Des résultats inquiétants

2017-01-17

Des résultats inquiétants

«Les résultats de notre enquête sont inquiétants, lance la professeure du Département de sexologie Manon Bergeron. Plus du tiers des répondants disent avoir vécu une forme ou une autre de violence sexuelle depuis leur arrivée à l'université et près de 42 % d'entre eux déclarent avoir été victimes de deux ou même de trois formes de violence. Autre source de préoccupation: une personne sur quatre rapporte avoir vécu au moins une forme de violence sexuelle au cours de 12 derniers mois. Il ne s'agit donc pas d'épisodes isolés appartenant à une autre époque.»

L'enquête ESSIMU est la première à brosser un portrait global de la violence sexuelle sur les campus universitaires au Québec.  Photo: Nathalie St-Pierre

Ces données sont issues de l’étude «Enquête sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire (ESSIMU): ce qu’en disent étudiant.es, enseignant.es et employé.es», dont les résultats ont été dévoilés à l'UQAM, le 16 janvier, en présence d'Hélène David, ministre de l'Enseignement supérieur, et de Manon Massé, députée de Québec Solidaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques.

Plus de 9 200 personnes, dont 70 % d’étudiants, ont participé à cette enquête, la première du genre au Québec, qui a documenté au moyen d'un questionnaire en ligne les manifestations de violences sexuelles dans six universités québécoises francophones: l'UQAM, l'Université de Montréal, l'Université Laval, l'Université de Sherbrooke, l'Université du Québec en Outaouais et l'Université du Québec à Chicoutimi. Lancée en janvier 2016, l'enquête a été menée par une équipe interdisciplinaire de 12 chercheuses, dirigée par Manon Bergeron et soutenue par le Réseau québécois en études féministes (RéQEF), le Service aux collectivités de l’UQAM et le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS). Le rapport complet est disponible à l'adresse suivante: Rapport_ESSIMU_FINAL.pdf

«Cette étude est novatrice à plusieurs égards, dit Manon Bergeron. C'est la première réalisée auprès de l'ensemble des membres de la communauté universitaire – étudiants et employés. De plus, elle touche toutes les manifestations de violence sexuelle impliquant des personnes affiliées à l'université – peu importe leur statut –, qui se sont produites tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des murs des établissements.»

Une violence multiforme

L'étude distingue le harcèlement sexuel – comportements verbaux et non verbaux  traduisant des attitudes offensantes, hostiles et dégradantes –, les comportements sexuels non désirés, incluant les tentatives de viol, les agressions et les attouchements sexuels, et la coercition sexuelle (chantage en retour de faveurs). «Il s'agit d'un continuum de comportements qui couvrent un large éventail de formes de violence sexuelle», observe Manon Bergeron. Le harcèlement sexuel est la manifestation la plus répandue (33 %), suivi des comportements sexuels non désirés (18 %) et de la coercition sexuelle (3 %).

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Source :
Claude Gauvreau
Actualité UQAM, 16 janvier 2017