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2009-02-18 | ACTUALITÉS |Université du Québec à Rimouski

Le Bas-du-Fleuve, berceau de la littérature québécoise

par Claude La Charité, professeur en lettres à l'UQAR et l'un des cinq lauréats 2008 du Concours de vulgarisation de la recherche de l'ACFAS (Association francophone pour le savoir). Le texte qui suit lui a fait remporter ce prix.

Certains lieux nous habitent plus que nous les habitons. Ils servent à la fois d'élément déclencheur et de décor à notre imaginaire. Ce n'est plus alors notre conscience qui se projette sur le monde extérieur pour en faire un paysage mental. Ce sont les lieux qui s'imprègnent en nous.

Cette adéquation entre l'esprit d'un lieu et l'imaginaire collectif évolue forcément dans le temps. Jusqu'à Nelligan, le Québec littéraire du XIXe siècle était hanté par les embruns de l'estuaire du Saint-Laurent, cette vaste région maritime qui court de Lévis à Gaspé. Victor-Lévy Beaulieu a d'ailleurs très justement écrit que le Bas-du-Fleuve avait inventé la littérature québécoise.

Cette enquête inédite qui consiste à faire l'histoire des rapports entre la littérature et un lieu particulier s'inscrit dans ce que l'on appelle, dans le jargon, la géopoétique.

Ce Québec maritime a été de fait le lieu de naissance d'une majorité de poètes, de romanciers et de conteurs de cette nouvelle littérature nationale qui s'invente alors dans le ressac créé par le rapport Durham. On peut penser ici aux figures de proue de ce qui sera l'École patriotique de Québec : Philippe Aubert de Gaspé, auteur des Anciens Canadiens (1863), né à Saint-Jean-Port-Joli; l'abbé Henri-Raymond Casgrain, premier critique de notre littérature, né à Rivière-Ouelle; Joseph-Charles Taché, fondateur de la revue Soirées canadiennes (1861-1865), né à Kamouraska; ou encore Louis Fréchette, poète national couronné par l'Académie française, né à Lévis.

C'est une évidence, on ne choisit pas le lieu où l'on naît. Ce qui est frappant, toutefois, c'est de voir la prédilection de bon nombre d'écrivains de l'époque pour l'estuaire, qui s'y établissent à demeure ou pour les vacances estivales, qu'ils y soient nés ou non. Joseph-Charles Taché choisira de vivre à Rimouski de 1843 à 1857, où il composera l'essentiel de son ?uvre littéraire. Le montréalais Émile Nelligan passera ses vacances en famille à Cacouna, où il écrira plusieurs de ses poèmes. Arthur Buies, né à Montréal, sera élevé par ses grand-tantes, seigneuresses de Rimouski, et reviendra par la suite dans la région comme reporter. Philippe Aubert de Gaspé fils, né à Québec, rédigera le premier roman de notre littérature, L'Influence d'un livre (1837), à Saint-Jean-Port-Joli, en s'inspirant d'un meurtre commis à L'Islet quelques années auparavant.

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Renseignements:

Mario Bélanger, Service des communications UQAR,
mario_belanger@uqar.ca ou 418-723-1986 # 1426

 

   

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