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Beckerath, 1961
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Entre 1886 et 1895, une dizaine d'églises importantes sont construites à Montréal tant pour les anglophones que pour les francophones catholiques. Parmi celles-ci, l'église de l'Immaculée-Conception, en 1889, qui compte plus de 5 300 mètres carrés (57 028 pieds carrés).
L'archevêque de Montréal, Mgr. Édouard-Charles Fabre, veut la confier aux Jésuites mais ces derniers se traînent les pieds: on est en temps de crise économique et ils craignent que les déboires financiers qui assaillent d'autres temples ne les atteignent aussi. La négociation sera longue et difficile.
Puis, les travaux reprennent pour de bon à l'été 1895. Ils s'effectuent péniblement. On décide de construire sur le site d'une école qu'il faut d'abord déménager. Puis, on doit creuser à 9,1 m (30 pieds) dans la glaise détrempée avant d'atteindre le roc. La majeure partie du travail doit être effectué à la main, les excavatrices n'existent pas encore. De nombreux éboulis surviennent, et on doit constamment pomper l'eau.
Il faudra un an de travail pour atteindre finalement une base solide sur laquelle seront empilées des pierres liées de béton. C'est sur cette assise que le temple s'élève enfin. L'architecte, Georges-Émile Tanguay, n'est pas connu dans le milieu: tous les constructeurs célèbres sont déjà employés ailleurs.
Tanguay, qui n'est pas un connaisseur concernant le gothique mais qui est bien au fait des techniques nouvelles, propose un temple de style néo-roman. Pour la première fois en Amérique, on utilise l'acier dans la construction d'une église. Cette innovation permet d'avoir une nef sans colonnes mais entraîne la nécessité d'abaisser la voûte dont l'acoustique ne sera que meilleure. C'est par ailleurs la première église entièrement électrifiée au Canada.
L'édifice, flanqué de contreforts, semble une forteresse inexpugnable. La toiture en ardoise est supportée par une charpente de fer. La voûte intérieure est en acier. D'élégantes colonnes de stuc en imitation de marbre de Sienne jettent leur profil rose le long des murs.
Le maître autel, fait de marbre, est un des plus beaux réalisés en son temps. Le tabernacle est fait de marbre, de simili-marbre et d'onyx du Mexique. Les vitraux de la nef proviennent de la maison O'Shea tandis que ceux du choeur et des transepts ont été réalisés par la maison Vermonnet, de France. Le chemin de la croix est l'oeuvre du peintre Chabane, ses tableaux sont marouflés directement au mur. Un tableau représentant l'Immaculée-Conception, peint par Meloche, surmonte le maître-autel. Le crucifix en bois est l'oeuvre du célèbre sculpteur Médard Bourgault.
L'orgue
Construit par Rudolf von Beckerath et inauguré, le 24 septembre 1961, par Gaston Arel, titulaire d'alors et courageux maître d'oeuvre du projet. Beckerath avait déjà ému Montréal par la limpidité de son deux-claviers de l'United Church et la majesté unique du cinq-claviers de l'Oratoire Saint-Joseph. À l'Immaculée, il couronne sa trilogie par un instrument d'une pure poésie, qu'on n'a cessé de célébrer depuis ce temps, notamment au cours de quatre intégrales de Bach.
L'instrument n'a connu aucn changement, si ce n'est l'adjonction de la tirasse du Hauptwerk, effectuée par Hellmuth Wolff, en 1971.
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Between 1886 and 1895, about ten large churches were built in Montreal for either Catholics Anglophones and Francophones. Among them, Immaculate Conception church, in 1889, whose surface area is more than 57,028 square feet (5,300 sq. m.).
Archbishop Edouard-Charles Fabre, of Montreal, wanted to entrust the parish to the Jesuit Fathers but they drag on their decision: it was during an economic slump and the Fathers feared the financial difficulties that plagued other constructions. The negociations will be long and hard.
Finally, work began in summer 1895 and operations were carried out with a lot of difficulties. First, the school erected on the selected site had to be moved before work could start. Then, tt is necessary to dig 30 feet (9.1 m) in soaked clay before reacing rock. All this work must be done by hand because excavators did not yet exist. Several masses of fallen earth occured, and water had to be constantly pumped out.
A full year of work was necessary to finally reach a solid foundation on which stones mixed with concrete were piled up. It is on this base that the church was built. Architect Georges-Émile Tanguay is not very well known in his circles: all reknown builders are aleady working elsewhere.
Tanguay, who is not very knowledgeable about Gothic style but who is well aware of new techniques, proposes a neo-Romanesque building. For the first time in America, steel is used in the construction of a church. This innovation allows to build a pillar-free nave but requires that the vault be lowered leading to a better acoustics. Moreover, it is the first fully electrified church in Canada.
The building, flanked with butterresses, looks like an unassailable fortress. The slate roof is supported by a steel structure. The interior vault is made of steel. Elegant stucco pillars covered with imitation marble from Sienna cast their pink profile along the walls.
The marble high altar is one of the most beautiful ones produced in that period. The tabernacle is made of marble, imitation marble and oynx from Mexico. Stained glass windows in the nave were executed by the O'Shea firm while those in the chancel and in the transept were executed by the Vermonnet firm, from France. The Way of the Cross was executed by painter Chabane, his paintings are mounted directly on the wall. A painting, depicting the Immaculate Conception, executed by Meloche, is hung above the high altar. The wooden crucifix was executed by renown sculptor, Médard Bourgault.
The organ
Built by Rudolf von Beckerath and inaugurated on September 24, 1961, by Gaston Arel, the then organist and courageous maître d'oeuvre of the Beckerath project that has touched Montreal by the clarity of its two-manual instrument at United Church and the unique majesty of the five-manual instrument at St. Joseph Oratory. At l'Immaculée, Beckerath crowns its trilogy with an instrument of pure poetry, acclaimed by all, namely during the four integrals of Bach's organ works.
No change was made to the instrument, except for the addition of pedal-coupler in the Hauptwerk, carried out by Hellmuth Wolff, in 1971.
Hauptwerk |
Brustwerk |
|||
|---|---|---|---|---|
| Quintadena | 16' | Holzgadackt | 8' | |
| Prinzipal | 8' | Rohrflöte | 8' | |
| Spitzflöte | 8' | Prinzipal | 2' | |
| Oktave | 4' | Sifflöte | 1' | Blockflöte | 4' | Terzian | II |
| Nasat | 2 2/3' | Scharf | III | Oktav | 2' | Dulzian | 8' |
| Flachflöte | 2' | |||
| Mixtur | VI | |||
| Fagott | 16' | |||
| Trompete | 8' | |||
Ruckpositiv |
Pedal |
|||
|---|---|---|---|---|
| Gedackt | 8' | Prinzipal | 16' | |
| Quintadena | 8' | Subbas | 16' | |
| Prinzipal | 4' | Offenflöte | 8' | |
| Koppelflöte | 4' | Metallflöte | 4' | |
| Gemshorn | 2' | Nachthorn | 2' | |
| Nasat | 1 1/3' | Rauschpfeife | III | |
| Sesquialtera | II | Mixtur | V | |
| Scharf | IV | Posaune | 16' | |
| Dulzian | 16' | Trompete | 8' | |
| Bärpfeife | 8' | Schalmei | 4' | |