Photo : Louise Bilodeau
L’eau est vie lorsqu’elle est de bonne qualité et nous abreuve. L’eau est poison lorsqu’elle contient des pesticides. L’eau est énergie lorsqu’elle alimente les barrages hydroélectriques. L’eau est catastrophe lorsque les crues inondent plaines et villages. Pour toutes ces raisons, les ressources hydriques ont besoin d’être étudiées et modélisées, et ce, dans un objectif de prévision et de saine gestion. Mettre les rivières et leur bassin versant en équation, voilà le défi de l’ingénieur et professeur Alain N. Rousseau et de son équipe de chercheurs du Centre Eau Terre Environnement de l’INRS, à Québec.
L'eau suit son cours indéfiniment. Elle tombe en pluie, se répand sur le sol, rejoint les rivières, les lacs et les océans, s'évapore et redevient nuages. En chemin, la végétation l'absorbe et la transpire vers le ciel. Mais ce cycle connaît quelques soubresauts. Lorsque tombée sous forme de neige, l'eau s'accumule tout l'hiver, le cycle ralentit pour rebondir avec plus ou moins de fougue lors de la fonte printanière.
À leur tour, les activités humaines bousculent l'ordre des choses : «La quantité d'eau et sa qualité sont tributaires de l'occupation du territoire, de l'agriculture, de la foresterie et de l'urbanisation», explique le professeur Alain N. Rousseau. Ainsi, la pluie qui abreuve les terres agricoles se charge de pesticides et de nutriments avant d'alimenter les rivières et d'affecter les écosystèmes en aval. Les arbres coupés ne retiennent plus les trombes d'eau qui dévalent les pentes et gonflent les rivières. En ville, les surfaces asphaltées et imperméables convoient quant à elles de grandes quantités de pluie pas toujours propre vers les cours d'eau. Dans ces conditions, estimer la qualité et la quantité d'eau en circulation représente un vrai défi.
Alain N. Rousseau s'est entouré d'une équipe d'étudiants et de collaborateurs multidisciplinaires pour démêler les pièces du casse-tête que représente la modélisation. Ensemble, ils vont sur le terrain mesurer l'évaporation d'eau par la végétation et sa rétention dans les tourbières nordiques. Ils évaluent le transport des engrais et des pesticides des terres agricoles vers les rivières. Ils examinent les populations de micro-algues pour estimer l'intégrité biologique des cours d'eau. Tandis que certains étudient le déversement des drains agricoles vers les ruisseaux afférents, d'autres reviennent au laboratoire avec des échantillons de sol pour en étudier leurs propriétés physiques et évaluer leurs capacités respectives à retenir l'eau. Enfin, les pièces du casse-tête ? le relief et les sols, les données météorologiques, les pratiques agricoles, la végétation, entre autres ? sous formes numériques alimentent des équations qui gouvernent les flux et le stockage de l'eau et ses contaminants. Le modèle de prévision du débit des rivières et de leur contamination éventuelle qui résulte de cet assemblage représentera ensuite l'architecture d'un bassin versant
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Source :
Valérie Levée
PlanèteINRS.ca -- Le magazine en ligne de l'INRS
3 mai 2011
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