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Déry, 1886 Casavant, Opus 902, 1921 Cavelier, 1976
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L'histoire de l'église Saint-Jean-Baptiste, la deuxième du lieu, commence au lendemain d'un drame : le 7 juin 1881, un incendie ravage le faubourg Saint-Jean, détruisant 622 maisons et jetant sur le pavé 1500 familles. L'église, édifiée par Charles Baillargé, après un désastre semblable, en 1845, ne présente plus que des murs calcinés.
Sans perdre de temps, les autorités religieuses de la paroisse Notre-Dame de Québec, dont l'église Saint-Jean-Baptiste était une desserte, décident de la reconstruire. On retient pour ce faire les service de l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy. Comme l'église projetée doit être plus spacieuse, on prévoit l'adjonction d'un chœur en hémicycle qui vient coiffer le chevet plat antérieur et, du côté de la façade, l'ajout d'un portique devant l'ancien mur-pignon.
Selon les contrats de construction, accordés en octobre 1881, les travaux du gros œuvre doivent se terminer en novembre 1883. L'église est bénite et ouverte au culte le 27 juillet 1884 bien qu'il reste encore des travaux à effectuer. Le clocher ne s'élève qu'en 1885, le décor architectural intérieur doit attendre 1890-91 et le sous-sol n'est aménagé qu'en 1894. Mais déjà en 1886, les habitants du faubourg ont obtenu l'érection canonique et civile de leur paroisse.
Dans le paysage construit de Québec, l'église Saint-Jean-Baptiste occupe une place de premier choix, tant par son emplacement que par son expression architecturale qui domine l'environnement. L'exiguïté du site a cependant posé un défi de taille à l'architecte : la monumentale façade occidentale étant peu visible, les murs latéraux sont traités comme de véritables façades, l'une vers la rue Saint-Jean, l'autre vers le nord.
Joseph-Ferdinand Peachy propose une synthèse intéressante entre l'héritage architectural du Québec et un édifice français qu'il adopte comme modèle : l'église de la Trinité à Paris (1868), de l'architecte Théodore Ballu, que Peachy a visité en 1879.
Par son plan, sa structure et son étagement, l'église Saint-Jean-Baptiste appartient d'abord à la tradition québécoise. La construction est en maçonnerie revêtue de pierre de taille tandis que la structure intérieure (piliers et charpente du toit) est en bois.
En façade cependant, l'influence de l'église de la Trinité est explicite. Les statues qui y sont placées sont en ciment pour la plupart et sont l'œuvre de Michele Rigali. Quant au clocher, dont la flèche s'élance 240 pieds, il évoque par son élancement les clochers anglais de Christopher Wren et James Gibbs, qui ont marqué de leur empreinte l'architecture religieuse du Québec au XIXe siècle. En revanche, la forme conique du clocher emprunte franchement au style des châteaux français qui s'implante alors à Québec. Il comporte un carillon de quatre cloches.
Avec l'église Saint-Jean-Baptiste, Joseph-Ferdinand Peachy s'affirme comme un adepte de l'éclectisme classique français (ou style Second Empire). En fait, cette église se veut un modèle qui tente d'imposer une image française au paysage construit de la capitale provinciale.
Le décor intérieur de l'église remonte au début du XXe siècle. Le chemin de croix, œuvre du peintre romain Cremonini, apparaît en 1900 et, en 1912, le sculpteur François-Pierre Gauvin installe un immense baldaquin, style Louis XV, qui cherche à rivaliser avec celui de la cathédrale. Il est supporté par des anges en cariatides au lieu d'être supporté par une colonnade. Ces anges ont été réalisés par Louis Jobin. Le maître-autel est acquis, en 1920 au coût de 22 000$, de la maison Daprato, de Chicago, qui livre les autels latéraux deux ans plus tard, la table de communion, puis la chaire en 1927. En 1928, trois grands tableaux sont installés dans le chœur : le Couronnement de la Vierge, l'Ascension et l'Assomption. Ils ont été peints par des religieuses du Bon-Pasteur. Certains tableaux rescapés de l'église précédente ornent les retables des autels latéraux et le haut des portes menant à la sacristie. Quant aux 36 vitraux, ils ont été fabriqués et installés par la maison Bernard Léonard, de Québec, entre 1887 et 1912.
L'église Saint-Jean-Baptiste a été classé « monument historique » en 1990 en vertu de la Loi sur les biens culturels.
L'orgue
Parler des différents instruments de l'église Saint-Jean-Baptiste, c'est parler aussi des gens qui vivent autour d'eux, des organistes et des différentes associations chorales.
