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Warren, 1854 Juget, 1995
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Chambly naît des impératifs de la défense de la Nouvelle-France au XVIIe siècle: le fort, construit au pied des rapides, en témoigne. La rivière Richelieu devient un site stratégique lors de l'invasion américaine de 1812. Autour du fort se développe un imposant camp militaire, lui-même entouré d'un village civil.
La garnison qui s'installe à Chambly ne se satisfait pas longtemps d'un lieu de culte temporaire. En 1818, un groupe de citoyens cherche à obtenir un terrain du gouvernement. Un premier site choisi dans l'enceinte du camp militaire s'avère impossible à obtenir. Le 17 août 1819, une réunion des résidents britanniques conclut qu'il faut construire une église anglicane et qu'il faut obtenir un terrain. Le projet va bon train puisqu'en mai 1820, un terrain est obtenu et des ententes sont établies avec l'entrepreneur François Valade pour ériger l'église. La décision de construire est prise et la pierre angulaire est posée le 11 mai 1820.
Le premier pasteur de l'église et missionnaire de la Society for the Propagation of the Gospel (Société pour la propagation de l'évangile), le révérend Edward Perkin, prépare, en 1819, deux plans: une pour une église en bois, et l'autre pour une église de pierre. François Valade s'engage le 24 février 1820 à construire une église en pierre d'environ 16 mètres sur 10, de 8 mètres de haut. Il retient les services des maîtres maçons Louis Duchatel et François Morris pour ériger le gros oeuvre et faire les enduits. L'édifice est livré au culte le 30 novembre 1820, sans les enduits intérieurs, l'entrepreneur s'étant engagé à les compléter deux ans plus tard. À ce moment, l'église aura coûté 1 000 livres, le montant le plus élevé payé jusque-là pour une église protestante à l'extérieur de Québec et de Montréal.
Au fil des ans, l'édifice est complété, réparé et restauré. En 1842, on ajoute des galeries latérales à la tribune arrière mise en place dès 1820. En 1861, les fenêtres sont toutes remplacées; six ans plus tard, le sanctuaire subit des réparations. En 1882, le clocher est consolidé et partiellement reconstruit, son état ayant été jugé dangereux. Depuis le début du XXe siècle, plusieurs campagnes de travaux sont également entreprises. De 1920 à 1926, les murs, la toiture et le clocher sont réparés puis l'intérieur est rafraîchi. Une rénovation intérieure encore plus considérable a lieu en 1943-44 et, dernièrement, l'église a fait l'objet d'une restauration soignée.
L'église est remarquable à plusieurs égards. Il s'agit d'un bâtiment destiné au culte protestant, érigé sur le modèle d'une église catholique. Le plan avec nef terminée par une abside en hémicycle plus étroite, la forme des ouvertures et le clocher à double lanternon sont autant d'éléments qui appartiennent à l'architecture traditionnelle du Québec.
La première cloche fut fondue en Angleterre en 1812 et importée par Sir John Johnson, un loyaliste qui avait quitté New-York en 1776 pour se réfugier au Canada. Elle fut vendue en 1915, puis rendue à St. Stephen's en 1970 pour être volée par la suite.
L'orgue
Le premier orgue était un instrument à cylindre construit à Londres par Joseph William Walker en 1844 et installé à Chambly en 1845. En 1856, les paroissiens ont remplacé leur petit orgue à cylindre (vendu à l'église St-Thomas de Rougemont où il fonctionne aujourd'hui encore) par le positif actuel de Samuel R. Warren.
En 1955, le facteur anglais J.S. Tuttiet a porté le pédalier de 17 à 27 notes en y installant la traction tubulaire pneumatique. C'est lui aussi qui ajouta la pédale à bascule de la boîte d'expression et le tremblant.
En 1995, le facteur Denis Juget a effectué un relevage1 minutieux et installé trente-sept tuyaux de Trompette pour compléter ce qui était sans doute la composition prévue à l'origine, comme en témoignent le tirant supplémentaire de registre et les perçages de registre et de chape effectués par Warren.
On notera que, suivant la coutume de l'époque, la Dulciane emprunte au Bourdon ses tuyaux graves. Quand au buffet, il révèle combien Warren, issu d'une famille d'ébénistes et d'architectes, avait le sens de la proportion non seulement dans l'oreille mais aussi dans l'oeil.
