La muséologie est une jeune discipline, dont le statut dans le monde universitaire fait l'objet de débats. S'agit-il d'une nouvelle science? Quelle contribution apporte-t-elle à la connaissance des fonctions dévolues aux musées (recherche, conservation, exposition, éducation), lesquelles sont en constante évolution?
« Quiconque s'intéresse à la conception et à la production des expositions, ou encore à leur réception par différents publics, est confronté aux questions de la définition et du rôle de la muséologie », observe la professeure Anik Meunier, du Départe ment d'éducation et pédagogie, qui dirige le Groupe de recherche sur l'éducation et les musées.
Aucune définition, toutefois, ne fait consensus parmi les chercheurs. Certains considèrent la muséologie comme une science autonome, tandis que d'autres la perçoivent comme une application de différents savoirs qui utilisent les musées comme terrain d'étude.
Selon Anik Meunier, les sciences humaines et sociales (histoire, sociologie, anthropologie), les sciences de l'éducation et la didactique contribuent à la construction de la muséologie comme champ d'étude interdisciplinaire distinct. « Il ne s'agit pas tant de produire un savoir sur le musée que d'approfondir la connaissance du processus muséal, dit-elle. La muséologie doit aborder le musée à la fois comme un phénomène social, une institution culturelle, un dispositif de communication et un lieu d'éducation non formelle. »
L'éducation, par exemple, s'est affirmée au fil des ans comme une fonction centrale des musées et est devenue un objet d'étude qui intéresse tant les chercheurs en muséologie que ceux en sciences de l'éducation. « Les connaissances produites sur et autour du musée servent le développement de la muséologie en tant que science, souligne la professeure. Le flou conceptuel la concernant sera dissipé grâce aux efforts conjoins des chercheurs universitaires et des praticiens du milieu, des acteurs clés qui ont vécu trop souvent dans des univers parallèles. » Ces acteurs étaient d'ailleurs réunis lors du colloque L'avenir de la muséologie, organisé par Anik Meunier dans le cadre du dernier congrès de l'Association francophone pour le savoir (Acfas).
Sur la photo : Anik Meunier, professeure au Département d'éducation et pédagogie.
Lire l'article complet
Source :
Claude Gauvreau
L'UQAM, 29 novembre 2010, p. 20.
Retour à la liste