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2006-05-05 | ACTUALITÉS |Université du Québec à Trois-Rivières

L'expertise en génie industriel de l'UQTR au service des PME industrielles: Le potentiel caché de la chaîne de valeur

Happés par le tourbillon quotidien de la production, beaucoup de dirigeants de petites et moyennes entreprises n'arrivent pas à porter un regard objectif sur les différentes séquences d'opérations manufacturières à la base de leur produit.

Pourtant, ils pourraient en retirer de précieux avantages concurrentiels. Les chercheurs de l'UQTR en génie industriel l'ont démontré grâce à une approche originale de cartographie de la chaîne de valeur.

Développée et implantée dans le cadre des activités de la Chaire de recherche Bombardier depuis 1994 (sous la direction du professeur Pierre-André Julien), cette approche a été implantée dans le monde de la PME manufacturière québécoise, en collaboration avec le Conseil national de recherches Canada (CNRC).

L'approche originale de diagnostic de la chaîne de valeur aura permis jusqu'ici à une centaine de dirigeants d'entreprises de profiter d'avantages concurrentiels importants. Les professeurs Georges Abdul-Nour, Jocelyn Drolet et Denis Lagacé ont été les artisans de cette démarche sous l'angle du génie industriel.

Les opérations sous la loupe

Mais comment réalise-t-on ce fameux diagnostic? En fait, il passe par la cartographie de la chaîne de valeur de l'entreprise. «La chaîne de valeur permet de décomposer l'activité de l'entreprise en séquences d'opérations élémentaires et d'identifier les sources potentielles d'avantages concurrentiels», explique le professeur Georges Abdul-Nour, cotitulaire de la Chaire de recherche Bell pour des PME de classe mondiale.

Les chercheurs passent au crible les différentes activités qui ajoutent de la valeur, marchande ou fonctionnelle, au produit manufacturé, tout en relevant les activités qui contribuent au gaspillage et par le fait même à la dévalorisation du produit. Tout y passe: de la conception à la fabrication en passant par la mise en marché et le service après-vente. Le modèle s'applique d'ailleurs à tous les secteurs. Denis Lagacé, titulaire de la Chaire industrielle de recherche sur le meuble, applique avec succès cette approche auprès de manufacturiers québécois.

En action dans l'entreprise, les experts de l'UQTR vont suivre le chemin de fabrication d'un produit à partir du client jusqu'au fournisseur. Chaque procédé sera représenté précisément et visuellement tout au long du flux de production. «L'étape de la cartographie permettra aux gens de l'entreprise de bien saisir ce qui se passe sur le plancher de l'usine», précisent les professeurs Georges Abdul-Nour et Serge Lambert. À l'issue de cet exercice, la nouvelle chaîne de valeur présentant un flux amélioré ou lean sera couchée sur papier. Trois jours se seront écoulés, incluant la formation des dirigeants de l'entreprise, l'administration d'un questionnaire pointu et une journée de collecte d'informations.

Seulement trois jours?

Est-ce qu'on peut vraiment faire la différence en seulement trois jours? «La majorité des dirigeants sont étonnés de constater à quel point nous pouvons faire sortir de l'information de qualité en si peu de temps», commente Georges Abdul-Nour. «On peut cibler exactement où se trouvent les problèmes grâce à la cartographie», poursuit-il. Certains dirigeants vont, par exemple, constater que l'ergonomie ou encore la position de certains postes de travail dans l'usine contribuent à générer des problèmes dans la chaîne de valeur.

Valorisation du savoir

Ce type d'intervention en entreprise, soutenue financièrement par le CNRC, permet de valoriser le savoir développé à l'UQTR directement dans le tissu économique québécois. Comme le diagnostic fait place à des recommandations, les industriels entreprennent souvent des projets en compagnie d'un consultant, mais également de nos étudiants qui peuvent ainsi démontrer leur savoir-faire en réalisant des projets de fin d'études, des stages ou encore des travaux liés à leur maîtrise.

Raymond Gilbert, conseiller en technologie du CNRC à l'UQTR, affirme que le programme qui a été mis en place avec les experts du Département de génie industriel porte fruits. «Le niveau de satisfaction des gens en entreprise est très bon. Ils sont nombreux à donner suite aux recommandations en allant de l'avant avec différents projets en production à valeur ajoutée. Certains étudiants stagiaires ont même été embauchés pour entreprendre des projets liés aux recommandations», conclut-il.

Le projet vient d'être renouvelé par le CNRC, sous la responsabilité du professeur Abdul-Nour, et ce, jusqu'en mars 2007. Au cours des deux dernières années, près d'une quarantaine d'entreprises sur tout le territoire québécois ont profité de ce service, soutenu entièrement par le CNRC. Les projets ont été sous la direction des professeurs Georges Abdul-Nour, Denis Lagacé et Serge Lambert, tous du Département de génie industriel de l'UQTR.

Sur la photo: Les professeurs Jocelyn Drolet, Serge Lambert, Denis Lagacé et Georges Abdul-Nour en compagnie de Raymond Gilbert, conseiller en technologie industrielle CNRC. (Photo Flageol).

2006-05-05

Source: Serge Boudreau. UQTR. Courriel.

 

   

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