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2006-03-24 | ACTUALITÉS |Université du Québec à Rimouski

Mission scientifique de l'UQAR en Antarctique

Au début mars, quatre spécialistes en sciences de la mer sont partis de Rimouski en direction de l'Argentine, puis de l'Antarctique, dans le cadre de la mission scientifique à bord du navire le Sedna IV.

On sait que le Sedna IV, ce grand voilier québécois dirigé par Jean Lemire, passe l'année 2006 dans une baie du continent Antarctique, dans le but de tourner des images cinématographiques pour des documentaires. Un volet scientifique a été ajouté au projet: il a été confié conjointement à l'ISMER (Rimouski) et à l'Institut antarctique argentin (IAA, Buenos Aires).

Voir le site de la mission à cette adresse.

L'équipe est composée de Serge Demers, directeur de l'ISMER, Gustavo Ferreyra, agent de recherche à l'ISMER (d'origine argentine), Damian López, étudiant postdoctoral de l'Université Mar del Plata (Argentine), ainsi que Sébastien Roy, étudiant au doctorat en océanographie (ISMER).

Deux d'entre deux, Damian et Sébastien, passeront l'hiver austral à bord du navire, afin d'essayer de mieux comprendre, scientifiquement, les particularités de cet univers glacial, venteux et plutôt mal connu. De véritables pionniers dans l'exploration de l'Antarctique! En juillet, ils n'auront que deux ou trois heures d'ensoleillement par jour. Ils seront sur le Sedna jusqu'en décembre 2006, dix mois en tout, avec un équipage d'une quinzaine de personnes, concentrées à capter les meilleures images possibles au quotidien, en dépit des rigueurs du climat. Eux, pendant ce temps, se concentreront sur les activités scientifiques, qui couvrent plusieurs champs d'activité, de la biologie à la chimie marine, en passant par la climatologie et la glaciologie. Même la NASA se servira des expériences du Sedna pour étudier les comportements psychologiques d'un équipage confiné à un milieu très isolé, sur une longue période, en prévision des vols spatiaux vers la planète Mars.

«Le défi est grand, explique le chimiste Damian López, mais il y a tant de choses à connaître de ce continent que nous sommes prêts à faire les efforts qu'il faut. Les changements climatiques affectent autant le Sud de la planète que le Nord. Nous serons d'ailleurs à l'endroit sur la planète qui s'est le plus réchauffé au cours des dernières décennies.» À distance, il travaillera en collaboration avec le professeur Huixiang Xie, chimiste océanographique à l'ISMER. Dans le cadre de ses études, M. López a déjà participé à deux campagnes de recherche en Antarctique, sur un brise-glace argentin.

Son collègue Sébastien Roy, un biologiste originaire de Québec, compte déjà trois séjours dans le Grand Nord. «Je m'occupais de prélever des échantillons pour mesurer l'abondance et les activités des bactéries dans la colonne d'eau en Arctique. Ce sont des expériences qui vont me servir pour ces recherches qui visent à mieux comprendre les changements climatiques et l'effet du rayonnement U-V. Ma mission sera de prendre des échantillons à différentes latitudes, puis de les analyser. Éventuellement, on pourra établir des comparaisons entre la situation de l'Antarctique et celle de l'Arctique.» À l'ISMER, il sera supervisé par M. Serge Demers.

Les deux autres scientifiques impliqués, MM. Demers et Ferreyra, passeront quelques jours en Argentine pour établir les paramètres de la mission scientifique avec leurs collègues argentins de l'IAA. «Il y a beaucoup d'aspects à considérer quand nous nous lançons dans une telle mission, explique Serge Demers: les objectifs visés, les équipements utilisés, le protocole scientifique, les mesures à prendre, les responsabilités de chacun, etc. À ce jour, très peu de données scientifiques sont disponibles à propos de ce continent.»

Agent de recherche à l'ISMER, Gustavo Ferreyra mettra à contribution à la fois ses compétences en océanographie et sa connaissance de l'Argentine. «Quand on prépare ainsi une mission internationale, c'est important de bien établir la logistique et la répartition du travail à faire.»

Comme on peut le lire sur le site internet du Sedna, «les marins, cinéastes et scientifiques engagés dans cette mission plongeront au cœur de l'extrême et du dépassement pour analyser et comprendre le phénomène des changements climatiques». À proximité de la station de recherche abandonnée de Melchior, dans cet environnement d'aurores australes, de tempêtes et de blizzards, nos explorateurs n'auront pas le temps de s'ennuyer.

2006-03-24

Source: Mario Bélanger. Service des communications, UQAR. Tél.: (418) 723-1986 (1426). Courriel.

 

   

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