RÉSEAU Février 1997 / Magazine de l'Université du Québec
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PRIX D'EXCELLENCE EN GESTION

En 1996, l'Assemblée des gouverneurs de l'Université du Québec a remis ses Prix d'excellence en gestion, le Prix Réalisation et le Prix Carrière, à des administrateurs du réseau qui se sont distingués par leur contribution à l'avancement de l'institution. Un jury composé de trois membres de l'Assemblée des gouverneurs, d'un membre du Comité des ressources humaines et d'un membre de la Commission de l'administration avait la responsabilité d'examiner les candidatures et de proposer le ou les lauréats pour chacune des catégories. Le Prix Réalisation est doté d'une bourse de 10 000 $ tandis que celle du Prix Carrière est de 25 000 $.

Prix Réalisation : Bernard Demers et son équipe

L'Assemblée des gouverneurs a décerné le Prix Réalisation à Bernard Demers, doyen des études de 1er cycle à l'Université du Québec à Rimouski, ainsi qu'à son équipe de travail. Ensemble, ils ont mis sur pied un réseau de vidéocommunication qui permet la diffusion simultanée de cours universitaires sur l'ensemble du territoire de l'UQAR.

L'équipe de travail d'une dizaine de personnes, mise sur pied pour la réalisation de ce projet, repose sur une formule de partenariat entre l'UQAR, la compagnie Québec Téléphone et cinq cégeps du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de la Côte-Nord (La Pocatière, Rivière-du-Loup, Matane, Gaspé et Baie-Comeau). La petite équipe relevait ainsi un défi technologique d'envergure que bien des institutions de plus grande taille n'ont pas encore osé affronter.

Dans sa première phase, le réseau compte sept salles consacrées à l'enseignement à distance. Ses salles sont situées dans les cégeps et les bureaux régionaux de l'UQAR. Le réseau devenait ainsi le plus vaste du genre au Québec qui soit consacré exclusivement à l'enseignement. Le réseau a notamment permis à une soixantaine de personnes, de Lévis jusqu'à Gaspé, de recevoir simultanément une session de formation à laquelle elles n'auraient pas eu accès autrement.

Outre la mise en place des premiers jalons d'un réseau de vidéocommunication dédié à l'enseignement universitaire, le projet a permis à cinq cégeps du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie de se doter des équipements nécessaires pour, à leur tour, rendre leur enseignement plus accessible à la population.

Pour un établissement universitaire comme l'UQAR, qui doit offrir une formation à une population disséminée sur un vaste territoire, la formule s'avère intéressante à long terme. La vidéocommunication constitue également une réponse originale aux besoins de formation dans un contexte de contraintes financières.

Prix Carrière : Yvon Lussier

Pour le Prix d'excellence en gestion - Prix Carrière, l'Assemblée des gouverneurs a arrêté son choix sur Yvon Lussier, directeur du Bureau de la recherche institutionnelle à l'Université du Québec à Montréal.

Comme le nom du prix le suggère, celui-ci est décerné à un cadre au sommet de sa carrière qui a apporté une contribution significative à l'administration du réseau de l'Université du Québec. À ce titre, Yvon Lussier peut être considéré comme l'un des pionniers de la recherche institutionnelle au sein du réseau. S'appuyant sur sa formation de sociologue et d'administrateur, Yvon Lussier a implanté et structuré ce nouveau champ selon une approche sociologique, tant au Siège social qu'à l'UQAM.

La carrière d'Yvon Lussier dans le domaine de la recherche institutionnelle débute véritablement au ministère de l'Éducation, en 1966. Trois ans plus tard, il entre à la vice-présidence à la planification, au Siège social de l'Université du Québec. Il sera le premier directeur du Service de la recherche institutionnelle de cette vice-présidence. Après avoir créé une solide équipe de travail, il accepte, en 1978, le poste de directeur du Bureau de la recherche institutionnelle à l'UQAM.

