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Brodeur, 1888 / Casavant, Opus 1082, 1925
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En 1714, Gaspard Piot de Langloiserie et son épouse, Marie-Thérèse du Gué, reçoivent la seigneurie des Mille-Îles. La colonisation de l'endroit débute en 1735, surtout grâce aux efforts de la veuve Marie-Thérèse du Gué, et elle se poursuit avec ses descendants. La première concession de terre dans la seigneurie de Blainville remonte cependant à 1740. Les premiers colons arrivaient principalement de Terrebonne et de l'Île Jésus.
En 1789, le territoire est placé sous le patronage de Sainte-Thérèse-d'Avila et devient la paroisse de Sainte-Thérèse-de-Blainville, en l'honneur de la petite-fille du premier seigneur. Après des résistances des résidents du secteur de Grande-Côte, les habitants de la rivière aux Chiens entreprirent finalement la construction d'un premier presbytère-chapelle en 1788-1789 sur un terrain donné par Jean-Louis Delage.
Cette première chapelle servit jusqu'en 1807, date à laquelle une église en pierre au plan en croix latine fut construite. Cette église subit un agrandissement en 1862-1863 et fut finalement détruite par un incendie le 6 janvier 1885. Elle se situait à quelques mètres au nord de l'église actuelle. On sauve de l'incendie de 1885 quelques vases sacrés, des ornements sacerdotaux, les chandeliers des autels, et une statue de la Vierge encore préservée. Une chapelle temporaire en bois fut construite afin de servir aux besoins du culte durant la construction de la nouvelle église.
L'église actuelle constituerait donc le second lieu de culte sur le site, si l'on fait exception de la chapelle temporaire. Le curé Léon-Augustin Charlebois est à la tête de la paroisse lors de la construction de la nouvelle église débute en 1885 selon les plans de la firme Perrault et Mesnard et se charge de la commande des cloches à la Maison Chantaloup. La construction a été réalisée par les entrepreneurs Benjamin Deslauriers et Camille Provost. Victor Leguerrier (1823-1902), forgeron, maire de la municipalité de Sainte-Thérèse et conseiller ministériel d'Adolphe Chapleau lorsque ce dernier fut premier ministre de la Province de Québec entre 1879 et 1882, était alors marguillier en charge lors des travaux. L'église actuelle fut ouverte au culte à Noël 1887.
Les architectes Perrault et Mesnard seraient aussi responsables de la réalisation du décor intérieur. En 1887, la chaire, le baldaquin et le grand lustre sont installés dans l'église qui fut consacrée le ler juin 1889.
L'électrification du lieu survient en 1906. Des verrières auraient été installées dans les fenêtres de la partie supérieure du sanctuaire en 1911. En 1913 sont effectués plusieurs travaux importants dans l'église : les tribunes du transept sont construites, celle de l'orgue agrandie; la décoration de l'église et le baldaquin auraient été retouchés; des vitraux des fenêtres inférieures de la nef sont installés.
La chaire est enlevée entre 1960 et 1966. En 1964, le baldaquin au-dessus du maître-autel est démoli. L'ange au-dessus du tabernacle, donc sous le baldaquin, une oeuvre d'Olindo Gratton, est disparu. En 1965, surviennent les travaux les plus importants qui transforment complètement le décor intérieur : remplacement du maître-autel et de l'autel de la sainte Réserve, pose des tuiles sur le plancher, ajout d'un grillage à l'arrière du maître-autel, pose d'une croix au-dessus du maître-autel, pose du tapis dans le choeur. Finalement en 1966, la fabrique acquiert un nouveau tabernacle. Le décor actuel se compose donc d'éléments architecturaux datant de la construction d'origine (colonnes, chapiteaux, arcatures et ornementation de la voûte), mais intègre aussi des éléments résolument modernes (balustrade de marbre et fer forgé, mobilier liturgique au lignes minimalistes et plancher de tuiles posées de façon à former des motifs géométriques) datant des années 1960.
L'église Sainte-Thérèse d'Avila est citée « monument historique » depuis 1987.
L'orgue
En 1830, le curé Charles-J. Ducharme fait installer, dans l'ancienne église de 1807, un orgue fabriqué par Jean-Baptiste Jacotel (décédé en 1832), un émigé français établi à Montréal en 1821 et dont la maison cessera ses activités en 1845.
