Consommation de drogues : si les eaux usées municipales pouvaient parler...

2015-01-21

Consommation de drogues : si les eaux usées municipales pouvaient parler...

Comment les autorités policières peuvent-elles évaluer le type et la quantité de drogues illicites consommées à l'échelle d'une ville? Un sondage auprès de la population pourrait s'avérer utile, mais les résultats risquent d'être plus ou moins fiables... À ce jour, peu d'outils d'investigation sont disponibles pour estimer les taux de consommation de drogues dans une municipalité. Pourtant, il est possible de retrouver des traces d'utilisation de ces drogues dans les eaux usées d'une ville. S'intéressant à ce phénomène, le professeur en criminalistique André Lajeunesse mène un projet de recherche susceptible de contribuer au profilage des drogues, grâce aux renseignements fournis par les effluents municipaux.

«Lorsqu'un individu consomme une drogue illicite, il élimine une partie de cette drogue dans son urine ou ses selles. Des traces de drogues se retrouvent alors à l'égout, dans les eaux usées. Ces dernières sont ensuite traitées dans une usine d'épuration. Toutefois, les procédés actuels de désinfection des eaux usées n'éliminent que très peu les produits pharmaceutiques. Les drogues illicites s'apparentant à ces produits, on peut présumer qu'elles échappent aussi à la désinfection. Ainsi, dans les effluents d'une ville, soit les liquides ressortant de l'usine de traitement des eaux, il demeurerait une trace de l'activité humaine liée la consommation de drogues illicites. En mesurant cette trace, il serait possible de fournir des renseignements pertinents d'investigation», explique M. Lajeunesse.

Résultats probants

Pour mener à bien ses recherches, le professeur Lajeunesse a prélevé des échantillons d'eau à la sortie d'une usine d'épuration d'une ville québécoise. Ces spécimens ont ensuite été analysés en laboratoire avec l'aide de l'assistant de recherche Nicolas Gilbert, étudiant à l'UQTR au baccalauréat en chimie avec profil criminalistique.

Sur la photo : André Lajeunesse (à droite), en compagnie de son assistant de recherche, Nicolas Gilbert. (Photo : Annie Brien)

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Source :
Françoise Descoteaux
EnTête, 21 janvier 2015