Contrer la radicalisation

2018-02-26

Contrer la radicalisation

L'arrivée en grand nombre au Québec de demandeurs d'asile, l'été dernier, a déclenché une vague sans précédent de crimes et de propos haineux, rapportait l'édition du Devoir du 24 janvier 2018. Enrayer ce type de phénomène fera partie de la mission de la nouvelle Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents, qui a été lancée le 23 février à l’Université de Sherbrooke. Trois experts reconnus dans ce domaine en sont les cotitulaires: Ghayda Hassan, professeure au Département de psychologie de l'UQAM, David Morin (Ph.D. science politique, 2007), professeur à l'Université de Sherbrooke et codirecteur de l'Observatoire sur la radicalisation et l'extrémisme violents, et Vivek Venkatesh, professeur à l'Université Concordia et créateur de projet Social Media Education Every Day (SOMEONE).

Des études démontrent que l'exposition à des messages haineux sur le Web et dans les médias sociaux a un effet sur les émotions et les comportements des gens. Photo: Istock

Plusieurs personnalités, incluant des représentants des gouvernements du Québec et du Canada, étaient réunies pour souligner l’importance de cette initiative. «Nous sommes fiers d’accueillir dans notre réseau cette nouvelle Chaire au modèle de gouvernance unique réunissant trois grandes universités, une première au Canada et dans le monde», a déclaré Sébastien Goupil, secrétaire général de la Commission canadienne pour l'UNESCO. «La création de cette Chaire s’inscrit pleinement dans les priorités énoncées par le gouvernement du Québec dans son Plan d’action gouvernemental de lutte contre la radicalisation», a souligné la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre.  

La Chaire vise à devenir un pôle d’excellence afin de développer, partager et valoriser la recherche et les actions en matière de prévention. «Nous voulons créer des liens étroits, tant sur le plan national qu'international, entre les chercheurs et les milieux des services sociaux, scolaire et communautaire qui, jusqu'à maintenant, travaillent en silo», observe Ghayda Hassan, directrice du Réseau des praticiens canadiens en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents (RPC-PREV) et psychologue clinicienne.  Placée sous l'égide de l'UNESCO, la Chaire permettra aussi de renforcer l'éducation, la formation et les capacités d'intervention. «Elle servira en quelque sorte de courroie de transmission entre les chercheurs, les milieux de pratique et les décideurs», note la professeure.

Prévenir la radicalisation et l'extrémisme, quelle que soit leur source idéologique, sera au centre des activités de la Chaire. «Depuis quelles années, la polarisation sociale au Québec s'est accrue et s'est cristallisée sur les questions d'identité et d'immigration, soutient Ghayda Hassan. Un groupe d'extrême-droite comme La Meute, par exemple, a vu le nombre de ses sympathisants augmenter, passant de quelques milliers à près de 40 000. Un autre groupe, Les soldats d'Odin, dont les chefs sont en Finlande, a rapidement pris de l'ampleur. Ces organisations, qui perçoivent l'immigration comme une menace, ont des ramifications un peu partout en Europe et en Amérique du Nord et s'échangent des informations et des stratégies. Bref, la radicalisation et l'extrémisme violents se globalisent.»

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Source :
Claude Gauvreau
UQAM, 23 février 2018