En 1837, cet instrument est remplacé par le premier orgue fabriqué par Joseph Casavant. Il fut détruit lors de l'incendie du 6 janvier 1885.
Lors de la reconstruction de l'église, un nouvel orgue fut commandé à Eusèbe Brodeur, au coût de 6 000$, qui l'installe en 1888. Il s'agit d'une instrument de 32 jeux répartis sur 3 claviers et pédalier. Trois jeux (le Hautbois et la Voix humaine du Récit; la Clarinette - qui est en fait un Cromorne - du Positif) ont été fabriqués par la maison Cavaillé-Coll, de Paris. La première console était adjacente au buffet. En 1911, une soufflerie électrique est installée.
Le 14 avril 1925, le curé Jean-Baptiste Mignault et la fabrique accordent à Casavant Frères un important contrat de restauration au coût de 14 225$. Ce contrat stipule que les 32 jeux de Brodeur et le buffet doivent être conservés alors que Casavant doit ajouter 15 nouveaux jeux et fournir une nouvelle console.
Par la suite, il n'y eut aucune véritable rénovation mais quelques améliorations et réparations qui furent sporadiquement effectuées dont une nouvelle soufflerie en 1940 et un grand nettoyage en 1944.
Dans les années 1960, l'état de l'orgue se détériore. En 1970, le facteur François Caron se voit attribuer un contrat, pour la somme de 6 000$, pour faire les réparations et le nettoyage nécessaires. On profita de l'occasion pour recomposer les deux Mixtures sans toutefois altérer le style romantique de l'instrument.
L'orgue d'Eusèbe Brodeur, reconditionné par Casavant et Frères, occupe toujours une place primordiale à la tribune arrière et constitue un élément majeur du décor intérieur. Lors de son inauguration, cet orgue de Brodeur fut l'un des plus importants de la région pour ses dimensions. L'orgue actuel possède encore aujourd'hui de bons éléments de Brodeur et de Casavant. Il présente un intérêt du fait qu'il traduit le travail de ces deux facteurs et qu'il constitue un orgue d'esprit romantique très bien fourni.
Bruno DeCelles
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In 1714, Gaspard Piot de Langloiserie and his wife, Marie-Thérèse du Géu, received the Thousand-Islands seigneury. The clearing egan in 1735 thanks to the efforts shown off by widow Marie-Thérèse du Gué and her descendants. The first land concession in the Blainville seigneury goes back to 1740 and the first settlers were coming from Terrebonne and Jesus Island.
In 1789, the territory is put under the protection of St. Therese of Avila and became the parish of St. Therese of Blainville, in honor of the first seigneur's grand-daughter. After opposition from the residents of Grande-Côte district, resident of Dog River district began the construction of a first chapel-rectory in 1788-1789 upon a piece of land given by Jean-Louis Delage.
This first chapel remained in service until 1807 when a stone latine cross-shaped church was built. This church was enlarged in 1862-63 and was, at the end, destroyed by fire on January 6, 1885. It was located a few meters north of the actual church. From the fire, a few sacred vases, sacerdotal vestments, altar chandeliers, and a still preserved statue of the Virgin Mary. A temporary wooden chapel was built pending the construction of a new church.
The actual church is the second building on the same site if the temporary chapel is omitted. Parish priest Léon-Augustin Charlebois heads the parish when the construction of the new church begins in 1885 upon plans prepared by architects Perrault and Mesnard and orders himself bells from Chantaloup. The building is executed by contractors Benjamin Deslauriers and Camille Provost. Victor Leguerrier (1823-1903), blacksmith, mayor of the city of St. Therese and ministerial advisor to Adolphe Chapleau when he was Prime Minister of Quebec between 1879 and 1882, was the head churchwarden at the time of the construction. The church was opened on Christmas Day 1887.
Architects Perrault & Mesnard were also responsible for the interior decoration. In 1887, the pulpit, the baldachino and the large chandelier were installed. The church was consecrated on June 1st, 1889.
Electricity was installed in 1906. Stained glass windows were installed in the sanctuary in 1911. In 1913, many important works are carried out in the church: transept galleries are built and the organ gallery is enlarged; the church decoration and the baldachino are revised; stained glass windows are installed in the nave.
