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Aubertin, 1991
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Le 4 juillet 1861, Napoléon III arrive à Vichy pour sa première cure. Le 7, il se rend à la messe dans la minuscule église Saint-Blaise où le curé Louis Dupeyrat lui réclame « un temple digne de Dieu » et obtient le financement de 373 237 francs par l'Empereur. Le décret du 27 juillet 1861 prévoit la construction d’une nouvelle église. Celle-ci est construite par l’architecte des chalets impériaux, Jean Lefaure dans un style néo-médiéval. La première pierre est posée le 21 septembre 1862. Elle est ouverte au culte sous le vocable de Saint-Louis le 2 juillet 1865 par Mgr de Dreux-Brézé, évêque de Moulins, en l’absence de l’Empereur non venu à Vichy cette année-là en raison des élections municipales. Lors de son dernier séjour de 1866, l’Empereur découvre enfin son œuvre en assistant à deux messes : le 29 juillet avec de nombreux dignitaires, puis le 5 août avec le Prince impérial.
Le bâtiment présente des caractères néo-romans et des caractères néo-gothiques. Sa façade extérieure présente des baies en plein cintre et une rosace dans un style gothique de transition, ou romano-bourguignon.
Le décor intérieur a été confié à Anatole Dauvergne (1812-1870). Le choeur est éclairé de neuf vitraux d'Antoine Lusson, qui avait rénové les vitraux de la Sainte-Chapelle, réalisés en 1864 et représentant les saints portant les noms de certains membres de la famille Bonaparte; c'est ainsi que sont représentés saint Napoléon sous les traits de Napoléon Ier, sainte Eugénie sous les traits de l'Impératrice (premier nom désigné pour l'église en 1864) et sainte Hortense, du prénom de la mère de l'Empereur. Au-dessus des grandes arcades du rond-point du choeur se déroule une huile sur toile du peintre symboliste Alphonse Osbert (1857-1939( peinte en 1915 et représentant la gloire de Saint Louis (12 m x 2 m / 39,4 pieds x 6,6 pieds); au centre, le roi rend la justice, assis au pied d'un chêne de la forêt de Vincennes; autour de lui, les membres de sa famille et ses proches rappellent les hauts faits de son règne. L’église s’est enrichie en 1944 de la statue de « Saint Louis juvénile » due au sculpteur cussétois Raymond Rivoire (1884-1966).
L'orgue
En 1986, le facteur Bernard Aubertin est chargé de construire un orgue neuf en remplacement de l'orgue Merklin datant de 1943. Inauguré les 5 et 6 janvier 1991 par Michel Chapuis, Gaston Litaize et François-Henri Houbard, l’orgue est placé en balustrade, avec des plans sonores alignés et superposés : le Positif, suspendu dans l’espace, flanqué de deux tourelles de pédale, est surmonté du Grand Orgue. La console est placée « en fenêtre » dans le buffet du Grand-Orgue.
D’abondantes sculptures, réalisées par Serge Bisson, font référence à l’histoire locale : saumons de l’Allier, aigles napoléoniennes et motifs végétaux. Les matériaux utilisés, chêne pour les buffets et les sommiers, étain, étoffe et épicéa pour la tuyauterie sont de première qualité, tout comme le buis et l’ébène des claviers et les diverses essences d’arbres fruitiers pour les pommeaux des tirants de jeux. La mécanique, très directe et légère, permet un toucher tout en nuances. En accord avec l’œil, l’oreille distingue clairement les plans sonores : grand orgue aux fondamentales puissantes, positif brillant, récit à la présence profonde et pédale ample, charpentée.
La composition écrite d’un instrument ne peut donner l’idée de son caractère; le style de celui-ci est « relativement inclassable, dans la mouvance Europe Moyenne » ainsi que le situe Bernard Aubertin, l’orgue est très marqué de la personnalité de son facteur.
Au musicien attentif, les multiples mélanges possibles offrent une palette sonore insoupçonnée, d’une richesse inouïe. C’est pourquoi les musiques de Buxtehude, de J. S. Bach, mais aussi des Sweelinck, Cabezon, Bruna se trouvent aussi bien restituées ici que celle des Mendelssohn, Brahms, et virtuellement, de certaines compositions contemporaines lorsque les tonalités sont compatibles avec le tempérament de l’instrument (Kirnberger III).