Le premier instrument dont il est fait mention officiellement, c'est un modeste harmonium et ce, en automne 1851. Le premier organiste se nommait Louis Pheiffer; il occupa son poste à peine une année préférant aller vivre aux États-Unis. Déjà, autour de ce modeste instrument naissait la première chorale, la Société des Amateurs de Saint-Jean qui vivra jusqu'en 1864. À ce moment, il était dirigé par un certain Jean Peachy, un parent de l'architecte de l'église actuelle.
Le premier orgue proprement dit fut acheté en 1853, à Montréal et fabriqué par la maison Warren. C'est le renommé Ernest Gagnon, le nouvel organiste qui l'inaugure lors de la fête de l'Immaculée-Conception, le 8 décembre 1853. Ce premier orgue connut une existence mouvementée. Dès 1855, il quittait Saint-Jean-Baptiste pour Saint-Romuald, pourquoi? Sans doute était-il insuffisant pour remplir l'église. Il ne fut même pas installé à Saint-Romuald car on nous dit qu'immédiatement il fut vendu à l'église Saint-Michel de Bellechasse, où le feu, ennemi numéro un de nos orgues historiques québécoises, confie son souvenir à notre seule mémoire désormais.
En octobre 1855, un vapeur descend à quai un orgue de douze cent vingt-huit tuyaux, (22 jeux à peu près) pour l'église Saint-Jean-Baptiste, une commande placée auprès de la maison Walker de Londres. C'est Étienne Montmigny, un accordeur de piano qui assez rapidement le monte (probablement que l'orgue a déjà été préharmonisé aux ateliers de Londres de sorte que dès la Toussaint (le 1er novembre), Damis Paul, organiste à Saint-Roch, l'inaugure en l'absence d'Ernest Gagnon, le titulaire.
Le journal "Le National" à l'occasion de Noël 1855 en dit:
"…cet orgue est le plus complet de tous ceux des églises de cette ville et sous le rapport de la puissance, de la pureté et de la variété des sons, il est, pour ne rien dire de plus, l'égal des orgues de la cathédrale et de Saint-Roch".
Un peu plus loin on note, en ces termes, que la musique vocale fleurit près de cet instrument:
"L'église Saint-Jean-Baptiste est la seule qui possède un chœur d'amateurs dont le concours rehausse chaque semaine l'éclat des solennités du culte".
C'est surprenant que pour une fois il ne semble pas y avoir de parallèle avec la cathédrale Notre-Dame de Québec.
Il est heureux de constater qu'à l'époque, l'idée de perfectionnement avait déjà cours. En 1857-8, Ernest Gagnon, l'organiste de Saint-Jean-Baptiste (qui a d'ailleurs harmonisé et fait éditer les célèbres Noëls toujours vivants aujourd'hui) décide d'aller se perfectionner à Paris, par souci d'améliorer sa forme auprès des maîtres européens, car "il ne se croyait pas un aussi brillant artiste qu'on le disait" à l'époque. Il revient après une année, en octobre 1858, où désormais, il tiendra son orgue jusqu'en 1864 et on le retrouve plus tard, à la basilique.
Son frère Gustave lui succède alors à Saint-Jean-Baptiste. C'est aussi la fin de la Société des Amateurs de Saint-Jean. En 1866 naît la fameuse Union Musicale dont beaucoup de paroissiens se souviennent; elle a œuvré pendant 70 ans: son rôle n'est pas limité aux fonctions d'une maîtrise d'église mais elle prenait une large part aux diverses fêtes nationales et religieuses.
En plus de l'orgue Walker de 1855, on lit dans un compte rendu de l'incendie du 8 mai 1881, qu'il y avait aussi dans l'église un autre petit orgue (d'accompagnement sans doute), et l'on ne dit pas où il était situé.
Le troisième orgue, qui vit toujours dans le ventre de l'instrument actuel, prit place dans la nouvelle église Saint-Jean-Baptiste, l'actuelle, en 1885. Son devis est préparé par l'organiste Georges Hébert, successeur de Gustave Gagnon, et par Napoléon Déry, le célèbre facteur d'orgues, vivant à Saint-Jean-Baptiste, rue Sutherland (sa maison et son atelier furent rasés pour construire l'école). Cet orgue nous est mieux connu; le "Courrier du Canada" nous en parle éloquemment le lendemain de son inauguration, par l'infatigable Ernest Gagnon, le 15 mai 1885:
"C'est un orgue des plus puissants que nous ayons entendu et à coup sûr le plus beau dans son ensemble et ses détails. Ses jeux d'anches sont d'une douceur que nous ne connaissions pas jusqu'ici. Citons, en passant, les 2 trompettes, le basson, la trompette harmonique, le hautbois, la clarinette, la voix humaine; en un mot, il nous faudrait citer tous les jeux car tous sont d'un velouté et d'une richesse incomparables. N'oublions pas les flûtes qui sont d'une suavité admirable. Certains jeux en bois sont si bien embouchés qu'ils ont été pris, par des organistes, pour des jeux en métal. Les musiciens ont félicité M. Déry pour la grande douceur de ses claviers. Nous ne pouvons passer sous silence la soufflerie qui est construite d'après un système nouveau et supérieur à ceux que nous connaissons. Un seul homme suffit à donner la plus grande quantité d'air exigé par l'organiste".