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1Notes sur le relevage
L'orgue a été démonté. Toute la tuyauterie a été retirée, ainsi que les pièces de mécanique, incluant le gros soufflet posé dans le soubassement derrière l'orgue. Ensuite, lors d'un "petit ménage" sous le plancher, plusieurs pièces de mécanique qui composaient l'ancienne pédale, ont été retrouvées à savoir: équerre, pilotes, écrous et ressorts.
à l'origine, l'alimentation en vent de l'orgue était assurée par deux pompes, sous le soufflet, actionnées par un levier situé sur le côté "C" du buffet. Tout a disparu. Le soufflet et un ventilateur électrique se trouvent à l'extérieur du buffet. Les porte-vent qui assuraient la liaison du ventilateur électrique au souffet et ensuite, du soufflet au porte-vent principal étaient faits à l'aide de "tuyaux de poêle". Ils ont été remplacés par des porte-vent en bois. Le soufflet a été complètement recuiré et de nouvelles charnières ont été installées. l'étanchéité des tables a été contrôlée et une nouvelle couche de peinture a été appliquée.
Le clavier a été replaqué avec de l'os, et les feutres ont été changés. Le pédalier de 27 notes a été regarni, certains ressorts ont été changés et de nouveaux placages de bois de rose ont été collés sur les dièses. Ce pédalier n'est pas d'origine. L'ancienne pédale avait 17 notes. En effet, les touches graves du clavier ont une surlongueur sur toute l'étendue de la tirasse, soit le f, les touches ont été rallongées par la suite. Ce travail est de même facture mais l'essence du bois employé est différente. De plus, on retrouve le petit profil de l'ancien pédalier au sol grâce au contour des couches successives de peinture.
Certains feutres de l'abrégé ont été changés. Les barres de balanciers ont été contrôlées et les frictions enlevées. La jonction entre les balanciers et les soupapes se fait à l'aide de fils de fer qui passent à travers une plaque de tôle placée sous la laye. Les frictions ont été enlevées et des feutres ont été collés à l'extérieur de la laye autour de chaque fil pour atténuer les bruits de fuite de vent.
Tous les éléments qui composent le tirage de jeu ont été consolidés et certains axes ont été changés. Un nouveau tirant de jeu a été installé pour le tremblant à la place de l'ancien tirant du signal et celui de la trompette a retrouvé sa place. Deux nouveaux boutons de registre ont été tournés et gravés. Tous les autres boutons ont été regravés.
Une nouvelle mécanique a été construite pour l'expression. Le feutre des lames a été changé. à l'origine, ces lames se trouvaient à l'horizontal, et s'ouvraient à l'aide d'une cuillère. Quand le pédalier de 27 notes a été installé, la cuillère gênait. Elle a été changée au profit d'une pédale et pour ce faire, les lames ont été placées verticalement.
Les soupapes ont été nettoyées, et les ressorts calibrés. La table supérieure du sommier est craquée par endroits, principalement dans l'axe des perçages. Les fentes ont été comblées avec de la colle. On note toutefois un emprunt entre les notes c et d de la deuxième octave. Il a été décidé de le laisser car il ne se remarque pas quand on joue. De nouveaux pilotins ont été tournés car ceux qui étaient en place étaient de différentes longueurs, ce qui a certainement entraîné l'affaisement de toute la tuyauterie, les pieds des tuyaux n'étant pas bien tenus.
L'ensemble de la tuyauterie a été nettoyé et redressé. Certains tuyaux de la soubasse avaient déjà été recloués et revissés généreusement. Les gros tuyaux n'étaient pas en bon état. Quand il n'a pas été possible de les recoller, ils ont été étanchés à l'aide de bandes de peau. Un jeu de trompette a été construit en utilisant les tailles de l'orgue Warren de Frelighsburg. Tout était prêt pour recevoir ce jeu. Le faux-sommier était déjà pointé, il a été simplement percé au diamètre des pieds de la nouvelle trompette. Cette petite trompette se fond très bien à l'ensemble. Il est dependant regrettable que ce jeu ne descende pas dans la basse (f à f3), mais ainsi l'a voulu le facteur! Il est intéressant de noter que la combinaison fixe fait toujours venir la trompette avec les fonds de l'orgue. C'est donc dans cet esprit qu'il faut l'utiliser et non comme jeu solo. Les autres jeux ont été égalisés et accordés. Le A est à 442 Hz à 20oC.