Dès le mois de mai 1991, le facteur Aubertin signale la présence d'un encrassement inquiétant. La peau des soufflets est toute noire et toutes les boiseries commencent à se couvrir d’une fine crasse. Les raisons se situent dans une forte pollution due dans un premier temps au chauffage défectueux (air pulsé) puis à la fumée des cierges qui a rendu l’intérieur de l’église méconnaissable. De plus, des inondations récurrentes sur la voûte qui domine le Napoléon 32’ endommagent les pieds des tuyaux. Les analyses effectuées ont confirmé les traces d’hydrocarbures et de fumées d’origine végétale. Quant à l’orgue, il a servi de hotte aspirante! Les peaux des soufflets sont complètement fusées et trouées. Elles provoquent des fuites et nécessitent des réparations d'urgence. Au cours des années, lors des travaux d'entretien, les facteurs dénotent la présence de plus en plus de suie dans l'orgue et principalement dans les pieds des tuyaux d'anches et entre les languettes et les rigoles ne garantissant plus la tenue de l'accord. Toute la mécanique devient lourde et molle, les abrégés sont de plus en plus remplis de suie. Avant de solutionner ces problèmes par un relevage complet, il faudra s’occuper de la cause de cette saleté…
En 2007, la ville de Vichy a consacré la somme de 36 000€ pour restaurer les soufflets de chêne et le sommier des six plus gros tuyaux du grand Napoléon 32'. Les parties restaurées sont revenues des ateliers Aubertin, remontées et remises en places pour Noël. Les services de la ville ont enlevé le salpêtre des murs, alors que les cierges ont été remplacés par des lumignons moins fumigènes.
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On July 4th, 1861, Napoleon III arrives at Vichy for his first rest cure. On the 7th, he attends mass in the tiny St. Blaise church where the parish priest Louis Dupeyrat asks him for "a temple worthy of God" and secures a 373,237-franc financing from the Emperor. The decree of July 27th, 1861 calls for the construction of a new church. It will be built by the architect of the imperial chalets, Jean Lefaure in a neo-Medieval style. The first stone is laid on September 21st, 1862. Dedicated to St. Louis, it is opened to worship on July 2nd, 1865 by Bishop de Dreux-Brézé, of Moulins, in the absence of the Emperor who did not come to Vichy that year owing to municipal elections. During his last stay of 1866, the Emperor finally discovers the church by attending two masses: on July 29th with numerous dignitaries, then on August 5th with the imperial Prince.
The building features neo-Romanesque and neo-Gothic elements. Its facade hosts circular openings and a rose window in transient Gothic or Romanesque-Burgundian style.
The internal decor was entrusted to Anatole Dauvergne (1812-1870). The chancel is lit by nine stained glass windows executed in 1864 by Antoine Lusson, who had, earlier, renovated the stained glass windows of the St. Chapel. They depict the patron saints of members of the Bonaparte family; St. Napoleon is portrayed with the features of Napoleon Ier, St. Eugénie with the features of the Empress (first choice for the church's name in 1864) and St. Hortense, for the first name of the Emperor's mother. An oil on cloth painting (39.4 feet x 6.6 feet / 12 m x 2 m) executed by Alphonse Osbert (1857-1939) in 1915 depicting St. Louis adorns the large arcades at the transept crossing; in the centre, the king administers justice sitting at the foot of an oak tree in the forest of Vincennes; around him, the members of his family and his close relatives remind the main episodes of his reign. In 1944, the church acquired a statue depicting a "young St. Louis" executed by sculptor Raymond Rivoire (1884-1966).
The Organ
In 1986, organbuilder Bernard Aubertin is commissioned to build a new organ the replace the old Merklin organ installed in 1943. Inaugurated on January 5th and 6th, 1991 by Michel Chapuis, Gaston Litaize and François-Henri Houbard, the organ is located in a gallery, with its lined and stacked divisions : the Positif, hanging over the rail and flanked by the Pedal's two turrets, is surmounted by the Grand-Orgue. The console is attached to the Grand-Orgue organcase.