La langue employée ici nous éclaire, à au-delà de cent ans de distance, sur l'esthétique même des instruments de l'époque. Il est étonnant, pour nos oreilles d'aujourd'hui, d'entendre parler de douceur à propos des trompettes… (jeux d'anches); on suivait la mode "harmonique" du romantisme. Cette même mode allait d'ailleurs donner des mixtures et pleins jeux tout aussi doux.
L'orgue Déry de Saint-Jean-Baptiste ressemblait à celui de Saint-Isidore de Dorchester. C'était aussi un deux claviers et pédalier, toutefois plus imposant. Mlle. Thérèse Coulombe, organiste au Cap Saint-Ignace m'a décrit cet orgue qu'elle a connu avant 1920 alors qu'elle étudiait avec le célèbre organiste d'alors J. Arthur Bernier. Le buffet de dimension beaucoup plus réduite que celui d'aujourd'hui tenait entre les deux piliers de l'ogive centrale où trône la statue de Sainte-Cécile sur le buffet actuel, donc, complètement au fond du jubé. Les claviers et les registres étaient embarrés derrière deux grands volets, ce qui donnait à l'organiste l'impression bizarre et intime de jouer dans une armoire ouverte, sous la masse des tuyaux (console dite "en fenêtre").
Lors des restaurations de 1976, on s'est rendu compte que Napoléon Déry fabriquait ses tuyaux de bois alors qu'il achetait ses tuyaux de métal pré-harmonisés chez un tuyautier, comme cela se pratique encore aujourd'hui chez beaucoup de facteurs. La construction elle-même de ses instruments est admirable; son astuce et habileté de facteur ont fait progresser la technique de construction (douceur des claviers mécaniques, souplesse de l'alimentation en air sans parler de la finesse du meuble lui-même). C'est à Saint-Jean-Baptiste donc que vécut un de nos premiers grands facteurs d'orgues québécois et on imagine à peine de nos jours la fierté de cet homme simple lorsqu'on lui passa la commande du nouvel orgue de sa paroisse. À ce propos, le "Courrier du Canada" résume bien l'admiration de la ville entière:
"M. Déry vient de révéler, dans cet instrument, tout son talent et tout son génie. Québec possède aujourd'hui un facteur d'orgues qui peut compter parmi les plus célèbres du pays et même des pays étrangers. Nous n'avons plus rien à envier sous ce rapport, aux autres villes de la confédération canadienne".
Napoléon Déry a vraisemblablement construit un second orgue pour Saint-Jean-Baptiste beaucoup plus petit (6 jeux). On le trouvait au jubé du côté de la rue Saint-Jean au-dessus de la table de communion. En 1950, on le vendit et j'ai entendu qu'il a repris du service en Colombie-Britannique.
En 1916, J. Arthur Bernier, l'organiste de Notre-Dame-de-Jacques-Cartier monta à Saint-Jean-Baptiste. C'est un virtuose émérite, il voit grand. Depuis l'inauguration de l'orgue Casavant de Saint-Charles de Limoilou en 1919 par Joseph Bonnet, monsieur Bernier, esprit romantique, fougueux et aimant les contrastes marqués, rêve d'un projet grandiose pour Saint-Jean-Baptiste. Les puristes contemporains verront probablement la transformation de l'orgue Déry, qu'on trouvait toujours remarquable en 1921, comme un véritable sacrilège. Il n'en est rien si l'on prend soin de sentir le pouls de l'époque. L'avènement de l'électrification des orgues, la renommée mondiale des Casavant pour la fiabilité et l'endurance de leur construction pour une part bousculant la façon traditionnelle de construire l'orgue avait de quoi séduire. Il y avait aussi la présence d'un grand bâtisseur à Saint-Jean-Baptiste en la personne de Mgr Laberge, le curé "qui a voulu donner au temple si somptueusement restauré, une âme capable de chanter dignement les louanges du Très-Haut".
Monsieur Bernier parle de la génèse de son nouvel instrument en ces termes:
"De passage à Québec, l'éminent virtuose Joseph Bonnet, titulaire des grandes orgues de Saint-Eustache à Paris, voulut bien prendre connaissance du devis préparé pour la reconstruction des orgues de Saint-Jean-Baptiste. Ses conseils et suggestions furent accueillis avec profit par les savants organiers, Casavant Frères, héritiers d'une longue expérience et d'une noble tradition. Les Casavant s'inspirèrent aussi des leçons puisées à Paris même durant leur séjour aux ateliers Cavaillé-Coll".
