Retour à la liste
2011-08-16 | ACTUALITÉS |Institut national de la recherche scientifique

Une possible révolution pour les piles combustibles

Photo: Robert Skinner, La Presse

L'univers de l'automobile est une industrie qui côtoie très fréquemment les hautes technologies. Évidemment, on ne parle pas simplement de réinventer la roue, mais bien de réinventer les combustibles. Voilà exactement ce qu'une équipe de chercheurs de l'INRS du département des Énergies Matériaux Télécommunications, dirigée par les docteurs Jean-Pol Dodelet et Éric Proietti, est en train de faire : une révolution dans le monde des combustibles. Leur idée : remplacer le platine par du fer modifié dans les piles combustibles.

Depuis plus d'un siècle, le pétrole a la main mise sur les moteurs de voiture. Au cours des dernières décennies, tant les constructeurs automobiles que les scientifiques ont tenté d'y trouver des alternatives. L'objectif : qu'ils soient plus économiques, moins énergivores et plus verts que le pétrole. On connait déjà les systèmes hybrides, les voitures électriques et dans une moindre mesure les voitures fonctionnant à l'aide de piles combustibles.

Cette dernière technologie qui fait appel à l'hydrogène possède, pour le moment, un rayonnement très restreint dans le monde. À ce jour, presque tous les fabricants automobiles ont tenté l'expérience. Bien peu se sont rendus à la production si ce n'est d'Honda avec le FCX Clarity, quelques BMW de Série 7 dans des villes allemandes et bientôt Mercedes-Benz avec la Classe B aux États-Unis. Les raisons qui limitent le déploiement de cette énergie verte sont nombreuses. Du compte, on dénote la crainte de l'explosion du réservoir d'hydrogène, l'accès au liquide sous pression et le coût exorbitant de certaines composantes des piles dont le platine. Ce précieux métal, qui sert de catalyseurs lors de la réaction chimique entre l'oxygène et l'hydrogène, est particulièrement rare et onéreux, limite les possibilités de diffusions de cette technologie.

Inspiré par la nature

L'idée de modifier les molécules du fer vient d'un procédé issu de la biologie elle-même. Tous les êtres vivants utilisent le fer comme catalyseur pour transformer leurs aliments en énergie. Il est certain que le procédé est nettement plus complexe, mais ce point sert de base. «En modifiant le fer pour qu'il ne soit plus corrosif permet à ce dernier d'assurer la tâche de catalyseur entre l'oxygène (comburant) et l'hydrogène (combustible)», explique le docteur Dodelet. Sans modification moléculaire le fer ne pourrait pas assurer cette tâche qui est autrement réservée aux métaux nobles comme le platine et dans de rares cas à l'or. En remplaçant le platine par le fer, les coûts de fabrication seront significativement plus accessibles à la production de masse.

Sur la photo : Jean-Pol Dodelet

Lire l'article complet

Source :
Luc-Olivier Chamberland
Autonet.ca
13 août 2011

 

   

Retour à la liste

Copyright © 2008 Université du Québec - Tous droits réservés. Avis légal   Webmestre