Les neurosciences ont permis de grands progrès, ces dernières années. L'imagerie médicale, ainsi que l'identification de marqueurs biochimiques aident maintenant à mieux comprendre les mécanismes du vieillissement et à repérer les zones cérébrales affectées par certaines maladies de l'âge.
Vieillir, personne n'y échappe. Pourtant, ce processus naturel demeure un profond mystère. Même pour les chercheurs qui l'étudient. C'est un fait inéluctable et «vieux comme le monde», étudié par des milliers de scientifiques. Mais nombre de mécanismes qui président au vieillissement de notre cerveau échappent encore à notre compréhension. Au fil du temps, généticiens, chimistes, médecins, biologistes et autres ont élaboré plus de 300 théories afin d'expliquer pourquoi notre cerveau prend de l'âge.
«Les mécanismes du vieillissement sont si complexes qu'il est impossible d'avoir une image globale de ce qui se passe», explique Richard Desrosiers, biologiste et professeur de chimie à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). C'est que ce processus résulte à la fois de facteurs intrinsèques (notre organisme est «programmé» pour vieillir), et de facteurs liés à l'environnement physique et social, auxquels l'organisme est soumis tout au long de sa vie (pollution, tabagisme, alimentation, éducation, etc.).
Même l'oxygène que l'on respire finit par user la machinerie. En effet, en utilisant ce combustible pour produire de l'énergie, les cellules libèrent des éléments chimiques nocifs ? les radicaux libres ? qui endommagent peu à peu les protéines et l'ADN. « À mesure que l'on avance en âge, diverses réactions chimiques altèrent également la structure des protéines, partout dans l'organisme. Celles-ci, endommagées, ont tendance à s'accumuler d'autant plus vite que les mécanismes qui permettent de les éliminer sont moins efficaces chez les personnes âgées », précise Richard Desrosiers. Et alors que l'organisme se répare de moins en moins bien, les cellules cessent peu à peu de se renouveler. Car elles ont une capacité limitée de division, inscrite dans les chromosomes.
Source :
"Vieillir dans un monde qui bouge"
Bulletin semestriel - La recherche dans le réseau de l'Université du Québec
Vol. 1, no 2, octobre 2011, p. VI-VII
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