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Schwenkedel, 1967
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Les Actes des évêques du Mans rapportent que saint Thuribe aurait, au Ve siècle, organisé un premier lieu de culte sur la rive gauche de la Sarthe. Au IXe siècle, cette propriété passe à l'administration laïque. Elle est retournée à sa vocation de monastère, par une charte datée, par conjecture, du 12 octobre 1010, et est une fondation de l'abbaye Saint-Pierre de la Couture du Mans.
En 1425, au cours de la guerre de Cent Ans, le prieuré est détruit, par les Anglais. Aussitôt après, la générosité des bienfaiteurs seconde le zèle de prieurs qui travaillent à relever la situation puis donnent à leur maison un développement remarquable. Philibert de la Croix voûte la sanctuaire vers 1475. Entre 1486 et 1495, Cheminart construit le clocher. Bougler, dès 1532, a terminé le voûtement de l'église, l'aménagement du sanctuaire, et entrepris la décoration de la Belle-Chapelle qu'il poursuivra jusqu'en 1553. L'entrée du prieuré dans la congrégation de Saint-Maur, en 1664, l'a marqué durablement; phase d'essor précédant la récession finale que représente sa vente comme bien national en 1791.
À la nouvelle de l'imminente démolition du prieuré de Solesmes, en 1831, un jeune prêtre, Prosper Guéranger (1805-1875) a l'idée de s'en porter acquéreur pour y reprendre la vie bénédictine. Il parvient, avec l'encouragement de son évêque, à réunir une communauté de moines soucieux de vivre selon l'idéal de saint Benoît. Il s'y installe, avec trois compagnons, le 11 juillet 1833. Érigé en abbaye sous l'autorité de Dom Guéranger, par le pape Grégoire XVI, le 1er septembre 1837, le monastère devient l'éminent berceau de la renaissance bénédictine et prend la tête de la congrégation de France. L'entreprenant abbé remet en état les bâtiments du prieuré et l'église, et restaure la liturgie et le chant grégorien, dont Solesmes est toujours le fervent défenseur.
Les décrets du 29 mars 1880 prétendent soumettre les religieux à des conditions d'exception inacceptables, conduisant en fait à la dissolution qui frappe la plupart des congrégations d'hommes en France. En une longue et mémorable journée, le 6 novembre, les moines de Solesmes et leur abbé, Dom Charles Couturier, font l'objet d'une expulsion spectaculaire. Pendant une quinzaine d'années, les moines vivent loin de leur monastère. Ils y retourneront le 23 août 1895 sous la gouverne de leur nouvel abbé, Dom Paul Delatte depuis 1890.
La croissance de la communauté monastique rend nécessaire la construction de nouveaux bâtiments: on bâtira, grandement et rapidement. En 1896, dom Mellet, l'architecte venu de Rennes, commence l'aile imposante qui surplombe la rivière. Le nouveau réfectoire sera inauguré en 1898. Ces années pacifiques prennent fin brusquement le 1er juillet 1901. La loi sur les association, en réalité une loi contre les congrégations, oblige les moines à préférer l'exil. Ils quittent Solesmes le 20 septembre pour la liberté que leur offre l'Angleterre. L'abbaye de Solesmes est rachetée par le Marquis de Juigné, un généreux ami de l'abbaye, dans l'espoir de jours meilleurs.
Dès son élection en 1921, le nouvel abbé, dom Germain Cozien, estime que les conditions politiques se prêtent à un retour en France. Il ramène la communauté à Solesmes dès l'année suivante et rapidement les nouvelles vocations affluent. Après des travaux d'entretien nécessaires après cette longue absence, l'architecte dom Bellot débute, en 1935, la construction de la bibliothèque et du nouveau cloître, lesquels seront prêts pour le centenaire de la congrégation, solennellement célébré en 1937. Puis vint la guerre, ne laissant au monastère que quelques anciens et exemptés du service militaire. En 1940, trois moines tombèrent au front et plusieurs dizaines furent faits prisonniers dans les armées. La paix retrouvée, les prisonniers revinrent et la vie conventuelle reprit avec vigueur.
L'église abbatiale se métamorphose au cours des ans. De la première église romane subsistent deux grandes arcades proches du transept et la base du clocher. À l'époque flamboyante, l'allongement de la nef vers l'ouest place curieusement ce dernier au milieu du vaisseau. La hauteur des voûtes montées au XVe siècle et l'épaisseur des murs qui portent l'ancien clocher remanié accusent l'étroitesse de la nef. La suppression des bas-côtés primitifs, remplacés au XIXe siècle par des chapelles trapues, renforce l'impression de faible largeur. En dépit des fenêtres hautes au remplace flamboyant, la nef paraît sombre. Au-delà du transept, le choeur des moines, couvert d'un crépi clair, est dilaté par l'intense lumière que dispenses les fenêtres des quatre travées de bas-côtés qui logent les stalles.
L'orgue
L'instrument a été construit, en 1967, par Curt Schwenkedel, maître-facteur d'orgues de Strasbourg, d'après les plans de Georges Lhote qui est aussi l'auteur du buffet. L'harmonisation est l'oeuvre de Laurent Steinmetz.
