Photo : Conny Garbe
Les pins blancs sont littéralement passés sous la coupe des forestiers d'antan. Des chercheurs comptent lui redonner sa place.
Nous aurions intérêt à rendre sa couronne au pin blanc, ce roi déchu qui met 150 ans à pousser. Ce géant il peut mesurer jusqu'à 40 m, la hauteur d'un édifice de 10 étages résiste bien à la sécheresse et au feu. Sa taille lui confère une valeur commerciale inégalée. Du moins pour qui sait attendre.
Parce qu'il agit comme un formidable puits de carbone, en absorbant et en retenant les gaz à effet de serre, il constitue aussi une extraordinaire défense contre les changements climatiques.
Dommage qu'il ait été pratiquement anéanti par les armées de bûcherons du XIXe siècle, car le pin blanc aurait été tout désigné pour répondre à la demande d'aujourd'hui. C'est ce que soutient Frédérick Doyon, spécialiste en écologie forestière et du paysage à l'Université du Québec en Outaouais. «Si on s'était organisé pour que le pin blanc puisse se régénérer, la forêt aurait pu soutenir l'activité commerciale contemporaine.»
On compte donc planter, dès cet été, 17 000 hectares avec des pins blancs dans la région de l'Outaouais. Un pari audacieux, estime M. Doyon : «Ce sont les premières années qui sont déterminantes dans la vie de ce colosse. C'est à ce moment-là qu'il est sensible à certaines maladies et aux insectes.» Comme pour les humains, c'est au cours de la petite enfance qu'il faut prendre particulièrement soin des arbres!
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Source :
Bulletin semestriel sur la recherche à l'Université du Québec
Volume 1, numéro 1
Avril 2011
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