Lors de son inauguration, monsieur Bernier était fier de ses nouvelles orgues: puissance, souplesse, richesse de la palette sonore, il y avait là tout pour plaire à son immense imagination d'improvisateur. De 1916 à 1944, année de sa mort, on accourrait de partout pour l'entendre; plus que tout autre il a su nourrir la tradition lancée par Ernest Gagnon en 1853.
Son successeur fut le regretté Charles Lapointe, homme discret, d'une distinction exemplaire, professeur émérite d'audition et de formation de l'oreille à l'université Laval. En 1965, la crise liturgique qui sévit après le concile pousse à bout ce fidèle serviteur du temple qui se veut neuve et sans pitié pour le pain quotidien de la belle liturgie, le grégorien. Après la mort de la chorale "l'Union musicale" en 1936, après 70 ans de vénérables services, M. Paul-Émile Roy prit en 1948, pour 5 ans, les destinées d'une chorale célèbre composée de 18 hommes. Au début des années 60, Georges Cyr le remplace pour le dur passage post-conciliaire.
Pour sa part, l'orgue de monsieur Bernier subit en 1947-8 des transformations dans son harmonie. C'était l'aube du renouveau de l'orgue qui connaîtra un tournant décisif avec l'orgue Beckerath de l'Oratoire Saint-Joseph en 1959. En 1947, on trouvait que l'orgue de Saint-Jean-Baptiste souffrait de déséquilibre, les anches semblaient alors trop fortes pour les pleins jeux, alors on décida d'assombrir les jeux d'anches (trompettes, clairons, bombardes). Nous ne jugerons pas de cette initiative, disons qu'elle s'inscrivait dans un honnête courant de recherche qui devait aboutir à l'heureuse réharmonisation de 1976. Monsieur Charles Lapointe, en 1965, m'avait averti de son départ de Saint-Jean-Baptiste et m'avait suggéré d'offrir mes services. J'ai suivi son conseil, mais c'est M. Georges Lemay qui, pendant dix ans, joua l'instrument et pansa du mieux qu'il put les multiples blessures du géant fatigué.
L'état dans lequel j'ai trouvé, en 1975, l'instrument faisait pitié. Les réservoirs percés chantaient leur détresse mais les qualités inhérentes vivaient toujours, la majesté de l'acoustique, le devis rappelant vaguement celui d'un instrument qui m'avait déjà séduit, à Saint-Eustache de Paris, promettaient une reconstruction habile. Je reprends ici les mots de Bernard J. Cavelier, l'harmoniste rouennais à qui l'on confiait la délicate opération:
"La restauration et la réharmonisation de l'orgue de Saint-Jean-Baptiste fut une opération ambitieuse. Construire une instrument neuf est agréable, restructurer un instrument déjà existant suppose un certain respect car il s'agit ici d'améliorer les idées d'un autre".
Ce sont les organistes Antoine Reboulot et Antoine Bouchard, mes deux maîtres qui ont insisté pour que l'on en fasse un véritable grand orgue de seize pieds, le seul du genre à Québec, avec grand plein jeu et grand cornet. Quand on me demande d'expliciter ces termes spécialisés, je réponds "l'orgue de Saint-Jean-Baptiste a une magnifique voix de basse, alors que les autres orgues à Québec sont des ténors". C'est exactement ce que les frères Casavant avaient flairé pour Saint-Jean-Baptiste déjà en 1921.
Pour la petite histoire de ce bel instrument, je rappelle que "en plein cœur de ce travail (restauration de 1976) le matin du 16 août 1975, une inondation catastrophique tombée du clocher sur trois divisions dont la mécanique venait à peine d'être refaite, avec le résultat que les claviers de Récit, Positif et Bombarde étaient à recommencer. Avec courage et patience, tout comme Moïse, nous avons sauvé ce bel instrument des eaux".
Depuis 1976, nous apprécions pleinement la justesse de l'opération entreprise à ce moment et nous voyons encore mieux les améliorations à y apporter pour que l'instrument retrouve bientôt la souplesse de ses jeunes années (1921). En 1976, la console donnait déjà des signes de faiblesse, mais de l'avis éclairé de M. Cavelier, il valait mieux miser le plus possible sur la réharmonisation, c'était la première exigence, les autres en découlant.
