Oui, les pères aussi souffrent après une fausse couche. Eux aussi saignent après un décès prématuré. Mais bien différemment des mères. Et parfois des années après le drame, sans crier gare, ils craquent. À quelques jours de la Journée internationale du deuil périnatal, une chercheuse québécoise nous fait part de ses découvertes inédites.
Imaginez un père. Sa blonde fait une fausse couche. Il la soutient pendant son deuil, la console de son mieux, l'aide à traverser sa douleur, sans nom, et à retrouver un semblant de quotidien. Et lui? Il tient le fort.
Des années plus tard, le couple mène à terme une grossesse. Oh joie, pensez-vous? Mais alors pourquoi le père se sent-il malgré tout irritable, colérique, impatient? Pourquoi, surtout, a-t-il le sentiment que cet enfant, pourtant si désiré, est particulièrement compliqué? Se pourrait-il que ce papa souffre de dépression périnatale à retardement?
C'est bel et bien ce que semblent indiquer les données préliminaires de recherche de Francine de Montigny, professeure en sciences infirmières de l'Université du Québec en Outaouais, qui travaille depuis des années sur la santé mentale des pères, en période postnatale. C'est par le plus grand des hasards, alors que la titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la santé psychosociale des familles sondait plutôt les pères sur leur expérience de l'allaitement, qu'elle a pensé, par pure curiosité scientifique, croiser certaines données. C'était la semaine dernière.
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Source :
Sylvia Galipeau
La Presse
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