Photo : Christian Fleury
«Je suis le fournisseur de photons!», lance spontanément le professeur et chercheur François Légaré en présentant le laser imaginé dans son laboratoire du Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l'INRS. À l'instar de spots et de flashs dans un studio de cinéma, les faisceaux lumineux sont destinés à filmer une grande vedette internationale traquée depuis longtemps, mais jamais fixée sur pellicule : l'électron.
Pour immortaliser avec netteté une formule 1, le photographe utilise un flash et une exposition rapides, de l'ordre d'un millième de seconde. Imaginons maintenant l'électron de l'atome d'hydrogène, filant autour du noyau comme sur une piste de course.
«Ça lui prend 152 attosecondes pour faire le tour, soit approximativement une minute à une F1 pour parcourir le circuit Gilles-Villeneuve, illustre François Légaré. Si je veux voir ce mouvement, ça prend un flash de lumière d'autant plus court. Comme on photographie une F1 avec un très bon appareil photo.» Mais quand on dit un flash de lumière court, on parle de très, très court. Ce sur quoi se base la nouvelle science attoseconde.
L'attoseconde est à la seconde ce que la seconde est... à l'âge de l'univers, soit 13 milliards d'années ! À terme, cette nouvelle branche de la physique permettra de filmer les molécules et de voir les électrons former les liaisons chimiques. Les physiciens rêvent de tourner ces « films moléculaires ». Comme le dit le physicien et professeur du Centre Énergie Matériaux Télécommunications, « mon intérêt est de sonder la réaction chimique en temps réel, car il y a plein d'applications à ces flashs de lumière de très courte durée. » François Légaré souhaite fournir aux autres chercheurs le flash nécessaire à leurs expériences, de devenir « leur fournisseur de photons », bref, le porteur de lumière.
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Source :
Amélie Daoust-Boisvert
PlanèteINRS.ca - Le magazine en ligne de l'INRS
3 mai 2011
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