Photo © Christian Fleury
Réchauffement climatique oblige, les autorités font face à tout un lot de nouveaux défis pour adapter les infrastructures aux évènements météorologiques de demain. Spécialiste de l’hydrologie urbaine et professeur au Centre Eau Terre Environnement de l’INRS, Alain Mailhot s’intéresse tout particulièrement à la gestion des eaux de pluie et des précipitations extrêmes. Si les idées ne lui manquent pas pour atténuer l’impact des changements appréhendés, le chercheur se heurte aussi à un obstacle récurrent : dissocier les prévisions des climatologues de celles des météorologues...
Qu'on se le tienne pour dit : avec les changements climatiques, les précipitations extrêmes vont augmenter en fréquence et en intensité. Pour les municipalités, ce pronostic implique un corollaire de taille : elles devront faire face plus souvent qu'auparavant à des intensités de pluie telles que les capacités des égouts existants seront dépassées. Sommes-nous prêts à affronter cette réalité? « Pas encore, répond Alain Mailhot, car nos infrastructures actuelles ont été conçues pour répondre à la pluviométrie du passé. Cette pluviométrie va changer et il faut s'adapter. » Et le mot « passé » n'est pas un euphémisme, puisque les canalisations encore utilisées aujourd'hui datent souvent de plusieurs décennies, quand ce n'est pas de plus d'un siècle.
Petit manuel de gestion des eaux de pluie
Pour mieux adapter les égouts aux épisodes de précipitations extrêmes, deux options sont envisageables : augmenter le diamètre des conduits pour permettre l'évacuation d'un plus grand volume d'eau et remplacer les anciens réseaux dits « unitaires » par des réseaux « parallèles » afin de séparer les eaux de pluie des eaux sanitaires. À cette réorganisation du réseau d'évacuation des eaux s'ajoute une panoplie d'autres mesures, comme l'aménagement de stationnements avec des zones perméables ou de jardins de pluie, spécialement conçus pour faciliter l'infiltration des eaux de pluie dans le sol et limiter les volumes d'eau acheminés aux réseaux d'égouts.
Sur la photo : Le professeur Alain Mailhot est photographié sur le toit vert de La falaise apprivoisée, au pied de la Côte d'Abraham, à Québec, en compagnie de ses assistants de recherche, Guillaume Talbot (à gauche) et Samuel Bolduc (à droite).
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Source :
Marianne Boire
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