La console de 1921, avec son mini cerveau mécanique d'enregistrement des jeux, tel que Casavant l'a inventé et perfectionné, fonctionne encore aujourd'hui d'après le plus fiable et le moins coûteux des systèmes; elle nécessite une révision complète et un réglage à neuf pour lui redonner cette pratique souplesse, impossible à obtenir sur un orgue de tant de registres sans le secours de "ce bon vieux robot qui nous assiste dans la console". Le grand J. Arthur Bernier le décrivait en ces termes en 1921:
"Soixante-seize jeux parlants, répartis sur quatre claviers manuels et un clavier de pédales; voilà l'imposante masse sonore, qui, telle une riche palette aux cent couleurs, s'offre à l'exécutant. Et puis, à côté de ces voix chantantes, vingt-sept pistons affectés aux différent claviers, trente-trois accouplements et huit pédales de combinaison générale, forment un mécanisme d'une souplesse extrême dont les ressources sont inépuisables".
La prochaine étape de restauration rendra vraisemblablement à cet instrument la souplesse qui avait fasciné le mémorable J. Arthur Bernier. Son merveilleux habit sonore contemporain le séduirait aussi sans doute, car cet instrument sert admirablement d'abord, le répertoire romantique (provisoirement délaissé de nos jours), et illustre aussi avec beaucoup de solennité le répertoire de l'époque classique, ce qui est une grande amélioration.
La restauration de 1976 a donné naissance à la chorale paroissiale actuelle, la "Voix du Faubourg" et, en 1979, l'orgue de Saint-Jean-Baptiste fut le premier instrument à être classé comme "bien culturel" par le ministère des affaires culturelles du Québec.
Jean-Eudes Beaulieu
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The history of St. Jean-Baptiste church, the second one on the same site, begins the day following a tragedy: on June 7, 1881 a fire ravaged St. Jean district, destroying 622 houses and leaving 1500 families on the streets. The church, built by Charles Baillargé, after a similar tragedy in 1845, was left with only standing charred walls.
Immediately, the authorities of Notre-Dame parish, of which St. Jean-Baptiste church was dependent for administration, decided to rebuild to church. Architect Joseph-Ferdinand Peachy is commissioned to prepare the plans. Since the projected church is to be much larger than the former one, it is decided to add an hemicycle sanctuary to the former flat chevet and a portico in front of the former wall-gable.
According to construction contracts, signed in October 1881, the shell should be completed in November 1883. The church is inaugurated on July 27, 1884 even though there are much work to be completed. The spire will be completed only in 1885, the architectural interior décor must wait until 1890-91, and the crypt will be finished in 1894. But in 1886, the parish was canonically established.
In the city of Québec landscape, St. Jean-Baptiste church occupies a first choice place as much as for its location than its architectural expression dominating the area. The narrow site was a challenge for the architect : the monumental west façade not being very visible, lateral walls are treated as real façades, one towards St. Jean street, and the other towards the north.
Joseph-Ferdinand Peachy proposed an interesting synthesis between Québec architectural heritage and the French building he uses as a model : Trinité church in Paris (1868), designed by architect Théodore Ballu, he visited in 1879.
Through its layout, its structure and its terracing, St. Jean-Baptiste church primarily belongs to Quebec heritage. The building is made of masonry covered by freestone while the interior structure (pillars and roof framework) are made of wood.
In the façade, the influence of Trinité church is very visible. The statues are mainly made of cement and were produced by Michele Rigali. The bell tower and its shooting 240-foot steeple reminds English steeples designed by Christopher Wren and James Gibbs who left their mark on 19th-century Quebec religious architecture. On the other hand, the conic shape of the steeple is borrowed from French castles, a style settling in Quebec. It houses a 4-bell carillon.
With St. Jean-Baptiste church, Joseph-Ferdinand Peachy asserts himself as an adept of the French classical eclecticism (or Second Empire style). Truly, this church is set as a model trying to impose a French image to the landscape of the provincial capital.
The interior decoration dates back to the start of the 20th century. The Way of the Cross, made by Roman painter Cremonini, is installed in 1900. In 1912, sculptor François-Pierre Gauvin installs a large baldachino, in Louis XV style, over the main altar trying to rival the one in the cathedral. It is supported by caryatid angels instead of using pillars. These angels were sculpted by Louis Jobin. The main altar is purchased in 1920 at the cost of 22 000$ from Daprato, in Chicago, who also supplied the lateral altars two years later, the communion rail, and the pulpit in 1927. In 1928, three large paintings are hung in the sanctuary: the Crowning of Mary, the Ascension, and the Assumption. They were painted by members of the Sisters of Good Shepherd. Paintings recovered from the previous church are hung in the reredos of lateral altars and above the doors leading to the vestry. The 36 stained glass windows were produced and installed by Bernard Léonard, of Québec, between 1887 and 1912.
