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2011-05-10 | ACTUALITÉS |Institut national de la recherche scientifique

Marie-Claude Rousseau et l'asthme infantile - De l'héritage d'Armand Frappier et de millions d'enfants vaccinés

Photo : Christian Fleury

La vaccination au Bacille Calmette-Guérin (BCG) a-t-elle une influence sur le développement de l'asthme infantile? L'épidémiologiste Marie-Claude Rousseau, professeure au Centre INRS -- Institut Armand-Frappier, à Laval, tente de faire la part des choses en pilotant la plus vaste étude jamais menée.

L'asthme infantile est la maladie chronique la plus commune de l'enfance. Au Canada, elle touche de 10 à 15 % des enfants. Qui plus est, «c'est une maladie qui a des conséquences importantes pour les individus et pour la société sur les plans médical et financier ainsi que par son impact sur la qualité de vie», commente la professeure Marie-Claude Rousseau.

Mais en quoi le vaccin Bacille Calmette-Guérin (BCG) et l'asthme sont-ils liés? Il faut d'abord savoir que l'asthme infantile est causé par une inflammation des voies respiratoires provenant d'une suractivation de la réponse immunitaire humorale, celle régie par les anticorps. Le vaccin BCG, qu'on administre habituellement pour prévenir la tuberculose, active la réponse immunitaire cellulaire, mais inhiberait justement la réponse humorale impliquée dans l'asthme. Toutefois ces processus sont complexes et rien n'est certain.

Une vingtaine d'études se sont penchées sur une possible association entre le vaccin BCG et l'asthme infantile et certains résultats semblent contradictoires. Pour comprendre la tendance globale et expliquer certaines de ces différences, l'équipe de Marie-Claude Rousseau a mené une méta-analyse qui a été publiée dans l'International Journal of Epidemiology en 2010. Sa conclusion : sur l'ensemble des études, les gens vaccinés au BCG avaient 14 % moins de risque de souffrir d'asthme durant leur enfance. «Ce n'est pas un effet protecteur énorme, mais cette différence était statistiquement significative», considère la scientifique.

L’héritage d’Armand Frappier

Le vaccin BCG est intimement lié à l'histoire de l'Institut Armand-Frappier -- rattaché à l'INRS depuis 1999 --, fournissant ainsi un milieu fertile pour les recherches de Marie-Claude Rousseau.

Au début des années 1930, le microbiologiste et professeur-chercheur québécois Armand Frappier étudie ce nouveau vaccin en compagnie des docteurs Calmette et Guérin de l'Institut Pasteur à Paris. Il revient au Québec­­ avec la souche du BCG et met en place le système de production et de distribution du vaccin. À la fin des années 1940 débute ainsi un vaste programme de vaccination systématique mais non obligatoire qui concerne principalement les nouveau-nés et les enfants d'âge scolaire de toute la Belle Province : «Déjà, à l'époque, Armand Frappier était sensible à la mission de santé publique, rappelle Marie-Claude Rousseau. Il a vraiment été visionnaire en demandant qu'on tienne un registre de tous ceux qui étaient vaccinés».

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Source :
Matthieu Burgard
Planète INRS.ca -- Le magazine en ligne de l'INRS
3 mai 2011

 

   

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