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2009-02-12 | ACTUALITÉS |Université du Québec à Rimouski

ISMER-UQAR - Un laboratoire bien outillé pour scruter les entrailles de la Terre

L'équipe de Guillaume St-Onge utilise un carottier à gravité pour récolter les carottes de sédiments. Ces carottiers sont plongés sous la surface de l'eau pour aller y prélever les sédiments du fond marin. Les carottes sont ensuite coupées en portions de 1,5 mètres.

Le laboratoire de paléomagnétisme sédimentaire de l'Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER) à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) s'est récemment doté d'un nouvel appareil à la fine pointe de la technologie : un magnétomètre cryogénique. Au Canada, seule l'Université de l'Alberta peut se vanter d'avoir un tel instrument dans ses laboratoires. Le directeur du laboratoire de paléomagnétisme sédimentaire de l'ISMER, le professeur Guillaume St-Onge affirme que l'appareil aidera à comprendre des phénomènes comme : la migration actuelle du Pôle Nord magnétique vers la Sibérie ou l'inversion des pôles, en plus de mieux retracer les conditions climatiques et environnementales présentes sur notre planète il y a des millénaires.

Des carottes de sédiment passées au peigne fin

Guillaume St-Onge ainsi qu'une équipe multidisciplinaire de chercheurs reviennent d'une expédition en Patagonie (sud de l'Argentine). Là-bas, ils ont récupéré des carottes de sédiments dans un cratère volcanique qui seront scrutées, entre autres, à l'aide du magnétomètre cryogénique. Les carottes passent à l'intérieur d'un détecteur superconducteur, refroidi à six degrés kelvin (-267oC), un appareil très sensible au moindre champ magnétique. Le magnétomètre cryogénique peut aussi induire un champ magnétique artificiel sur les grains de sédiments pour en déterminer la taille et la minéralogie.

Ces carottes s'apparentent à une bande-vidéo sur laquelle se regroupent une multitude de données géologiques qui se sont accumulées au cours de milliers d'années. « Un des avantages de l'utilisation du magnétomètre cryogénique, explique Guillaume St-Onge, c'est qu'il s'agit d'un procédé qui ne détruit pas les sédiments. » Ceux-ci peuvent ensuite être envoyés dans d'autres laboratoires pour des analyses différentes. Le laboratoire de paléomagnétisme de l'ISMER fait d'ailleurs partie d'un éventail de programmes nationaux et internationaux de recherche.

En complément à cet appareil, le laboratoire possède aussi un tout nouveau magnétomètre gradient à alternatif. Cette fois encore, l'UQAR est la seule université, avec celle de Toronto, à avoir ce type d'instrument au Canada. Une petite quantité de sédiment est placée entre deux aimants afin de décrypter tous les minéraux qu'elle renferme. « Chacun de ses minéraux viennent de quelque part », soulève M. St-Onge. Ils peuvent venir d'une catastrophe, par exemple la disparition catastrophique du lac Agassiz-Objibway, il y a plus de 8500 ans. Cet immense lac d'eau douce était deux fois plus grand que les cinq grands lacs réunis et s'étendait au Sud de la baie d'Hudson. Il s'est vidé extrêmement rapidement et ce phénomène a laissé des traces dans les sédiments du fond marin, notamment le dépôt d'une couche rouge riche en hématite, un minéral magnétique ». Les analyses réalisées au laboratoire du professeur St-Onge permettent aussi d'identifier la présence de couches de sédiments associées à des tremblements de terre ou à des glissements de terrain survenus au cours des derniers milliers d'années.

Les travaux du chercheur relève donc d'une importance cruciale en ce qui a trait aux problématiques liées à la sécurité et à la gestion du territoire. Dans le code du bâtiment du Canada, il faut maintenant tenir compte des 2000 dernières années. Ce code établit des cartes de zonage en fonction des risques sismiques de la région.

En outre, l'analyse des carottes de sédiments débute sur le bateau de l'expédition grâce à un instrument appelé multi sensor core logger. Il mesure la densité du sédiment à l'aide d'une source radioactive de 137Cs. La densité du sédiment fournit des informations précieuses quant au type de matériaux qu'il contient.

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Renseignements:
Mario Bélanger, Service des communications UQAR,
mario_belanger@uqar.ca ou 418-723-1986 # 1426

 

   

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