Boulimie pharmacologique

2016-04-27

Boulimie pharmacologique

Jamais nous n’avons avalé autant de pilules. Le problème toucherait plus particulièrement les aînés. Ainsi, les statistiques de la Régie de l’assurance maladie du Québec démontrent que le nombre moyen d’ordonnances par année chez les 65 ans et plus est passé de 62,5, en 2003, à 111,7, en 2013. Et ces chiffres n’incluent pas les médicaments en vente libre.

Photo : Jean-François Leblanc

«Beaucoup d’indices donnent à penser qu’il y a surconsommation», dit Caroline Sirois, professeure à l’Université du Québec à Rimouski, qui étudie la polypharmacie, c’est-à-dire la prise de plus de 5 – voire plus de 10 – médicaments par jour.

Alimentée, entre autres facteurs, par le vieillissement de la population et la croissance des maladies chroniques, cette boulimie pharmacologique a des conséquences délétères : médication inappropriée, interactions médicamenteuses, effets indésirables pouvant entraîner l’hospitalisation; et même la mort.

Cela dit, la polypharmacie n’est pas toujours néfaste. Elle est même parfois indiquée. «Certaines maladies sont soignées au moyen de plusieurs médicaments. Au lieu d’utiliser un seul produit, on en prescrit deux ou trois à plus faible dose et agissant de façon complémentaire, ce qui génère moins d’effets indésirables», indique Caroline Sirois.

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Source :
La recherche dans le réseau de l’Université du Québec
Volume 5, No 2, p. XV.