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Tribuot 1699 / Aubertin 1991
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Seurre est une petite ville de Bourgogne située à mi-chemin entre Dole et Beaune, au confluent de deux bras de la Saône. Seurre est la ville d'origine de Jacques-Bénigne Bossuet, homme d'église, prédicateur et écrivain français (1627-1704).
L'église, de style ogival, a été construite à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe et plusieurs fois remaniée. Elle occupe l'emplacement d'une église romane antérieure. Des chapelles latérales ont été ajoutées au XVe siècle et dans la première moitié du XVIe siècle. La première chapelle à droite date de 1411. La troisième chapelle à gauche date de 1501 et comporte les marques des familles Bossuet et Berbis. Le choeur de l'église a été reconstruit et prolongé par une abside monumentale en 1655.
Le clocher a été reconstruit de 1741 à 1743 par Jean Thomas, architecte à Chalon-sur-Saône. À l'origine, le toit du clocher était pointu et il existait un deuxième petit clocher avec une horloge au dessus de la rosace. Ils furent incendiés pendant les guerres de religion et reconstruits. Sur le carré du transept, un clocher octogonal fut adjoint au XVIIIe siècle.
La deuxième chapelle à gauche a été construite en 1862. Des travaux de réparation et de consolidation de l'église ont eu lieu dans les années 1880-1881. C'est de cette époque que datent les trois grandes et très belles verrières du choeur.
La façade est grandiose. Le portail date de 1880. Une tourelle de briques vernissées coiffée d’un toit à sculptures de pierre enjolive la façade. Elle abrite l’escalier permettant d’accéder à la tribune de l'orgue et au clocher. Un auvent supporté par des colonnettes de pierres abritait la porte primitive d’une grande richesse de détails et d’une remarquable finesse d’exécution, endommagée pendant la Seconde guerre mondiale. La rosace mesure 6 mètres (20 pieds) de diamètre. Elle est composée d’un motif de fleur à 12 pétales en verre légèrement coloré.
Au plan technique, l'édifice est en calcaire, pierre de taille, brique et pans de bois. C’est une construction en frênes de trois couleurs (ocre, blanc et rose), qui donnent à l’ensemble une agréable luminosité. Les parties en briques sont recouvertes d’un enduit. La couverture est en tuile plate et en ardoise. La voûte est en ogives, avec des clefs de voûte.
La chaire date de 1705. Les stalles et les boiseries sont de la même époque. L’autel est en marbre. Les trois grandes verrières de l’abside datent de 1880 et représentent, à gauche, la promesse annoncée par les Prophètes; au centre, la mort du Christ et les enseignements à en tirer; à droite, le perfectionnement à tirer de l'enseignement chrétien. Le choeur abrite aussi les sculptures de deux personnages en bois doré, placés de chaque côté de la fenêtre centrale, représentant l’Annonciation ainsi qu'une vierge bourguignonne du XVIe siècle.
Un bateau ex-voto, qui serait l’emblème d’une corporation des bateliers et pêcheurs de la Saône, est suspendu dans l'église. Le voilier représenté est sans aucun rapport avec la navigation fluviale sur la Saône, car c’est un trois mâts franc, vaisseau de guerre dans la tradition des XVIIe et XVIIIe. La date de 1842 est peinte sur le gouvernail.
Le clocher abrite un carillon qui se compose aujourd’hui de 47 cloches dont certaines sont très anciennes. Ce carillon a été fondu par la firme Paccard d’Annecy.
L'église est classée « monument historique » depuis le 3 juin 1927.
L'orgue
Cet instrument, achevé en octobre 1699 par Julien Tribuot (facteur d'orgue parisien d'origine bourguignonne), est d'abord installé en l'abbaye cistercienne de Maizières, proche de Beaume et de Châlon, en Saône-et-Loire. La notoriété de Julien Tribuot, acquise dès la fin de ces travaux, lui vaut de réaliser, pour le roi Louis XIV, à peine dix années plus tard (vers 1708), au côté du célèbre Robert Clicquot, l'orgue de la Chapelle Royale de Versailles.
Lors de la Révolution, en 1791, l'abbaye est en partie détruite et ses biens sont vendus comme biens nationaux. La paroisse de Seurre profite de l'occasion pour acheter l'orgue. Celui-ci est alors démonté puis remonté, dans l'église de Seurre, par le facteur Bénigne Boillot, de Dijon, qui effectue certaines modifications pour le mettre un peu à la mode.