Au cours de ces années, Yvon Lussier a participé à la conception d'outils de recherche et d'analyse, notamment des banques de données, qui ont permis d'approfondir nos connaissances du monde universitaire et, en particulier, des grands enjeux du développement de l'enseignement et de la recherche. Il a aussi collaboré généreusement avec tous les établissements qui ont fait appel à son expertise.

Yvon Lussier a toujours considéré que la recherche institutionnelle devait être au service de l'université, en lui fournissant justement les moyens dont elle a besoin pour prendre des décisions éclairées et se développer de manière optimale.

Gilles Drouin


MISSION EN FRANCE (UQ)

Une délégation du réseau de l'Université du Québec s'est rendue en France l'automne dernier afin de participer à un événement scientifique d'importance et d'établir une coopération avec une université française dans le domaine de la géographie.

À titre d'invitée d'honneur de la 7e édition du Festival international de géographie de Saint-Dié-Des-Vosges, une délégation de 10 personnes du réseau de l'Université du Québec est venue présenter la spécificité de l'école québécoise de géographie. La délégation était composée des professeurs Normand Brouillette et Laurent Deshaies, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Pierre Bruneau, de l'Université du Québec à Rimouski, Jean Carrière et Juan-Luis Klein, de l'Université du Québec à Montréal, Jules Dufour, de l'Université du Québec à Chicoutimi, Anne-Marie Séguin de l'Institut national de la recherche scientifique, ainsi que de Pierre Lapointe, directeur scientifique à la même institution, Angèle Tremblay, directrice générale des Presses de l'Université du Québec, de même que du soussigné, directeur associé aux relations internationales à l'Université du Québec.

Ce festival, qui a attiré plus de 50 000 personnes en 3 jours et qui est devenu un événement dans le domaine de la géographie en France, est constitué d'un volet scientifique, d'un Salon du livre, d'un Salon de l'infogéographie et d'un Salon de la gastronomie. Les sept professeurs ont présenté chacun plus d'une communication au volet scientifique et participé à une table ronde intitulé "Le Québec en Amérique du Nord : fragmentations et recompositions", table ronde qui devrait faire partie de la programmation de TV5 en 1997. Par ailleurs, certains professeurs membres de la délégation ont également fait la promotion, dans le cadre du Salon du livre, d'ouvrages qu'ils ont publiés récemment au Québec. Les Presses de l'Université du Québec avaient un stand où étaient présentées les dernières parutions reliées à la géographie ainsi qu'à des disciplines connexes, telles que le développement régional et les études urbaines. Au Salon de l'infogéographie, le professeur Jean Carrière a fait une présentation du nouvel Atlas de géographie du Québec sur support électronique qui sera bientôt disponible sur Internet.

La présence de l'Université du Québec fut rehaussée par la visite du délégué général du Québec en France, Marcel Masse, qui a participé à la séance d'ouverture du festival, ainsi que par une exposition de photos sur le Québec intitulée Québec, la belle Amérique.

La délégation s'est également rendue à l'Université Louis Pasteur de Strasbourg afin de jeter les bases d'une coopération avec cet établissement, en particulier dans le domaine de la géographie. De ces discussions s'est dégagé un consensus sur la volonté commune des participants de favoriser les échanges d'étudiants avec codirection de thèse, les échanges de stagiaires en géographie ainsi que l'échange de logiciels et de professeurs dans le domaine de la cartographie.

Cette mission a permis de mieux faire connaître l'Université du Québec et le Québec dans cette région de France et de favoriser les échanges d'étudiants et de professeurs en géographie avec les universités françaises et, en particulier, avec l'Université Louis Pasteur de Strasbourg.

Georges Arcand


LA GESTION DE PROJET A 20 ANS ! (UQ)

Quelque 200 personnes étaient réunies à Montréal le 21 novembre dernier pour souligner le 20e anniversaire de la maîtrise en gestion de projet. Pour l'occasion, l'Université du Québec avait organisé un colloque sur le thème "L'apport de la gestion par projet dans les organisations de l'an 2000".