Les trous dans le buffet ont été bouchés et certaines pièces ont été changées. La porte du soubassement du côté "C" a été complètement refaite avec ce qui était possible de réutiliser de l'ancienne. L'éclairage et le contact du moteur ont été installés dans le plafond de la console. Le buffet a été complètement décapé jusqu'au bois. Une teinte verte est alors apparue au cours des travaux sur certaines moulures du haut de l'orgue. Elle a été conservée. Le buffet a été reteinté et reverni. Un nouveau banc de même style a été construit car l'ancien était en très mauvais état.
Le tremblant a été réactivé mais il s'adapte mal aux variations de pression du vent. Il peut très bien s'arrêter de fonctionner au moment où la pression change. par contre, quelque chose d'intéressant a été remarqué: ce tremblant est fabriqué avec des restants du sommier de pédale original et deux grosses soupapes de pédale ont pu être clairement identifiées. Il semblerait que des travaux aient été effectués sur place avec du matériel recyclé et des matériaux trouvés dans l'église. Malheureusement, les archives sont assez floues sur ce sujet.
En conclusion, ce travail se veut très respectueux de cet orgue magnifique de Samuel Warren et dans un sens, cherche "à se faire oublier". Si c'est le cas alors le relevage de l'orgue sera réussi.
Denis Juget
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Chambly is born from imperatives to defend New France in the 18th century: the fort, built at the foot of the rapids as an example. The Richelieu river became a strategic point during the 1812 American invasion. An imposing military camp was deployed around the fort itself surrounded by a civil village.
The garrison settled in Chambly was not satisfied with the temporary place of worship. In 1818, a group of citizens asks for a lot from the government. A first site was chosen and located inside the miliraty camp but the lot is impossible to be obtained. On August 17, 1819, a reunion of British residents concluded that an Anglican church must be built and a lot must be obtained. The project went at a brisk pace until May 1820, a lot has been obtained and agreements were established with contractor François Valade to build the church. The decision to build the church is taken and the cornerstone is laid on May 11, 1820.
In 1819, the first pastor and missionnary for the Society for the Propagation of the Gospel, Reverend Edward Perkin, draws two sets of plans: one for a wooden church, and the other for a stone church. François Valade is commissionned, on February 24, 1820, to build a stone church that is 52.5 feet (16 m) by 33 feet (10 m), and 26 feet (8 m) high. He retained the services of master masons Louis Duchatel and François Morris to build the structure and to make the cement facings. The church was completed on November 30, 1820 but the interior decoration that would be completed, by the contractor, during the next two years. At that time, the church costed 1,000 pounds, the highest amount paid until then for a Protestant church outside Quebec City and Montreal.
As years went by, the building was completed, repaired and restored. In 1842, lateral galeries are added to the rear gallery built in 1820. In 1861, windows are replaces; six years later, the chancel is repaired. In 1882, the bell-tower is strengthened and partially rebuilt because it has been deemed dangerous. Many works campaigns were executed in the 20th century. From 1920 to 1926, the walls, the roof and the bell-tower were repaired and the inside was freshened up. An major interior renovation was carried out in 1943-44 and lately, the church has been the object of a careful restoration.
The church is remarkable. It is a building intended for the Protestant liturgy but built according to the model of a Catholic church. The layout with a nave that ends with a narrower semicircular apse, the style of the windows and the double-lantern bell-tower which are all elements representing the Quebec traditional architecture.
The first bell, cast in 1812 and imported from England by Sir John Johnson (a Loyalist who escaped from New York to Canada in 1776), was sold in 1915, and returned to St. Stephen's in 1970 and was subsequently stolen.
The organ
The first organ was a barrel organ built in England by Joseph William Walker of London and installed at Chambly in 1845. The barrel organ was sold, in 1856, to St. Thomas' Anglican Church in Rougement (where it is in use), shortly after St. Stephen's Church bought the present S.R. Warren organ.
In 1955, the British organbuilder J.S. Tuttiet enlarged the pedal from 17 to 27 notes by adding tubular pneumatic action. He also added the expression pedal for the expression box and the tremblant.
In 1995, organbuilder Denis Juget carried out a meticulous restoration1 and added the 37 pipes of the Trompette stop in order to complete what was, without any doubt, the original specification for the instrument as bear witness the additional drawknob and the openings made in the chests by Warren.