St. Jean-Baptiste church is classified as an « historical landmark » in 1990 according to the Cultural Assets Bill.
The organ
To talk about the various instruments that have been installed in St. Jean Baptiste church, it is also to talk about the people who lived around them: organists and various choral ensembles.
The first instrument officially mentioned, back in fall 1851, referred to a modest reed organ. The first organist was Louis Pheiffer; he held the position for about a year before he decided to move to the United States. Already, there was a first choral association, the Societé des Amateurs de Saint-Jean (St. Jean Amateurs Society) which would operate until 1864. At that time, it was led by Jean Peachy, a relative to the actual church's architect.
The first pipe organ was bought, in 1853, from Warren, a Montreal organbuilder. It was inaugurated on December 8, 1853 by the famous organist, Ernest Gagnon. This first instrument had an eventful life. In 1855, it was moved from St. Jean-Baptiste to St. Romuald, why? May be it was considered too small for the church. According to the archives, it was not even installed in St. Romuald but rather immediately sold to St. Michel de Bellechasse church where a fire, enemy number one for historical instruments, destroyed it.
In October 1855, a ship unloads a 1228-pipe, 22-stop instrument for St. Jean-Baptiste church, a shipment coming from London-based organbuilder Walker. Étienne Montmigny, a local piano tuner, rapidly assembles it (the organ would have been probably pre-voiced back in the London factory) so that by All Saints' Day (November 1st), Damis Paul, organist at St. Roch, inaugurates it while Ernest Gagnon was absent.
By Christmas 1855, the newspaper "Le National" reviews it saying:
"…this organ is the most complete instrument in all the churches in the city and with regard to power, clarity and variety of sounds, it is, for saying nothing more, equal to the instruments in the Cathedral and in St. Roch".
A little further, a note is added concerning the vocal music along these terms:
"St. Jean-Baptiste church is the only church to have an amateur vocal ensemble who enhances, every week, liturgical celebrations".
It is surprising that, for the first time, there is no comparison with was going on at the Notre-Dame Cathedral.
It is fortunate to learn that back in those days, the idea of further training was already present. In 1857-8, Ernest Gagnon, the organist (who had already arranged and edited the always popular Christmas canticles), decides to go to Paris and study with European masters in order to better his formation because "he thought he was not as great an artist as he was". He came back a year later, in October 1858, and he stayed as organist until 1864, year he was promoted organist at the Cathedral.
His brother, Gustave, succeeds him. It is also the end of the activities for the "Société des Amateurs de Saint-Jean". In 1866, the famous Union Musicale was formed, its activities would last nearly 70 years and apart from its church functions it would take part in various national and religious activities.
Apart from the 1855 Walker organ, we gather from the May 8, 1881 fire report that there was another instrument in the church (a small choir organ probably used for accompaniment) but its location was not specified.
The third instrument, still present inside the actual instrument, was installed in the actual church in 1885. Its specifications are drawn by organist Georges Hébert, successor to Gustave Gagnon, and by Napoléon Déry, the famous organbuilder, living in St. Jean-Baptiste, on Sutherland street (his house and workshop were torn down to give way for the school). This instrument is better known to us because of what the newspaper "Le Courrier du Canada" wrote about it the day following its inauguration, by Ernest Gagnon, on May 15, 1885:
"It is one of the most powerful organs we have heard so far and, for sure, the best for its overall qualities and in its details. Its reed stops have such a softness so far unheard of. Let's quote for example, the 2 trumpets, the bassoon, the harmonic trumpet, the oboe, the clarinet, the human voice; in other words, we would need to include all the stops because they have incomparable richness and softness. Let's not forget the flutes which are remarkable by their sweetness. Certain wooden stops are so well mouthed that they were mistakably identified, by organists, as metal stops. The musicians congratulated Mr. Déry for the softness of the keyboards. We cannot ignore the wind system built according to a new and better system. A single man is required to pump all the necessary air required by the organist".
The terms used in the report inform us, nearly a century later, about the aesthetics of the instrument at that time. It is surprising, to us today, to hear about the softness of the trumpets.. (reed stop); they were following the "harmonic" style of the romanticism. It is the same style that would give us soft mixtures and plein jeu.
The Déry organ of St. Jean-Baptiste looked alike the one in St. Isidore de Dorchester. It was also a two-manual and pedal instrument, but with a more commanding stature. Thérèse Coulombe, organist at Cap St. Ignace, described to me this organ that she knew well, before 1920, while she was studying with famous organist J. Arthur Bernier. The case was smaller than the actual one and was located between the two pillars of the central rib where the statue of St. Cecile is located on the actual case, therefore completely in the back of the loft. The keyboards and the stops drawknobs were located inside two large shutters which give the bizarre and intimate impression, to the organist, to play inside an open wardrobe, under the mass of pipes (console known as "en fenêtre").