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The Acts of the bishops of Mans report that St Thuribe would have, in the 5th century, organized a first place of worship on the left bank of the Sarthe. In the 9th century, this property passes to lay administration. It went back to its monastery vocation, by a charter, by guess-work, dated October 12th, 1010, and is a foundation of the St. Pierre de la Couture Abbey of Mans.
In 1425, during the Hundred Years War, the priory is destroyed, by the British army. Soon after, thanks to benefactors and the priors' fervour, the priory is rebuilt followed by a remarkable development. Around 1475, the vault in the chancel is built by Philibert de la Croix. Between 1486 and 1495, Cheminart builds the bell tower. From 1532, Bougler completes the church vault, the chancel layout, and undertakes the decoration of the Belle-Chapelle which will go through until 1553. The admission of the priory in the St. Maur congregation, in 1664, will permanently mark the priory; it is a period of development preceding the final recession represented by its sale as a national asset in 1791.
In 1831, the news of the imminent destruction of the Solemnes priory causes a young priest, Prosper Guéranger (1805-1875), to plan its purchase and to bring back the Benedictine way of life. He manages, with the encouragement from his bishop, to bring together a group of monks anxious to live according to the St. Benoït's rule. He sets in with three companions on July 11th, 1833. Established as an abbey under the authority of Dom Guéranger, by the pope Gregory XVI, on the September 1st, 1837, the monastery becomes the distinguished cradle of Benedictine revival and becomes the leader of the congregation in France. The enterprising abbot repairs the priory buildings and the church, and restores liturgy and Gregorian chant which Solesmes is the fervent defender.
The March 29th, 1880 decrees pretend to subject the monks to unacceptable conditions of exception, leading in fact to the dissolution of many men's congregations in France. In long and unforgettable day, on November 6th, the monks of Solesmes and their abbot, Dom Charles Couturier, are the subjects of a spectacular expulsion. For about fifteen years, the monks will live away from their monastery. They will go back on August 23rd, 1895 with their new abbot, Dom Paul Delatte since 1890.
The growth of the monastic community means the construction of new buildings: they will be built rapidly and they will be vast. In 1896, Dom Mellet, the architect coming from Rennes, begins the imposing wing which overhangs the river. The new refectory will be inaugurated in 1898. These peaceful years come to an abrupt end on July 1st, 1901. Association law, in fact a law against congregations, forces the monks to prefer banishment. They leave Solesmes on September 20th for freedom offered by England. The Solesmes Abbey is purchased by the marquis de Juigné, a generous friend of the Abbey, in the hope of better days.
Soon after his election in 1921, the new abbot, Dom Germain Cozien, assesses that the political conditions are favorable for their return in France. He brings back the community to Solesmes and rapidly, the next year, new vocations are coming in. After the necessary maintenance works after this long absence, architect Dom Bellot begins, in 1935, the construction of the library and the new cloister that will be ready for the centennial of the congregation, solemnly celebrated in 1937. Then came the war, leaving in the monastery only some old monks and exempts from military service. In 1940, three monks are killed on the battlefields and several dozens others were made prisoners in the armies. After peace is signed, prisoners are back and conventual life resumes in full strength.
The abbey church is completely transformed over the years. From the first Romanesque church remain two large archways close to the transept and the base of the bell tower. In the flamboyant period, the lengthening of nave westward curiously puts the nave in the middle of the building. The height of the arches erected in the 15th century and the thickness of the walls which carry the old altered bell tower accuse the narrowness of the nave. The abolition of the primitive side aisles, replaced in the 19th century by squat chapels, reinforces the impression of narrow width. In spite of the high windows with flamboyant inserts, the nave looks dark. Beyond the transept, the monks' chancel, covered with bright roughcast, is brightened by intense light coming from the windows located in the four bays of the side aisles where the stalls are.
The Organ
The instrument was built, in 1967, by Curt Schwenkedel, organbuuilder from Strasburg, according to plans prepared by Georges Lhote who also designed the organcase. The voicing was executed by Laurent Steinmetz.
I. Grand-Orgue |
II. Positif |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Bourdon en bois | 8' | |
| Montre | 8' | Principal | 4' | |
| Flûte à cheminée | 8' | Flûte à cheminée | 4' | |
| Prestant | 4' | Nazard | 2 2/3' | |
| Flûte à fuseau | 4' | Flûte conique | 2' | |
| Doublette | 2' | Tierce | 1 3/5' | |
| Sesquialtera | II | Larigot | 1 1/3' | |
| Fourniture | IV-V | Sifflet | 1' | |
| Cymbale | IV | Mixture | IV-V | |
| Cromorne | 8' | |||
III. Récit |
IV. Chamade |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon conique | 8' | Trompette | 8' | |
| Gemshorn | 4' | Clairon | 4' | |
| Quintaton | 4' | |||
| Principal | 1' | |||
| Cymbale | II | |||
| Dessus de Cornet | V | |||
| Ranquette | 16' | |||
| Trompette | 8' | |||
Pédale |
|
|---|---|
| Principal | 16' |
| Soubasse | 16' |
| Principal | 8' |
| Bourdon à cheminée | 8' |
| Octave | 4' |
| Mixture | IV |
| Douçaine | 16' |
| Trompette | 8' |
| Chalumeau | 4' |