Réserve de gibier, creuset de remèdes et lieu de ressourcement spirituel, le bois a toujours eu une signification particulière pour les Autochtones. Et ce rapport unique pourrait servir à mieux gérer nos forêts à l'avenir. Un récent jugement de la Cour suprême du Canada oblige d'ailleurs les provinces à intégrer les Premières nations dans le processus de gestion forestière. Des discussions sont en cours avec les communautés Atikamekw et Cris au Québec.
C'est un peu dans la même optique que la Chaire de recherche du Canada en foresterie autochtone a été créée à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). «Nous sommes le trait d'union entre le savoir autochtone et la science, affirme son titulaire, Hugo Asselin. Les connaissances de l'ingénieur forestier assis devant son ordinateur, qui traite des données provenant de satellites, peuvent être bien différentes de celles d'un trappeur qui a arpenté le territoire pendant 50 ans. Lui, c'est dans la forêt qu'il a gagné son doctorat!»
Son équipe est actuellement en train d'établir une cartographie du territoire, en collaboration avec deux communautés de la nation Anicinapek (Algonquins) où l'on identifie les territoires de chasse et les lieux de sépulture. «Lorsqu'une compagnie soumettra son plan d'intervention de coupes sur le territoire, on pourra tenir compte de ces informations et faire, en quelque sorte, des "accommodements raisonnables" qui permettront d'éviter des conflits», explique-t-il.
Les entreprises peuvent aussi y voir un intérêt commercial. Il faut savoir que les acheteurs étatsuniens exigent de plus en plus le sceau du Forest Stewardship Council of Canada. Cet organisme de certification requiert que l'exploitation forestière soit faite de façon durable, en accord avec les communautés locales.
Illustration : Carte de zonage pour une section du territoire ancestral de Pikogan, en Abitibi-Témiscamingue. Les couleurs qui vont du jaune pâle au rouge foncé représentent le potentiel d'intérêt autochtone sur un territoire donné. Plus c'est rouge, plus le potentiel est élevé. Une telle carte peut être utilisée par les gestionnaires forestiers pour mieux cibler leurs interventions. Les secteurs à potentiel faible ou moyen peuvent faire l'objet de coupes forestières plus intensives. Cet outil cartographique a été développé par Roxane Germain (étudiante à la maîtrise en biologie) et Hugo Asselin.
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Source :
La recherche dans le réseau de l'Université du Québec
Volume 1, numéro 1
Avril 2011
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