L'orgue semble rester tel quel jusqu'en 1866 bien que des travaux auraient pu être effectués par le facteur Chavan en 1824. En 1866, une intervention plus radicale est entreprise par les facteurs Verschneider qui introduisent d'autres jeux à la mode en supprimant des jeux d'origine.
En 1923, le facteur Boissier révise et nettoie entièrement l'orgue. Il met le Clairon du Grand-Orgue au Positif à la place de la Voix humaine pour installer, derrière la Trompette du Grand-Orgue, un Unda maris en zinc de facture industrielle. C'est peut-être à cette date que disparaît l'octave grave du Cromorne du Positif, échangée, paraît-il, contre une barre de fer.
En 1948, l'orgue endommagé par l'abandon et abîmé par l'explosion du pont sur la Saône qui a soufflé la rosace, est relevé et modifié par les Établissements Merklin, de Lyon. Depuis cette date, Philippe Hartmann, de Rainans, suivi des facteurs Jean Deloye et Jean-François Muno, ont entretenu, dans la mesure du possible, le pauvre orgue en maintenant tant bien que mal la chose en vie.
En 1985, la restauration complète de l'instrument est confiée au facteur Bernard Aubertin. Le démontage laisse apparaître un certain nombre de surprises : jeux mélangés, décalés, etc. Le travail de restauration a consisté principalement à sauvegarder la substance d'origine. Les travaux de reconstruction affectent l'arrière des buffets, la console, le soubassement du buffet principal ainsi que le plancher et le plafond du Positif. Deux nouveaux soufflets cunéiformes sont construits en chêne et placés sur une charpente prévue pour trois. Les sommiers ont été réparés, étanchés et remis en peau. Les nouveaux sommiers pour la pédale sont replacés dans les grandes tourelles. Les quatre claviers sont neufs et conformes aux débris des originaux de 1699. Toute la tuyauterie a été entièrement restaurée et complétée là où nécessaire. Les jeux complètement disparus ont été reconstruits selon les méthodes anciennes. Les travaux ont terminés en 1991.
Cet instrument est un rare témoin (miraculeusement conservé à 80%) de la facture d'orgues française de la toute fin du XVIIe siècle: c'est donc un chef-d'oeuvre de l'école française illustrée par des compositeurs comme de Grigny, Couperin, Boyvin, Raison, Nivers, et Jullien. Le buffet ainsi que la partie instrumentale de l'orgue sont classés « monument historique » depuis le 9 février 1976.
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Seurre is a small city in Burgundy located midway between Dole and Beaune, in the confluence of two branches of the Saône. Seurre is the native city of Jacques-Bénigne Bossuet, French cleric, preacher and writer (1627-1704).
The ogival-shaped church was built at the end of the 13th century or at the beginning of the 14th century and was altered several times. It occupies the site of a previous Romanesque church. Lateral chapels were added in the 15th century and in the first half of the 16th century. The first chapel on the right side dates from 1411. The third chapel to the left side dates from 1501 and includes hallmarks of Bossuet and Berbis families. The chancel was rebuilt and a monumental apse is added in 1655.
The bell tower was rebuilt between 1741 and 1743 by Jean Thomas, an architect from Chalon-sur-Saône. Originally, the roof of the bell tower was pointed and there was a second small bell tower with a clock above the rose window. They were burned down during the wars of religion and rebuilt. in the 18th century, an octagonal bell tower was built on the transept crossing.
The second chapel to the left was built in 1862. Repairs and reinforcement works were carried out on the church in 1880-1881. The chancel's three large stained glass windows are also from the same period.
The facade is grandiose. The portal dates from 1880. A turret of glazed bricks topped by a roof with stony sculptures adorns the facade. It houses the staircase leadint to the organ loft and to the bell tower. A canopy supported by stony small columns sheltered the original richly decorated front door damaged during the Second World war. The rose window is 20 feet (6 metres) in diameter. It has the shape of a flower with 12 lightly coloured glassy petals.
Technically speaking, the building is built with limestone, paleolith, brick and wood. It is a building with three coloured ashes (ochre, white and pink), which give brightness to the building. Brick sections are covered with a coating. The roof is covered with flat tile and slate. The diagonal rib vault has keystones.
The pulpit dates from 1705. Stalls and wood panellings are the same period. The altar is marble. The three large stained glass windows in the apse date from 1880 and represent, from the left, the promise announced by Prophets; then in the centre, Christ's death and the ensuing teachings; and finally, the improvement coming from christian education. The chancel also houses two golden wooden sculptures, represent the Annunciation, located on either sides of the central window and a Burgundian virgin from the 16th century.