The pulpil was removed between 1960 and 1966. In 1964, the baldachino above the main altar is demolished. The sculpted angel located above the tabernacle, a work executed by Olindon Gratton, is also removed. In 1965, major works that would completely modified the interior decoration of the church are executed: the main altar and the Holy Reserve altar are replaced, tiles is laid on the floor, a wire screen is installed behind the main altar, installation of a cross above the main altar, carpet installation in the chancel. Finally in 1966, a new tabernacle is purchased. The actual decor gathers architectural elements dating from the original construction (pillars, chapiters, arches and vault ornementation) with modern ones (marble and wrought iron communion rail, minimalist styled furnishings and floors covered with tiles forming geometric shapes) dating from the 1960s.
St. Therese church is classified as an "historical landmark" since 1987.
The Organ
In 1830, parish priest Charles-J. Ducharme had an organ installed in the 1807 church. It was an instrument made by Jean-Baptiste Jacotel (deceased in 1832), a French emigrant installed in Montreal in 1821 and whose firm would be active until 1845.
In 1837, this instrument was replaced by Joseph Casavant's first organ. It was destroyed by fire on January 6, 1885.
When the church was rebuilt, a new organ was commissionned to Eusèbe Brodeur, at the cost of $6,000. that was installed in 1888. It was a 32-stop instrument over 3 manuals and pedal. Three stops (Hautbois and Voix humaine in the Récit division; Clarinette - rather a Cromorne - in the Positif division) were made by Cavaillé-Coll, in Paris. The first console was attached to the organcase. In 1911, an electric wind system was installed.
On April 14, 1925, parish priest Jean-Baptiste Mignault and the churchwardens commissionned Casavant Frères to restore the instrument at the cost of $14,225. The contract specifies that all 32 stops by Brodeur and the organcase should be preserved while Casavant will add 15 new stops and build a new console.
Afterwards, there was no real restoration but only few modifications and repairs sporadically executed. A new wind system is installed in 1940 and a general cleaning in 1944.
In the 1960's, the condition of the organ deteriorates. Organbuuilder François Caron is commissionned, in 1970, to execute repairs and cleaning of the instrument at the cost of $6000. At the same time, the two Mixtures stops were reconfigured without modifying the Romantic style of the instrument.
The Brodeur organ, restored by Casavant Frères, is still the central place in the rear gallery and is a major element in the interior decoration. When inaugurated, this Brodeur organ was one of the largest in the area based on its dimensions. The actual instrument still includes good Brodeur and Casavant elements. It is an interesting instrument because it combines the work executed by these two organbuilders and it is a quite complete Romantic organ.
Bruno DeCelles
II. Grand-Orgue |
III. Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| 1Montre | 16' | 1Bourdon | 16' | |
| Montre | 8' | 1Principal | 8' | |
| 1Principal | 8' | 1Bourdon | 8' | |
| 1Flûte | 8' | 1Voix céleste | 8' | |
| 1Bourdon | 8' | Gambe | 8' | |
| 1Salicional | 8' | 1Prestant | 4' | |
| 1Prestant | 4' | 1Flûte traverse | 4' | |
| 1Flûte harmonique | 4' | 1Piccolo | 2' | |
| 1Doublette | 2' | 1Cornet | IV | |
| 1Mixture 1 1/3" | III | Basson | 16' | |
| 1Fourniture 2/3" | II | 1,2Trompette | 8' | |
| Trompette | 8' | 1,3Hautbois | 8' | |
| Clairon | 4' | 1,3Voix humaine | 8' | |
| Clairon | 4' | |||
I. Positif |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| 1Bourdon | 16' | 4Flûte | 32' | |
| 1Diapason | 8' | 1Flûte ouverte | 16' | |
| Grosse Flûte | 8' | 1Bourdon | 16' | |
| Mélodie | 8' | 1Bourdon doux (REC) | 16' | |
| 1Dulciane | 8' | Violon | 16' | |
| Viole | 8' | 1Flûte | 8' | |
| 1Flûte douce | 4' | 1Bourdon | 8' | |
| Viole | 4' | Violoncelle | 8' | |
| Hautbois d'orchestre | 8' | 1Bombarde | 16' | |
| 1,3Clarinette | 8' | 1Trompette (ext) | 8' | |
| 1 | Jeux de Brodeur / Brodeur stops | |
| 2 | Anciennement au GO / Previously in GO | |
| 3 | Construit par Cavaillé-Coll / Built by Cavaillé-Coll | |
| 4 | Résultant / Resultant |