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Orgue de tribune / Gallery Organ
Orgue de choeur / Chancel organ
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En 1852, le cardinal Marie-Dominique-Auguste Sibour, archevêque de Paris, demande la concession du terrain situé à l'emplacement de l'hôtel des "menus plaisirs du roi", disparu en 1830, pour y ériger une église. La paroisse Saint-Eugène est créée le 6 mars 1854 et la pose de la première pierre a lieu en juin 1854. Les plans de l'église ont été élaborés par l'architecte Louis-Auguste Boileau. L'édifice, construit dans le style du XIIIe siècle, utilise la fonte et le fer pour les piliers et les nervures. Cette utilisation, dans le cadre d'un édifice religieux, est une première en France.
L'édifice mesure 50 m de long par 25 m de large. La hauteur de la nef principale est de 23 m alors que celle des nefs latérales est de 15 m. Les colonnes de la nef, en fonte creuse, sont de 30 cm de diamètre et de 2 cm d'épaisseur. La façade se compose d'une haute muraille, divisée en cinq parties par des contreforts et dessinant exactement la forme de l'édifice. Au centre, une porte avec voussure et tympan sculpté; en dessus d'elle, un gâble bordé de crochets, puis une rose et enfin le pignon de la grande nef que domine une statue d'ange. Deux petites portes flanquent, à droite et à gauche, la porte principale; elles sont surmontées, à la hauteur de la voussure de celle-ci, d'une galerie à jour. Les compartiments qui suivent sont ornés d'arcatures, de statues et de deux longues fenêtres. Les côtés de l'église présentent toute une série de pignons. Chacun de ces pignons est percé de deux fenêtres et d'une rosace.
À l'intérieur, le plan de l'église présente trois nefs et deux collatéraux surmontés de tribunes en fonte peintes et dorées; les trois nefs se terminent par trois absides; l'abside centrale pour la maître-autel et les deux autres pour les chapelles de la Vierge et de Saint-Eugène. Les fenêtres et les roses sont toutes occupées par des verrières, oeuvres de Antoine Lusson et de Laurent Gsell. À l'éclat des verrières se jonit celui des peintures qui recouvrent toutes les parties de l'église. Les colonnes sont bleu acier et bronze florentin, les arcs et les nervures sont également riches de teintes, les voûtes sont semées d'étoiles.
Le chanoine Coquand, Secrétaire Général de l'Archevêché de Paris, prend ses fonctions comme premier curé de la paroisse le 27 décembre 1855, jour de l'inauguration et de la bénédiction de l'église. En raison de problèmes financiers, la ville de Paris achète l'église le 28 avril 1859.
En 1952, le chanoine Bony, curé de la paroisse, demande à Rome l'autorisation de donner à l'église un second vocable, celui de Sainte-Cécile, patronne des musiciens, en raison de sa proximité du Conservatoire de musique.
En 1987, l'église est restaurée et, le 1er octobre 2000, le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, célèbre la dédicace de l'église et la bénédiction du carillon.
L'orgue
Le grand orgue a été construit par la société en commandite J. Merklin-Schutze & Cie., en 1854-55. Cette entreprise, alors totalement inconnue en France, était installée à Ixelles-lez-Bruxelles (banlieue sud-est de Bruxelles, près de la Porte de Namur) en Belgique. Son directeur, le badois Joseph Merklin (1819-1905), venait cependant de réaliser une opération commerciale assez étonnante: depuis le 12 janvier 1855, son entreprise était devenue propriétaire de l'ancienne maison Daublaine-Callinet de Paris.
Le caractère publicitaire et mondain de l'Exposition Universelle de Paris, inaugurée le 15 mai 1855, incite Joseph Merklin à présenter l'instrument dans la section belge. C'est également l'occasion pour la société J. Merklin-Schutze & Cie. de s'imposer en France et d'informer la clientèle de sa fusion avec la maison Daublaine-Callinet. Les objectifs fixés sont atteints, un très grand nombre d'organistes et de musiciens jouent et entendent l'instrument; la société J. Merklin-Schutze & Cie. obtient une médaille de première classe, la grande médaille d'honneur revenant à la Maison Cavaillé-Coll, et son directeur Joseph Merklin reçoit la décoration de Chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique.
