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2006-04-03 | ACTUALITÉS |École de technologie supérieure

Une première en Amérique pour l'ÉTS: Jacques A. de Guise et ses collègues présentent une technologie d'imagerie révolutionnaire

Montréal, le 15 mars 2006 – Un nouveau dispositif d'imagerie médicale, disponible pour la première fois en Amérique et depuis quelques jours au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine, a été présenté le 15 mars par le professeur de l'ÉTS, Jacques A. de Guise.

Le docteur de Guise était en compagnie des Drs Marie Meynadier, présidente-directrice générale de la société française Biospace, et Hubert Labelle, professeur de chirurgie à l'Université de Montréal et directeur du laboratoire informatique de scoliose 3D du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine. Le système de radiographie biplan EOS™ a été l'objet de cette présentation dans le cadre de la Conférence sur les technologies de la santé de l'Association de l'industrie des technologies de la santé (AITS) tenue les 15 et 16 mars à Montréal.

Cette nouvelle méthode d'imagerie, système inédit de radiographie biplan pour l'imagerie 2D et 3D des structures ostéo-articulaires et à très faible dose d'irradiation, est installée dans les départements de radiologie de l'Hôpital Notre-Dame du CHUM et du CHU Sainte-Justine. «Le système EOS™ offre la possibilité d'effectuer de l'imagerie 2D mais également 3D, en position debout sur l'ensemble du squelette, de la tête aux pieds. Il se distingue également des techniques habituelles d'imagerie par une réduction très significative de la dose de rayons X que reçoit le patient», a souligné le professeur de Guise, également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en imagerie 3D et ingénierie biomédicale et directeur du Laboratoire d'imagerie et orthopédie. Ses recherches consacrées depuis 15 ans à l'imagerie et la modélisation 3D et son expertise unique en font l'une des personnes clés du groupe qui a mené les travaux sur le système EOS™.

Le système de radiographie biplan EOS™ : la nouvelle génération en imagerie médicale

Cette nouvelle technique de radiographie vise à améliorer le suivi et le traitement de pathologies comme la scoliose, l'arthrose et l'ostéoporose. Équipement d'imagerie par rayons X dédié à l'orthopédie et à la rhumatologie, et à l'imagerie 2D et 3D de l'appareil locomoteur, le système EOS™ est le fruit du travail d'une équipe pluridisciplinaire internationale et d'un partenariat exceptionnel entre les milieux universitaire, industriel et clinique. Cet appareil a été mis au point par Biospace, en collaboration avec le Laboratoire de Biomécanique (LBM) de l'ENSAM et du Centre National de Recherches Scientifiques (CNRS) de Paris, et le LIO de l'ÉTS et du Centre de recherche du CHUM.

Le système EOS™ combine trois innovations majeures: un procédé révolutionnaire de détection des rayons X; l'acquisition simultanée de deux vues radiographiques numériques perpendiculaires simultanées, de face et de profil en position debout par balayage vertical; la reconstruction par logiciel d'une image 3D des structures ostéo-articulaires. EOS™ permet ainsi de réaliser ces radiographies en position assise ou debout, contrairement au tomodensitomètre. «Étant donné le nombre répété d'examens de contrôle des affections rachidiennes opérées ou non, que doivent subir les enfants malades, cette technologie représente un très grand avantage par rapport aux techniques traditionnelles», ajoute la Dre Marie Meynadier.

C'est en 1996 que le professeur Georges Charpak, prix Nobel de physique 1992 et fondateur de la société Biospace, a commencé à s'intéresser aux possibles applications, dans le domaine de l'imagerie médicale, d'un détecteur de rayons X qu'il avait mis au point. Dans le système EOS™, deux sources d'énergie de rayons X et deux détecteurs glissent sur une rampe verticale, balayant le corps du patient en position debout pour obtenir des données numériques. Seulement deux clichés radiographiques sont nécessaires, contrairement aux 500 coupes ou plus par tomodensitomètre nécessaires pour la reconstruction d'une colonne vertébrale. Ces clichés à deux dimensions sont ensuite traités par une nouvelle technique de modélisation logicielle pour réaliser une reconstruction 3D précise de l'enveloppe externe d'une structure ostéo-articulaire.

Le premier prototype du système EOS™ est utilisé au LBM du CNRS depuis avril 2003, et un autre sera prochainement réinstallé dans un CHU parisien, après avoir été utilisé à l'Hôpital Erasme de Bruxelles, en Belgique. Les systèmes montréalais sont agréés pour la recherche clinique et fondamentale et seront disponibles d'ici quelques mois pour utilisation en clinique. Des patients en orthopédie du CHU Sainte-Justine souffrant de scoliose ainsi que d'autres de l'Hôpital Notre-Dame du CHUM et de l'Hôpital Sacré-Cœur de Montréal atteints de lésions de l'appareil locomoteur, sont inclus dans les protocoles de recherche. Les systèmes montréalais intègrent les nouveaux générateurs de rayons X Epsilon de la compagnie québécoise EMD. En plus des avantages technologiques du système EOS™, le coût unitaire de chaque appareil est inférieur de 50 % à celui d'un tomodensitomètre de dernière génération.

Diminution importante des radiations pour le patient

Le système EOS™ se distingue des techniques plus traditionnelles d'imagerie du fait qu'il offre la possibilité d'obtenir des reconstructions tridimensionnelles aussi fiables que celles obtenues avec la tomodensitométrie et présente un autre avantage majeur: la diminution considérable des doses d'irradiation, de 8 à 10 fois inférieures à celles reçues en radiologie traditionnelle et de 300 à 1000 fois inférieures à celles délivrées par un tomodensitomètre.

«Ce qui est également remarquable avec le système EOS™ est que l'on peut obtenir deux images simultanées en vue frontale et latérale de chaque sujet, ce qui améliore grandement la qualité des reconstructions 3D de la colonne et du bassin», souligne le Dr Hubert Labelle, également titulaire de la Chaire de recherche en sciences du mouvement du CHU Sainte-Justine et de l'Université de Montréal. «De plus, les reconstructions 3D sont obtenues beaucoup plus rapidement qu'avec les techniques actuelles, ce qui maximise leur utilisation en clinique», ajoute-t-il.

Applications potentielles du système EOS™

Sans faire double emploi à l'imagerie par tomodensitométrie et par résonance magnétique, qui évoluent aussi vers la position debout, EOS™ ouvre des perspectives illimitées en recherche et permettra très bientôt des études des pathologies ostéo-articulaires jusque-là jamais réalisées. Il ouvre en particulier la voie à la prise en compte de la réalité tridimensionnelle du squelette dans le diagnostic et la planification d'actes chirurgicaux aussi importants que la prothèse de hanche et de genou ou la correction rachidienne, et ce sans pénalité d'irradiation pour le patient.

2006-04-03

Source: ÉTS.

 

   

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