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2011-04-26 | ACTUALITÉS |Université du Québec

Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est une forêt!

Centre interuniversitaire d'études québécoises

L'histoire de la forêt est indissociable de celle du Québec. Mais les raisons pour lesquelles on s'y intéresse ont bien changé. Elle a été admirée, arpentée, bûchée, défrichée, transformée. Elle a fourni du bois de chauffage à des dizaines de milliers de colons pendant des centaines d'années. Elle a permis à la flotte britannique de se doter de navires puissants, au XIXe siècle, et elle a donné assez de papier journal pour produire les grands quotidiens d'Amérique. La forêt a une histoire qui colle à celle du Québec. En fait, le Québec est né de la forêt.

C'est avec l'avènement de l'industrie des pâtes et papiers que les façons de travailler en forêt ont vraiment changé. «C'est facile de déménager une scierie quand on a épuisé un coin de forêt. C'est autrement plus compliqué avec une usine de pâtes et papiers», rappelle Stéphane Castonguay, historien des forêts et chercheur à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il poursuit : «Le souci de se doter d'une science pour instaurer de bonnes pratiques forestières est alors apparu. Cela a d'ailleurs mené à la création de la première école de foresterie rattachée à l'Université Laval, en 1910.»

Avec l'exploitation à grande échelle et l'arrivée de la machinerie, qui remplacera nombre d'ouvriers, est aussi née la science de la foresterie. «On a eu besoin de science pour savoir quoi, comment et en quelle quantité couper», dit-il. Les motivations de l'époque étaient donc exclusivement économiques. «On ne pensait pas en termes d'écosystèmes; on se préoccupait de la quantité de bois à couper. C'est notamment pour cela que l'on dressait des inventaires. Il n'empêche que cela a permis de mettre fin au mythe selon lequel la forêt était inépuisable, ajoute l'historien. Puis, dans les années 1940, on commence à se soucier des espèces, de la composition chimique des sols forestiers et de la faune qui occupe ces écosystèmes.»

Cette nouvelle approche a progressivement attiré une autre génération de chercheurs qui ont fait valoir la dimension écologique de la forêt. «Ce qui pouvait sembler élitiste comme la protection des arbres, est devenu un enjeu social et récréo-touristique. Ça change les perceptions», dit-il.

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Source :
La recherche dans le réseau de l'Université du Québec
Volume 1, numéro 1
Avril 2011

 

   

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