It will be noted that, following the custom at that time, the Dulciane borrows its lower pipes from the Bourdon. As for the organ case, it discloses how Warren, coming from a family of cabinet-makers and architects, not only had feelings for proportions about sound but he was also sharp-eyed.
1Notes on the restoration
The organ was dismantled. All pipework and mechanical parts, including the large bellows, were removed. In the course of doing a "light cleaning" beneath the floor, some mechanical parts from the former pedal were found: windchest squares, springs, leather nuts, stickers, etc.
Originally, the wind was supplied by two feeder bellows under the reservoir, which were worked by a lever on the Cs side of the organ. Nothing remains. The bellows and an electric blower are now placed outside the organ case. The wind trunks from the electric blower to the bellows, and from the bellows to the main wind trunk, are made of stove pipe. They were replaced with wooden wind trunks. The bellows was completely releathered, with new hinges. The air-tightness of the panels was checked, and a new coat of pain was applied.
The keyboard was replated with bone, and the felts were changed. The 27-note pedalboard was refelted, some springs were changed and new rosewood sharps were applied. This pedalboard is not original. The original had 17 notes. The keyboard keys of the pedal compass, ie, the first 27 notes, have an overlength to accept the pedal pulldowns, but only the first 17 overlengths are original, the last 10 having been glued on afterwards. Consistent with this observation, one can see the original pedalboard width imprinted by the many layers of paint on the floor.
Some roller board felts were changed. The back fall rails were checked, and frictions relieved. The steel pulldown wires pass through small holes in a metal plate under the pallet box. Friction was relieved and then felts were glued at these junctions to stop wind noise. All parts of the stop action were checked and repaired, and some axles were repaired. A new stop was installed for the tremolo in the space left by the old signal knob, and a trumpet knob was placed in its former spot. New stop knobs were turned, and all engraving was re-done.
A new mechanism was made for the swell action. The sweelshade felts were changed. Originally these shades were placed horizontally and held opened by means of a notch. When the 27-note pedalboard was installed, the pedal was in the way. Therefore a swell pedal was installed and the shades had to be made vertical. The pallets were cleaned, and their springs regulated. The windchest's upper table is cracked in places mostly along lines of borings. The cracks were filled with glue. There is still a leak from c to d in the second octave. It was decided to leave it since it cannot be heard in normal playing. New rack pins were turned. The old pins were of different lengths which certainly caused the collapse of the pipework, since their feet were not well supported.
All pipework was cleaned and straightened. Some Bourdon 16' pipes had been liberally nailed and screwed back together. The long pipes were not in good shape. When it was impossible to glue cracks closed, leather was used. The trumpet stop was built using scales from the Warren organ in Frelighsburg. Space for this stop had been provided for originally. The rackboard had been punched and only the boring of holes to the diameter of the pipe-feet remained to be done. This little trumpet blends well with the ensemble. Although it is regretable that the stop is not complete in the bass, so was the builder's intention. It is interesting to note that the fixed combination now brings in the trumpet with the foundation stops. This shows that it was intended to be used as a foundation and not as a solo stop. All other stops were equalized and tuned. The A is tuned to 442Hz at 20oC.
Holes in the case were filled in and certain pieces replaced. The door of lower case on the C side was rebuilt with some original pieces. The console light and blower switch were installed above the music stand. The case was stripped down to wood. Green stain was found on certain mouldings at the top of the case. It was preserved as is. The case was restained and varnished. A new bench in the same style was built because the old one was in very bad shape.
The tremolo was reactivated but it does not adapt well to changes in wind pressure and may stop. However, something very interesting was found: this tremulant was made from the remains of the original pedal wind chest and one can clearly identify two large pedal pallets. It would seem that some work was carried out on site with recycled parts and pieces found around the church. Unfortunately, archives are unclear on this matter.
In conclusion, we have tried to be very respectful of the work of Samuel Russell Warren and of this magnificient organ. We will consider this rebuilding to be a success if, in time, our discrete work is "invisible".
Denis Juget
Positif |
Pedal |
|||
|---|---|---|---|---|
| Trumpet | 8' | Bourdon | 16' | |
| Flûte | 4' | |||
| Fifteenth | 2' | |||
| Principal | 4' | |||
| Dulciane | 8' | |||
| Open Diapason | 8' | |||
| Stop Diapason Treble | 8' | |||
| Stop Diapason Bass | 8' | |||