé comme si la loi du marché pouvait suffire à réduire les inégalités.

Ce qui nous inquiète, c'est la vision à court terme de nos dirigeants qui nous proposent un maillage public/privé, comme si la loi du marché pouvait suffire à réduire les inégalités. Nous remarquons aussi que de plus en plus, ce sont les élus qui sont consultés au détriment de la parole citoyenne. Selon nous, ce nouveau modèle de société constitue un danger pour la démocratie.

Ce qui nous donne de l'espoir, par contre, c'est la mobilisation des groupes. Parce que quand un gouvernement fait de la réingénierie, ça bouscule, ça inquiète, mais ça stimule aussi des énergies nouvelles pour combattre.

ERRATUM

Dans l'édition précédente de Réseau, nous mentionnions que monsieur Éric Bédard était professeur d'histoire au Département des sciences humaines de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Monsieur Bédard travaille plutôt à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR).

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