Après quatre ans, Pierre Moreau tire sa révérence comme président de l'Université du Québec (UQ). Pour lui, il ne fait aucun doute que le réseau, 40 ans après sa création, doit être renouvelé. Mais, contrairement aux universités constituantes qui plaident pour davantage d'autonomie, M. Moreau veut renforcer le réseau, qui doit se mettre au service de la population québécoise, dit-il.
Voilà ce qui émane d'un rapport déposé hier à l'Assemblée générale des gouverneurs de l'Université du Québec, la dernière à laquelle participait Pierre Moreau avant la fin de son mandat, le 10 février. Le document intitulé Proposition d'une version renouvelée du réseau de l'Université du Québec après 40 ans, n'a toutefois pas fait l'objet de discussions lors de la rencontre d'hier.
«Je ne voulais pas lancer le débat», explique M. Moreau en entrevue au Soleil. Il a ainsi voulu laisser à son successeur ? qui n'a pas encore été désigné par le gouvernement ? le soin d'amorcer le débat à sa manière au sein des instances de l'UQ.
Pierre Moreau propose d'abord de recentrer le réseau sur sa mission première : répondre aux besoins de la population du Québec. Pour remplir ce «devoir national», l'UQ doit d'abord avoir comme objectif de «proposer à l'État québécois une planification académique nationale et dynamique», peut-on lire dans le document.
Concrètement, l'UQ pourrait appuyer la mise en place d'un nouvel espace économique pour le Québec, si cher au gouvernement Charest. Travailler à la reconnaissance et la requalification des immigrants et des décrocheurs. Participer à l'intégration des nouveaux arrivants, en particulier en région. Améliorer l'accessibilité aux étudiants autochtones. Et ainsi de suite.
«En 2009, j'estime que c'est ce qu'on doit faire comme université nationale. Le tout, dans le respect de l'autonomie universitaire, bien sûr. L'Université a une perspective différente à offrir au gouvernement. Une collaboration étroite permettrait d'apporter un regard concret et à long terme, dans une vision globale pour le Québec. C'est ainsi qu'on pourra se hisser parmi les meilleurs.»
Pour Pierre Moreau, cet objectif est réalisable si et seulement si le réseau dispose toujours d'une instance qui détient de réels pouvoirs législatifs ? l'Assemblée des gouverneurs ? et d'un siège social qui est responsable de mettre en oeuvre une direction commune.
Une autre proposition de réforme du réseau de l'UQ, soumise par l'UQAM l'automne dernier, propose toutefois une avenue fort différente : faire des universités constituantes des établissements complètement autonomes, réunis au sein d'une assemblée des membres qui assurerait le fonctionnement de services communs, mais où chacun serait libre de collaborer.
Une avenue qui éloignerait l'Université du Québec de sa mission première, estime M. Moreau. «Chaque établissement a un regard atomisé. Nous avons besoin d'une instance qui se penche sur les besoins du Québec et non pas d'une mosaïque d'établissements qui ont une perspective régionale. Si nous n'avons pas d'instance formelle, nous n'avons pas d'obligation de travailler ensemble au service du Québec. Nous avons besoin d'un plan de développement stratégique du réseau.»
Comme plusieurs chefs d'établissements, le président sortant de l'UQ reconnaît par ailleurs qu'il est grand temps de moderniser la loi sur l'Université du Québec. Il faut optimiser le modèle organisationnel du réseau, dit-il, afin de respecter les principes de bonne gouvernance et de doter le réseau d'une structure qui est mieux adaptée à la réalité.
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Source: http://www.cyberpresse.ca/
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