Numerous sculptures, executed by Serge Bisson, refer to local history: salmons of Allier, napoleonic eagles and plant motif. Materials used, oak for windchests and organcases, tin, cloth and spruce fir for pipework, are first class materials, the same for the boxwood and ebony used in keyboards and various essence of fruit trees used for the stop knobs. The action, very direct and light, allows a nuanced keytouch. The ear clearly differentiates the various divisions: a Grand-Orgue division with its powerful foundations, a bright Positif, a Récit with a deep and ample presence, and a large and powerful Pedal division.
The stop list of an instrument cannot give the idea of its character; Bernard Aubertin locates the style of this instrument as "comparatively unclassifiable, in the sphere of Middle Europe influence". The organ is very much tied to its organbuilder's personality.
To the attentive musician, numerous possible combinations allow an unsuspected sound palette, of an amazing beauty. That's why works by Buxtehude, J.S. Bach, but also by Sweelinck, Cabezon, Bruna are as well rendered on this instrument as those by Mendelssohn, Brahms, and virtually, certain contemporary compositions when tonalities are compatible with the instrument's temperament (Kirnberger III).
As early as May 1991, organbuilder Aubertin reports the presence of a worrying clogging. The skins of the bellows are very black and all woodworks are covered with a fine grime. The situation is due to a strong pollution problem caused by a faulty heating system (blown air) and to the smoke of candles which have deteriorated the church's interior. Besides, recurrent water leaks from the vault right above the 32' Napoleon have harmed the feet of the pipes. Analyses have confirmed the presence of hydrocarbons and smokes of plant origin. As for the organ, it acted as an extractor hood! Urgent repairs are required as bellows skins are absolutely rung out and pierced causing air leaks. Over the years, during maintenance works, organbuilders report the presence of more and more soot inside the organ and mainly in feet of reed pipes and between tongues and channels. The tuning of the instrument is no longer possible. The action has become heavy and weak while rollerboards are more and more filled with soot. Before solving these problems through a complete restauration, the sources of all this dirtiness have to be eliminated.
In 2007, the city of Vichy dedicated 36,000€ sum to restore the oak bellows and the base of the six largest pipes of the 32' Napoleon. The restored sections returned from the Aubertin workshops, reinstalled and ready for Christmas. The city took away the saltpetre from the walls, while candles were replaced with less smoke dim lamps.
I. Positif |
II. Grand-Orgue |
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|---|---|---|---|---|
| 1Montre | 8' | Portunal | 16' | |
| Bourdon | 8' | Montre 8' | III | |
| Octave | 4' | Flûte à cheminée | 8' | |
| Flûte | 4' | Salicet | 8' | |
| Nazard | 3' | Quinte | 6' | |
| Doublette | 2' | Octave | 4' | |
| Flûte | 2' | Flûte conique | 4' | |
| Tierce | 1 3/5' | Quinte | 3' | |
| Sifflet | 1' | Doublette | 2' | |
| Fourniture | IV | Sesquialtera | II | |
| Dulciane | 16' | Mixture 1 1/3' | VI | |
| Chalumeau | 8' | Cornet | V | |
| Basson | 16' | |||
| Trompette | 8' | |||
III. Récit |
Pédale |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon en bois | 8' | Principal | 16' | |
| 2Flûte traversière | 8' | Quinte + Tierce | 10 2/3'+6 2/5' | |
| Fugara | 4' | Octave | 8' | |
| Flûte | 4' | Bourdon | 8' | |
| Flageolet | 2' | Prestant | 4' | |
| Quinte | 1 1/3' | Flûte | 2' | |
| Sixtelette | II-III | Mixture 2' | V-VI | |
| Fourniture | II | Napoléon | 32' | |
| 3Voix humaine | 8' | Buzène | 16' | |
| Cornet | 4' | |||
| Cornet | 2' | |||
| 1 | 1er SOL / first G | |
| 2 | 2e SOL / second G | |
| 3 | basse et dessus / bass and treble |