A ex voto boat, which would be the insignia of a corporation of boatmen and fishers of the Saône, is hung in the church. The depicted sailing boat is without any relationship with fluvial navigation on the Saône, because it is a French three masts, a war vessel in the tradition of the 17th and 18th centuries. The date of 1842 is painted on the rudder.
The bell tower house a 47-bell carillon. Some bell are very old. It was cast by Paccard from Annecy.
The church is classified as "historical monument" since June 3rd, 1927.
The Organ
This instrument, completed in October 1699 by Julien Tribuot (a Parisian organbuilder of Burgundian origins), is first installed in the Cistercian abbey of Maizières, near Beaume and Châlon, in Saône-et-Loire department. Julien Tribuot's fame, acquired from the days this instrument is completed, leads him to work, for King Louis XIV, barely ten years later (by 1708), next to famous Robert Clicquot, on the organ in the Royal Chapel of Versailles.
During the Revolution, in 1791, the abbey is partly destroyed and its assets is sold as national property. The Seurre parish seizes that opportunity to buy the organ whish is then disassembled then reinstalled, in the church of Seurre, by organbuilder Bénigne Boillot, from Dijon, who introduces certain modifications to bring the instrument to the tastes of the day.
Apparently, the organ remained unchanged until 1866 although works might have been carried out by organbuilder Chavan in 1824. In 1866, a more radical intervention is undertaken by organbuilders Verschneider who introduce new fashionable stops by removing original stops.
In 1923, organbuilder Boissier revises and completely cleans the organ. He moves the Clairon from the Grand-Orgue to the Positif replacing the Voix humaine to install, behind the Trompette of the Grand-Orgue, an industrial produced Unda maris made of zinc. It is believed that the removal of the lower octave of the Cromorne of the Positif and its trading for an iron bar, may have occurred on the same occasion.
In 1948, the organ damaged by neglect and by the explosion of a bridge over the Saône which shattered the rose window, is restored and modified by the Merklin organbuilding firm, from Lyons. From that time, Philippe Hartmann and later on, organbuilders Jean Deloye and Jean-François Muno, took charge of the instrument trying to prolong, within the bounds of the possibility, the life of the ailing organ.
In 1985, the complete restoration of the instrument is entrusted to organbuilder Bernard Aubertin. The dismantling reveals a certain number of surprises: mixed stops and reracked pipework, etc. The restoration's main concern is to preserve the original material. Reconstruction work is done in the back of the organcases, on the console, the basement of the main organcase as well as on the floor and ceiling of the Positif. Two new wedge-shaped oak bellows are installed on a structure planned to house three. Winchests are repaired, waterproofed et releathered. New winchests for the Pedal division are installed in the large turrets. The four new keyboards are built based on the remnants of the 1699 original ones. All the pipework has been restored and completed where necessary. Discarded stops are rebuilt using ancient methods. The restoration is completed in 1991.
This instrument is a rare witness (miraculously 80% preserved) of the French organbuilding aesthetics from the end of the 17th century: it is therefore a masterpiece from the French organ school to which compositors such as de Grigny, Couperin, Boyvin, Raison, Nivers, and Jullien contributed. The organcases as well as the instrumental components of the organ are classified as "historical monument" since February 9th, 1976.
I. Positif de dos |
II. Grand-Orgue |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon à cheminée | 8' | Montre | 8' | |
| Montre | 4' | Bourdon à cheminée | 8' | |
| 1Flûte à cheminée | 4' | Prestant | 4' | |
| Nazard | 3' | Nazard | 3' | |
| Doublette | 2' | Doublette | 2' | |
| 1Tierce | 1 3/5' | 1Tierce | 1 3/5' | |
| Cymbale 2/3' | IV | Fourniture 1' | III | |
| Cromorne | 8' | Cymbale 1/2' | II | |
| 1Voix humaine | 8' | Cornet | V | |
| 1Trompette | 8' | |||
| 1Clairon | 4' | |||
III. Récit |
IV. Écho |
|||
|---|---|---|---|---|
| Cornet | V | Cornet | V | |
Pédale |
|
|---|---|
| 1Flûte | 8' |
| 1Trompette | 8' |
| 1Clairon | 4' |
| 1 | Jeux neufs, totalement ou en partie / Completely or partially new stops |