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2011-05-09 | ACTUALITÉS |Université du Québec

Marie-Soleil Cloutier et la géomatique : cartographier la santé

Photo : Christian Fleury

Si Marie-Soleil Cloutier était ministre de la Santé, il y a fort à parier qu’elle travaillerait avec plusieurs cartes géographiques épinglées dans son bureau. Car pour cette professeure-chercheure en géographie de la santé au Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, les enjeux de santé publique ne doivent jamais être dissociés de leur contexte environnemental.

Encore méconnue aujourd'hui, la géographie de la santé est pourtant née au milieu du XIXe siècle lorsque le médecin britannique John Snow a utilisé une simple carte pour identifier la source de l'épidémie de choléra qui sévissait alors dans un quartier de Londres. Après avoir couché sur papier tous les cas de choléra déclarés, il a réussi à identifier la «pompe de Broad Street» comme étant la source d'eau potable contaminée autour de laquelle se concentraient la majorité des cas recensés. Une véritable révolution dans l'histoire de la santé publique et de l'épidémiologie.

Plus de 150 ans plus tard, Marie-Soleil Cloutier utilise la même approche géospatiale pour cerner des problèmes de santé. Mais les outils de travail sont aujourd'hui bien plus sophistiqués. Géographe de formation, Marie-Soleil Cloutier a développé une expertise en système d'informations géographiques, une discipline aussi connue sous le nom de géomatique : «La géographie de la santé permet de visualiser et de faire des constats sur des problèmes de santé dans l'espace, explique-t-elle. On peut non seulement faire un diagnostic à partir d'une carte géographique, mais on peut aussi relier dans l'espace des lieux et des aménagements associés à des problèmes de santé.»

Le piéton et la rue

Les sujets d'étude ne manquent pas dans le bureau de Marie-Soleil Cloutier, situé sur la rue Sherbrooke à Montréal. Au cours des dernières années, elle s'est notamment penchée à plusieurs reprises sur des enjeux entourant la sécurité des piétons. Après avoir étudié les multiples problèmes que rencontrent les enfants qui marchent pour se rendre à l'école, elle concentre maintenant ses efforts sur la sécurité de tous les piétons, notamment aux intersections en milieu urbain.

«Notre idée au départ, c'était de voir si certains types d'intersection sont plus dangereux pour les piétons, souligne-t-elle. Car même si certaines sont mieux aménagées que d'autres, c'est en traversant aux intersections que les piétons sont en danger, et non pas quand ils marchent sur le trottoir.» Pour y voir plus clair, Marie-Soleil Cloutier, en partenariat avec la Direction de santé publique de Montréal et le Centre d'écologie urbaine, a mis sur pied une étude de terrain impliquant la visite de plus de 500 intersections dans les quartiers centraux de Montréal. Tout était noté scrupuleusement : feux de circulation, possibilité de stationner sur le coin de la rue, marquage au sol, largeur du trottoir et de traversée, etc. L'équipe de recherche a par la suite comparé ces données avec le nombre de piétons blessés. Les résultats ont été des plus surprenants : «Mon hypothèse était que les intersections les plus aménagées étaient moins dangereuses pour les piétons, raconte-t-elle. Mais ce qu'on a constaté, c'est tout à fait le contraire : les intersections les plus aménagées sont celles où il y a le plus de piétons blessés.»

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Source :
Marianne Boire
Planète INRS.ca -- Le magazine en ligne de l'INRS
3 mai 2011

 

   

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