Quand elle faisait son doctorat, il y a 20 ans, Sylvie Lapierre entendait souvent dire que les aînés aiment par-dessus tout raconter leurs souvenirs. Elle en éprouvait un malaise. Passé la soixantaine, les gens ne s'intéressent-ils donc plus à l'avenir? Oui, bien sûr! Même que ceux qui se fixent des buts sont en général plus heureux que les autres. «Poursuivre un objectif diminue la détresse psychologique, explique celle qui dirige aujourd'hui le Laboratoire de gérontologie de l'UQTR. On retrouve le sens de la vie, une certaine confiance en soi.»
La spécialiste a donc participé à la création d'un programme novateur : En route vers une vie plus heureuse. Chaque semaine, pendant trois mois, les participants se réunissent en petits groupes sous la supervision d'un animateur. Leur mission : réaliser chacun un rêve. Ensemble, ils trouvent les moyens d'y parvenir. Et de bâillonner la voix intérieure qui leur susurre : «Je suis trop vieux pour ça.»
Ainsi, une octogénaire qui n'avait jamais fait de musique a suivi des cours pour enchanter ses invités à Noël avec un solo de saxophone. Une autre rêvait d'aller voir les blanchons sur la banquise de Terre-Neuve. Comme elle se déplaçait en fauteuil roulant, l'escapade était difficilement envisageable. Qu'à cela ne tienne, elle a atteint son but par la bande, en s'engageant dans un organisme qui milite pour la sauvegarde du phoque.
Trop vieux pour rêver? Jamais de la vie!
Source :
"Vieillir dans un monde qui bouge"
Bulletin semestriel - La recherche dans le réseau de l'Université du Québec
Vol. 1, no 2, octobre 2011, p. VI
Retour à la liste