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2011-05-03 | ACTUALITÉS |Université du Québec

La recherche dans le réseau de l'Université du Québec : des conifères contre le cancer

Qui pourrait croire que, dans une forêt de sapins et d'épinettes, se cachent de nouvelles classes de substances antibiotiques, une molécule contre l'herpès et un médicament qui augmente l'efficacité du Taxol, un anticancéreux? Y aurait-il là une nouvelle façon de valoriser les produits forestiers?

«On est en train de faire la démonstration que l'on peut exploiter les arbres autrement», dit Jean Legault, chef du Laboratoire d'analyse et de séparation des essences végétales à l'UQAC. Il n'y a pas que les «deux par quatre» et la pâte à papier!

On dénombre presque 3 000 espèces de plantes dans la forêt boréale. Une ressource sous-exploitée selon l'Association des producteurs forestiers du Canada. Le biologiste y voit un potentiel médical inouï.

Le singulier laboratoire qu'il dirige a d'abord travaillé sur les huiles essentielles à partir de plantes récoltées par la coopérative forestière Ferland-Boileau, près de Saguenay. «C'est facile d'identifier des composés actifs dans une huile essentielle. Mais on peut aussi le faire pour trouver des substances médicamenteuses», affirme-t-il.

Cela n'a pourtant rien de nouveau: ce sont des molécules identifiées dans des plantes au cours des années 1800 qui ont permis de développer des médicaments comme la morphine et l'aspirine. Mais séduits par les sirènes de la biochimie moderne, les laboratoires pharmaceutiques ont délaissé la botanique et ont cherché à mettre au point des produits synthétiques. Or, s'il est aisé de reproduire les structures moléculaires de substances naturelles, il est autrement plus difficile d'en inventer. «Le pipeline moléculaire a été vite épuisé, et la recherche n'a pas apporté les fruits attendus, notamment dans la mise au point de remèdes contre le cancer. Parce que les plantes offrent des structures moléculaires infinies, on retourne maintenant à la pharmacognosie.» Et, la forêt boréale pourrait nous réserver quelques surprises.

Pour former des étudiants dans le domaine, l'UQAC propose un baccalauréat en science des produits naturels. C'est le seul en son genre au Québec.

«Nous avons aussi une banque de plus d'un millier d'extraits végétaux et nous disposons d'une soixantaine de lignées de cellules cancéreuses que l'on expose à ces composés. Quand on repère une lignée qui semble réagir à un extrait végétal, on cherche le composé actif à l'intérieur de la plante.» Puis, grâce à des cultures de peaux humaines, sur lesquelles peuvent s'«épanouir» une des quelque 400 bactéries en réserve, les scientifiques testent les substances actives. «On peut ainsi étudier l'effet des crèmes sur la peau», explique Jean Legault. Le Laboratoire pourra d'ailleurs bientôt s'enorgueillir d'avoir contribué à la mise au point d'un produit cosmétique qui serait commercialisé par le groupe Lise Watier. Le premier antirides boréal?

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Source :
La recherche dans le réseau de l'Université du Québec
Volume 1, numéro 1
Avril 2011

 

   

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