While the 1976 restoration works were under way, we learned that Napoléon Déry manufactured his own wooden pipes while he purchased pre-voiced metal pipes from a pipe maker, a practice that is still underway in many organbuilding shops. The building itself is worthy of mention; his artfulness and organbuilding craftsmanship made headway to improve building techniques (softness of mechanical keyboards, flexibility in the air system, and craftsmanship in the case itself). It's in St. Jean-Baptiste that lived one of the greatest organbuilders and we can imagine this ordinary man's pride when he was commissioned to build the new organ for his parish. On this subject, the "Courrier du Canada" sums up the whole city's admiration:
"Mr. Déry has revealed, in this instrument, all his talents and all his engineering knowledge. Québec now has an organbuilder renowned not only in Canada but throughout the world. We have nothing to envy, on this chapter, to other Canadian confederation cities."
Napoléon Déry also built a second instrument for St. Jean-Baptiste, a smaller one (6 stops). It was located in the loft on St. Jean street side above the communion rail. In 1950, it was sold and as of today, it is still in service in British Columbia.
In 1916, J. Arthur Bernier, organist at Notre-Dame-de-Jacques-Cartier was named at St. Jean-Baptiste. He was an eminent virtuoso, he had great plans. Ever since the Casavant organ inauguration in St. Charles de Limoilou in 1919 by Joseph Bonnet, Bernier, with his romantic mind, fiery and lover of pronounced contrasts, was dreaming about an imposing project for St. Jean-Baptiste. The contemporary purists would probably see the transformation of the Déry organ, which was still remarkable in 1921, as a real sacrilege. That was not the case if we carefully sample the mood at that time. The coming of electricity for organs, the world fame of Casavant for its reliability and resistance of construction changing the traditional ways organs were built has something to be fascinated with. There was also the presence of a great builder in St. Jean-Baptiste, Mgr. Laberge, the parish priest who "wanted to give to his church so sumptuously restored, a spirit worthy to sing the praise of the Almighty".
Bernier speaks bout the genesis of the new instrument in these words:
"While in Quebec City, the eminent virtuoso Joseph Bonnet, organist at St. Eustache in Paris, took time to learn about the specifications prepared for the rebuilding of the organ at St. Jean-Baptiste. His advises and suggestions were profitably accepted by the organbuilders, Casavant Frères, heirs of long experience and noble tradition. Casavant also draw inspiration from lessons learned in Paris while they toured Cavaillé-Coll workshops".
At the inauguration, Bernier was proud of the new organ: power, flexibility, richness in its tone palette, there was everything to please his large imagination as improviser. From 1916 to 1944, year of his death, people was coming from everywhere to hear him; more than anybody else, he knew how to continue the tradition set by Ernest Gagnon in 1853.
His successor was late Charles Lapointe, a discreet man, of exemplary distinction, audition and ear training emeritus professor at Laval University. In 1965, the liturgical crisis following the Vatican Council II urged on the trustworthy servant of the temple into something new and without mercy for the daily bread of the liturgy, the gregorian chant. When the Union Musicale stopped its operations in 1936 after 70 years of services, Paul-Émile Roy took on, in 1948 and for 5 years, the direction of an 18-man renown chorus. In the beginning of the 60's, Georges Cyr succeeded him during the uneasy post-council era.
Meanwhile, Mr. Bernier's organ underwent transformations in its harmony in 1947-8. It the dawn of the organ renewal that will take a decisive turn, in 1959, with the Beckarath organ at St. Joseph Oratory in Montreal. In 1947, it was thought that the organ was out of balance, its reed stops were too heavy for the pleins jeux, then it was decided to darken the reed stops (trumpets, clarions, bombardes). We will not judge this initiative but let us say that it was within an honest way of thinking and research that would led to the 1976 successful re-voicing. In 1965, Charles Lapointe informed me that he was thinking about leaving St. Jean-Baptiste and suggested that I should apply for the post. I followed his advice but it was Georges Lemay who, for the next ten years, played the instrument and tend, the best he could, to the multiple wounds of a tired giant.
The instrument I took over, in 1975, was a real pity. The leaking windchests sung about their distress but the inherent qualities were still alive, the majesty of the acoustic, the specifications vaguely reminded me of an instrument with which I was one seduced, in St. Eustache in Paris, were promising a artful reconstruction. Here are Bernard J. Cavelier's words, the Rouen voicer, to whom was given the delicate operation:
"The restoration and the re-voicing of the organ in St. Jean-Baptiste was an ambitious operation. Building a new instrument is always pleasant, restructuring an existing instrument assumes some respect because it means to improve someone else's ideas".
