À Laval, l'arrivée du métro suscite l'inquiétude. Une porte pour la criminalité : tels étaient le genre de titres qu'on lisait dans les médias les mois précédant l'ouverture de stations de métro sur l'Île Jésus, au printemps 2007. Des titres qui choquaient Julie-Anne Boudreau, professeure au Centre Urbanisation Culture Société de l'Université INRS et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'urbanité, l'insécurité et l'action politique. «C'est ridicule!, s'insurge-t-elle. Les vrais criminels se promènent en grosses bagnoles, pas en métro!»
Cette situation l'a poussée à étudier les habitudes de déplacement des jeunes de Laval-des-Rapides, où sont situées les trois nouvelles stations, et du quartier Saint-Michel, à Montréal, connu pour ses gangs de rue. Julie-Anne Boudreau a voulu infirmer le préjugé selon lequel il y a un lien entre transport en commun et criminalité : son hypothèse était que l'usage du transport en commun permet au contraire le développement de compétences sociales qui peuvent éloigner les jeunes des gangs de rue.
Ses résultats ne l'ont pas déçue. En effet, à travers un sondage et des entrevues individuelles avec des élèves de la fin du secondaire et du début du cégep, Julie-Anne Boudreau a constaté que «plus les adolescents se déplacent souvent en transport en commun de façon autonome, et plus ils ont commencé tôt à les utiliser, plus ils développent des compétences comme la débrouillardise et le sens de l'orientation». En outre, «ceux qui se déplacent pour le plaisir de découvrir, ou qui font aussi des voyages internationaux, ont tendance à être plus curieux, à avoir une meilleure confiance en eux, et à être capables d'exprimer des opinions politiques plus développées». Or, toutes ces qualités sont des indicateurs d'un bon développement personnel «qui peut aider les jeunes à ne pas tomber sous le charme des gangs de rue», explique la chercheure.
Lire l'article complet
Source :
François Nicolas Pelletier
Planète INRS.ca
Le magazine en ligne de l'INRS
Retour à la liste