Faux départ pour la maternelle 4 ans

2017-12-06

Faux départ pour la maternelle 4 ans

La croissance rapide des prématernelles à temps plein ne tient pas compte des récents constats des chercheurs. Les perdants, ce sont les enfants vulnérables qu’elles devraient aider. 


Crédit photo : Jean-François Hamelin

L’ initiative partait d’une bonne intention : en juin dernier, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a annoncé que les maternelles 4 ans à temps plein profiteront de 101 nouvelles classes, portant le nombre total à 288. Ainsi, mine de rien, 4 000 enfants issus de milieux défavorisés ont fait une entrée précoce à l’école, cette année.

Bonne nouvelle ? Pas aux yeux des chercheurs en éducation pour qui les solutions avancées ne tiennent pas compte des nombreux écueils observés, et risquent même d’aggraver les problèmes. « On parle de places. On ne parle pas de la qualité ni du soutien aux enseignants », se désole Christa Japel, professeure au département d’éducation et formation spécialisées de l’Université du Québec à Montréal. Selon elle, le service, implanté en 2013, devrait être rodé et éprouvé avant d’être étendu : « Il faut réfléchir avant d’agir ainsi, si on veut un effet sur le développement de ces enfants vulnérables. »

En mars 2017, la chercheuse a dévoilé des constats alarmants concernant les maternelles quatre ans. Selon son étude réalisée dans 28 groupes et menée à l’hiver 2015, la qualité de l’environnement éducatif est généralement « très basse », avec des « lacunes marquées » dans le mobilier, l’aménagement des lieux, les soins personnels, la stimulation du langage et du raisonnement, les activités offertes et les interactions avec les enseignants.

Néanmoins, Christa Japel reste convaincue de la pertinence de la prématernelle à temps plein, car elle accueille des enfants qui, autrement, ne fréquenteraient aucun service de garde éducatif. En lançant un cri du coeur, elle souhaitait inciter le gouvernement à investir davantage dans les classes existantes. « Bien qu’ils soient dévoués et de bonne volonté, les enseignants de notre échantillon n’ont pas un budget suffisant pour acheter du matériel adéquat », remarque-t-elle.

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Source :
Étienne Plamondon Emond
La recherche dans le réseau
de l'Université du Québec
Québec Science
Décembre 2017, p. : VIII