Lorsque l'Exposition Universelle ferme ses portes le 15 novembre 1855, l'instrument est provisoirement démonté dans l'attente de l'inauguration de la nouvelle église Saint-Eugène. Dès le début de 1856, les employés de la "maison Merklin" se mettent aussitôt au travail. L'instrument terminé est inauguré le 9 mai 1856, par Georges Schmitt, organiste de l'église Saint-Sulpice, Renaud de Vilbac, organiste titulaire de la paroisse, Monsieur Wakenthaler, et plusieurs élèves de l'École Niedermeyer.
Le 14 mai, Pierre-Louis Dietsch, François-Joseph Fétis, Adrien De La Fage, Louis Niedermeyer et Joseph D'Ortigue procèdent à l'expertise; le rapport, rédigé par Adrien De La Fage, est aussitôt édité chez Henri Plon.
Tous les sommiers de l'instrument sont à pistons, y compris les sommiers de la Pédale. C'est une nouvelle génération de sommiers qui se caractérise par une alimentation individuelle des tuyaux ainsi, chaque tuyau possède sa propre soupape. Joseph Merklin avait appris la construction des "kegellade" auprès de Eberhard Friedrich Walcker à Ludwigsburg pendant sa période d'apprentissage. La traction de l'orgue est entièrement mécanique, le récit tire une machine Barker d'un modèle original et sur laquelle est branchée la machine d'accouplements. Voilà pourquoi les accouplements s'effectuent de bas en haut, le récit étant le clavier totalisateur.
Cette particularité n'avait pas échappé aux membres du Jury de l'Exposition Universelle, qui, par ailleurs, avaient clairement analysé le caractère novateur de l'instrument:
«L'orgue de Messieurs Merklin Schutze & Cie est une alliance des systèmes allemands et français perfectionnés. Bien que composé de trente-trois jeux, répartis sur les quatre divisions, sa puissance sonore est considétable parce qu'elle résulte du bon caractère des timbres et de la juste proportion établie entre eux.»
L'instrument n'est pas sans rappeler le grand orgue de la Cathédrale de Murcie en Espagne (63 jeux répartis sur quatre claviers et pédalier) dont il apparaît comme une «réduction». Enfin, le buffet, en osmose parfaite avec l'édifice qui l'entoure, a été dessiné par M. Boileau, architecte de l'église.
Puissent ces quelques lignes convaincre les organistes du caractère hautement historique de cet orgue tout à fait exceptionnel; il symbolise l'arrivée de Joseph Merklin en France et constitue un maillon essentiel, malheureusement rare, de l'histoire de la facture d'orgues en Europe au milieu du XIXè siècle.
Michel Jurine
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On a site where stood an hotel, torn down in 1830, Marie-Dominique-Auguste Cardinal Sibour, archbishop of Paris, asked, in 1852, for the granting of the lot in order to build a church. The parish was established on March 6, 1854 and the first stone was laid in June 1854. The building was designed, in the 13th-century style, by architect Louis-Auguste Boileau. For the first time in the construction of religious buildings in France, casting and iron were used in pillars and flanges.
The church is 50 m long by 25 m large. The main nave is 23 m high while the lateral naves are 15 m high. The pillars of the nave, in cast iron, are 30 cm in diameter by 2 cm thick. The façade is a high wall divided into five sections by butteresses tracing the exact shape of the building. In the center, a door with sculpted arch moulding and tympanum; above it, a gable bordered by hooks, a rose window and the gable of the main nave topped by the statue of an angel. The main door is flanked by two small doors topped by an open gallery. The other sections have arcatures, statues, and two high windows. The sides of the church present a series of gables. Each one has two windows and a rose window.
Inside the church, there are three naves and two side aisles topped by painted and gilded galleries; the three naves end with three apses; the high altar is located in the main apse while the two others are for the Virgin chapel and St. Eugene chapel. The windows and rose windows all contain stained glass, made by Antoine Lusson and Laurent Gsell. To the brightness of the stained-glass windows, large paintings are on every wall of the church. The pillars are painted steel blue and Florentine bronze, the arches and the flanges are also brightly painted while the vaults are star-studded.
Canon Coquand, Secretary General of Paris Archbishopric, was appointed as the first parish priest and took office on December 27, 1855, on inauguration day of the church. Due to financial difficulties, the city of Paris purchased the building on April 28, 1859.
Because the church is located near the Conservatory of Music, the parish priest, Canon Bony, asked Rome, in 1952, to grant St. Caecilia, the patroness of musicians, as second patronage to the church.
