Plus de 7000 ans avant notre ère, alors que les grandes pyramides d'Égypte n'étaient même pas encore érigées, des groupes d'Amérindiens vivant des multiples richesses de la mer occupaient déjà, sur une base régulière, la vallée de la rivière Sainte-Marguerite, à l'entrée du royaume du Saguenay.
C'est le fabuleux constat qui se dégage des travaux de recherche effectués à la jonction des deux cours d'eau, près de Sacré-Coeur, par une série d'équipes d'étudiants de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) supervisée par Érik Langevin, responsable du Laboratoire d'archéologie de l'institution régionale.Ces travaux, débutés il y a une dizaine d'années en surplomb d'une anse particulièrement bien abritée de la rivière Sainte-Marguerite, permettent aujourd'hui de retracer l'histoire de l'occupation de cette partie du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où l'eau est encore salée, jadis fréquentée par de nombreux mammifères marins. Une occupation qui remonte à au moins 7000 ans avant notre ère, et qui a persisté jusqu'au milieu du siècle dernier, avant que les sentiers du Parc marin du Saguenay ne prennent la place.
"Le site que nous analysons actuellement est particulièrement riche. Il est certainement l'un des plus intéressants endroits du genre au Québec. Partout où nous cherchons, nous sommes en mesure de trouver, assez facilement, des traces et des objets qui témoignent de toutes les phases successives d'occupation de ce territoire. Surtout, ces objets sont naturellement classés chronologiquement en raison de la structure géographique du site", expose Érik Langevin, rencontré par Le Quotidien la semaine dernière, en plein coeur du chantier de fouilles.
Le spécialiste explique que la richesse exceptionnelle du site est causée par une rare combinaison de facteurs. Un coup du sort qui permet de retracer le mode de vie d'un peuple amérindien aujourd'hui disparu, connu sous l'appellation de tribu "Archaïque maritime".
Pointes de flèches, outils soigneusement polis, vestiges de feux de camp et des milliers de fragments d'os, principalement en provenance de phoques, témoignent de la présence, à l'embouchure de la Sainte-Marguerite de petits groupes de chasseurs venus des côtes du golfe du Maine via les rivières Saint-Jean et Témiscouata. Des chasseurs qui ont choisi d'établir des campements saisonniers, certains presque permanents, en plein coeur du fjord du Saguenay, il y a des milliers d'années.
"La petite anse sur laquelle nous travaillons est abritée du vent et des intempéries, et située dans un secteur poissonneux. Elle est aussi bordée par des rochers qui la protègent des vagues et facilitent la mise bas des phoques. C'est donc un endroit tout désigné pour les chasseurs venus en canot. Jusqu'à 2000 ans avant aujourd'hui, nous sommes donc en mesure de retrouver des outils et des traces de leurs activités et de leur mode de vie", indique Érik Langevin.
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Source: http://www.cyberpresse.ca/
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