Photo : Conseil de l'industrie forestière du Québec
Autrefois considérée inépuisable, la forêt québécoise est maintenant étudiée pour ce qu'elle est réellement : un ensemble d'écosystèmes complexes. L'«erreur boréale» aurait-elle été corrigée?
Directeur du Consortium de recherche sur la forêt boréale commerciale, rattaché à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Daniel Lord fonde beaucoup d'espoir dans la recherche en biologie forestière pour faire une exploitation plus intelligente de cette ressource naturelle. «Avant, l'exploitation de la forêt était surtout une affaire de coupe et d'extraction, dit-il. Cette façon de voir a eu des conséquences néfastes dont on a fait les frais. L'information scientifique dont on dispose aujourd'hui peut nous permettre de faire de bons aménagements et de mieux gérer notre forêt. Mais il y a encore beaucoup à apprendre.»
Beaucoup à apprendre? On s'en doute. Le territoire forestier québécois couvre 760 000 km2.
C'est dans la forêt boréale que se concentre la majeure partie de l'activité commerciale. Plus au sud, se trouvent la forêt des feuillus et la forêt mixte qui avoisinent les zones les plus peuplées de la province. Si les chercheurs en savent davantage sur ce gigantesque écosystème, il n'empêche que la population -- surtout dans les grands centres -- se montre bien souvent indifférente à son sort. «Les Québécois tirent encore une grande fierté de l'hydroélectricité, ce qui n'est pas le cas de la ressource forestière. Il y a un immense travail d'information à faire tant la gestion passée a été perçuecomme désastreuse», estime Yves Bergeron, qui dirige la Chaire CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable.
On le reconnaît maintenant : dans les années 1990, on coupait beaucoup trop! À l'époque, presque 35 millions de mètres cubes de bois prenaient le chemin des scieries et des usines de pâtes et papiers chaque année. «La forêt n'était alors considérée que pour sa matière ligneuse. Cette exploitation a eu un impact plus critique que les ravages par les feux ou les insectes», poursuit Yves Bergeron. Et le boom forestier a laissé place à des lendemains qui déchantent.
Source :
La recherche dans le réseau de l'Université du Québec
Volume 1, numéro 1
Avril 2011
› Lire la suite de l'article paru dans le : Bulletin_semestriel1.pdf
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