In 1987, the church was restored and, on October 1st, 2000, Jean-Marie Cardinal Lustiger, archbishop of Paris, proceeded with the consecration of the church and the blessing of a carillon.
L'orgue
The gallery organ was built by Merklin-Schultze & Co. in 1854-55. This organ building firm, at the time totally unknown in France, was operating from Ixelles-lez-Bruxelles (south-western suburb of Brussels, near the Namur Door) in Belgium. His manager, Joseph Merklin (1819-1905), had just completed, on January 12, 1855, the acquisition of the old organ building firm of Daublaine-Callinet of Paris.
The public relations nature of the Paris World Fair, inaugurated on May 15, 1855, encouraged Joseph Merklin to enter the instrument as a Belgian instrument in the competition. It was the occasion for the organ building firm to make a name for itself in France and to inform his clients about his acquisition of the Daublaine-Callinet firm. The objectives were met because many organists had the chance to play and hear the instrument. The Merklin-Schultze firm was awarded a First Class Prize while Cavaillé-Coll received the First Grand Prize. Personally, Joseph Merklin was awarded the title of Knight of the Leopold Order of Belgium.
When the Paris World Fait ended on November 15, 1855, the instrument was dismantled and temporarily stored awaiting for its installation in St. Eugène church. Very early in 1856, Merklin employees were busy installing the instrument which was inaugurated on May 9, 1856 by Georges Schmitt, organist in St. Sulpice, Renaud de Vilbac, parish organist, Mr. Wakenthaler and by many students of Niedermeyer School.
On May 14, Pierre-Louis Dietsch, François-Joseph Fétis, Adrien De La Fage, Louis Niedermeyer, and Joseph D'Ortigue received the instrument. The report, prepared by Adrien De La Fage, was published by Henri Plon.
All windchests are cone-valve chests, including the ones for the Pedal division. It is a new generation of windchests characterized by the individual pipe wind supply, each pipe having its own valve.
Joseph Merklin learned about cone-valve windchests from Eberhard Friedrich Walcker of Ludwigsburg during his appprentice years. The action of the organ is totally mechanical. A special Barker machine is used on Récit division on which the coupler machine is linked. It is the reason why the coupling is done from bottom to top keyboard, the Récit manual being the accumulating keyboard.
This distinctive feature had been noted by the jury at the World Fair and was analyzed as follows:
The Merklin-Schutze instrument is a combination of both German and French advanced systems. The power of this 33-stop 4-division instrument is significant because it is the result of the good character of sound and the right proportion between the various voices.
This instrument evokes the one in Murcia Cathedral, in Spain, (63 stops over 4 manuals and pedal) of which it appears to be a "miniature". The organ case, in perfect osmosis with the surrounding building, was designed by Louis-Auguste Boileau, the church architect.
This exceptional and highly historical organ symbolises Joseph Merklin's arrival in France and is an essential link, unfortunately rare, in the organ building history in Europe in mid 19th century.
I. Grand-Orgue |
II. Positif |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Dulciana | 8' | |
| Principal | 8' | Bourdon | 8' | |
| Montre | 8' | Prestant | 4' | |
| Flûte ouverte | 8' | Octavin | 2' | |
| Corne de chamois | 8' | Bombarde | 16' | |
| Flûte octaviante | 4' | Trompette | 8' | |
| Prestant | 4' | Clairon | 4' | |
| Doublette | 2' | |||
| Plein Jeu | IV | |||
III. Récit |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Contrebasse | 16' | |
| Flûte harmonique | 8' | Soubasse | 16' | |
| Dolce | 8' | Flûte | 8' | |
| Viole de gambe | 8' | Flûte | 4' | |
| Flûte harmonique | 4' | Bombarde | 16' | |
| Salicional | 4' | Trompette | 8' | |
| Cornet | II-IV | Clairon | 4' | |
| Cor anglais | 16' | |||
| Trompette | 8' | |||
| Voix humaine | 8' | |||
I. Grand-Orgue |
II. Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | Gambe | 8' | |
| Bourdon | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Flûte harmonique | 8' | Flûte octaviante | 4' | |
| Prestant | 4' | Trompette | 8' | |
| Plein-jeu | III | Voix humaine | 8' | |
| Trompette | 8' | Clairon | 4' | |
Pédale |
|
|---|---|
| En tirasse permanente Permanent pull-down |
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