Two of my organ teachers, Antoine Reboulot and Antoine Bouchard, insisted on the fact that the instrument should be a real, true 16-foot instrument, only of its kind in Quebec City, with a grand plein jeu and grand cornet. When I am asked to explain these specialised terms, I answer that "the organ in St. Jean-Baptiste has a magnificent bass voice while the other organs in Quebec City have a tenor voice". That was exactly what Casavant brothers had in mind for St. Jean-Baptiste way back in 1921.
For the small history of this magnificent instrument, I recall that "while the works were under way (1976 restoration), on the morning of August 16, 1975, a catastrophic flood coming from the bell-tower on three divisions newly restored; the result was that all work done on Récit, Positif and Bombarde had to be done over. With courage and patience, just like Moses, we saved this instrument from the waters".
Since 1976,we fully appreciate the rightfulness of this operation and we better see what improvements are required so that this instrument rediscovers the flexibility of its younger years (1921). In 1976, the console showed some signs of weakness but according to Mr. Cavelier, it was better to bid as much as possible on the re-voicing which was the primary requirement, the others being derived.
The 1921 console, with its mini mechanical brain for registration, the way Casavant invented it and improved it, is still in operation today using the most reliable and less costly system; it requires a complete revision and a new adjustment to bring back its practical flexibility, impossible to obtain on an instrument as large as this one without the assistance of the "good old robot assisting us on the console". J. Arthur Bernier described this system with these words back in 1921:
"Sixty six speaking stops divided among four manuals and pedal; here is the commanding sound mass which, like a 100-color rich palette, is being offered to the organist. Aside these singing voices, twenty-seven pistons affecting the various keyboards, twenty-three couplers and eight general combination pedals together form an extremely flexible mechanism for which resources are almost inexhaustible".
The next restoration stage will inevitably restore this instrument to the flexibility that once fascinated memorable J. Arthur Bernier. Its contemporary sound colour would certainly seduce him because this instrument is admirably fit for the romantic literature (temporarily neglected these days) and illustrate with much solemnity literature from the classical era which is a great improvement.
The 1976 restoration saw the beginnings of the actual parish chorus, the "Voix du Faubourg" and in 1979, the organ was the first instrument to be classified as a "cultural asset" by the Quebec ministry of cultural affairs.
Jean-Eudes Beaulieu
(Translation)
II. Grand Orgue |
I. Positif |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre | 16' | Bourdon | 16' | |
| Montre | 8' | Principal | 8' | |
| Diapason | 8' | Bourdon | 8' | |
| Flûte double | 8' | Quintaton | 8' | |
| Bourdon | 8' | Violina | 4' | |
| Gros Nazard | 5 1/3' | Flûte douce | 4' | |
| Prestant | 4' | Quinte | 2 2/3' | |
| Flûte | 4' | Flageolet | 2' | |
| Grosse Tierce | 3 1/5' | Tierce | 1 3/5' | |
| Nazard | 2 2/3' | Larigot | 1 1/3' | |
| Doublette | 2' | Plein Jeu | V | |
| Flûte | 2' | Cromorne | 8' | |
| Tierce | 1 3/5' | Trompette | 8' | |
| Fourniture | V | |||
| Grande Fourniture | V | |||
| Bombarde | 16' | |||
| 2Trompette | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
III. Récit |
IV. Bombarde |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Fagotto | 16' | |
| Principal | 8' | Stentorphone | 8' | |
| Viole de gambe | 8' | Violoncelle | 8' | |
| Voix céleste | 8' | Grosse flûte | 8' | |
| Bourdon | 8' | Viole d'orchestre | 8' | |
| Principal | 4' | Viole céleste | 8' | |
| Flûte | 4' | Flûte harmonique | 4' | |
| Flûte traverse | 4' | Viole | 4' | |
| Quinte | 2 2/3' | Bombarde | 16' | |
| Piccolo | 2' | Hautbois | 8' | |
| Sesquialtera | II | 2Trompette en bombarde | 8' | |
| Fourniture | IV | Clairon | 4' | |
| Basson | 16' | |||
| Voix humaine | 8' | |||
| Hatubois | 8' | |||
| Trompette | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
Pédale |
||
|---|---|---|
| 1Flûte ouverte | 32' | |
| Flûte | 16' | |
| Principal | 16' | |
| Bourdon | 16' | |
| Bourdon doux | 16' | |
| Principal | 8' | |
| Octave | 8' | |
| Bourdon | 8' | |
| Flûte | 4' | |
| Octave | 4' | |
| Fourniture | V | |
| 1Contre-bombarde | 32' | |
| Bombarde | 16' | |
| Trompette | 8' | |
| Clairon | 4' | |
| 1 | Longueur réelle / Full length |
| 2 | À la française |