Paule Leduc, rectrice de l'Université du Québec à Montréal, a pris la parole lors de l'ouverture du colloque. Par après, Réjean Lefebvre, professeur à la maîtrise en gestion de projet à l'Université du Québec à Hull, a animé une table ronde à laquelle participaient des représentants de Bell Canada, d'Hydro-Québec, de l'Agence canadienne pour le développement international, de DMR, du Cirque du Soleil et de la Régie des installations olympiques.

En présentant leur expérience respective, tous les invités ont souligné le rôle stratégique de la gestion par projet dans leur organisation. Cette approche constitue un excellent moyen de gérer le changement. Dans le contexte actuel, où chaque organisation doit s'adapter à un environnement qui évolue de plus en plus rapidement, une solide formation en gestion de projet devient un atout indispensable pour l'administrateur. D'ailleurs, la revue américaine Fortune a récemment proclamé la gestion de projet comme la profession du 21e siècle !

Créé en 1976, le programme de maîtrise en gestion de projet de l'Université du Québec est un des deux seuls au monde à recevoir l'accréditation du Project Management Institute, une association de professionnels mise sur pied en 1969. Le PMI compte aujourd'hui quelque 25 000 membres. "À l'époque, raconte Pierre-Michel Ménard, responsable du programme pour le réseau de l'Université du Québec, il s'agissait, à la demande du ministère de l'Éducation, d'offrir aux ingénieurs et aux architectes un complément de formation de façon à améliorer leur compétitivité sur la scène internationale."

Depuis, l'Université du Québec a décerné plus de 1 200 diplômes de maîtrise en gestion de projet. En 1976, seuls les établissements de Trois-Rivières et de Chicoutimi offraient le programme. Aujourd'hui, il est possible de s'inscrire auprès de cinq autres établissements du réseau de l'Université du Québec : Montréal, Hull, Abitibi-Témiscamingue, Rimouski, ainsi qu'à l'École de technologie supérieure. L'UQAM est la seule à offrir le programme à temps plein.

Au départ, il faut dire que la maîtrise s'inspirait beaucoup du programme de MBA. "Au cours des années, explique Pierre-M. Ménard, les responsables ont conçu des cours spécifiques à la gestion de projet, si bien qu'en 1986-1987, le programme ne comportait plus que des cours exclusifs au domaine." Le programme a connu un autre changement important en 1995 avec l'ajout de cours de concentration qui complètent le bloc de cours obligatoires. "Cette dernière modification visait à mieux répondre aux besoins d'une clientèle de plus en plus diversifiée", explique le responsable. En effet, si le programme a d'abord été conçu pour les ingénieurs et les architectes, cette clientèle ne représente plus aujourd'hui que le tiers des inscrits. "Nous accueillons notamment un bon nombre d'informaticiens", précise M. Ménard.

Toutefois, n'entre pas qui veut au programme de maîtrise. Il faut détenir un baccalauréat spécialisé et une expérience minimale de trois ans dans un "environnement projet". Le programme est aussi contingenté de façon à assurer une grande qualité d'encadrement. "Ce qui fait que le nombre d'inscriptions est relativement stable", constate le responsable réseau. C'est d'ailleurs pour ouvrir le programme à une plus large clientèle qu'un programme court de 15 crédits à été instauré récemment. "Les gens s'inscrivent à ce programme court à temps partiel, explique Pierre-M. Ménard, pendant qu'ils acquièrent l'expérience de travail nécessaire pour entrer à la maîtrise."

Prêchant par l'exemple, le programme en gestion de projet s'adapte constamment aux besoins changeants de sa clientèle. Ainsi, dès l'automne 1997, il sera possible de s'inscrire à une maîtrise avec un profil recherche. Actuellement, le programme est de 45 crédits, sans dépôt de mémoire. "Nous sommes aussi en train de préparer un programme de doctorat qui serait offert conjointement avec un consortium d'universités françaises", annonce Pierre-M. Ménard. Décidément, l'Université du Québec est déterminée à faire en sorte que la gestion par projet devienne une voie incontournable pour mieux répondre aux défis du changement.

Gilles Drouin

Page couv., vol. 28, no 5, fév. 1997 RETOUR