L’âge des cristaux

2015-12-14

L’âge des cristaux

L’entrée du laboratoire dirigé par Michel Lamothe, au département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), ressemble à un antre de magicien. Deux étudiants poussent une porte en forme de demi-cylindre noir qu’ils font pivoter avant de disparaître. De l’autre côté de ce sas, l’obscurité est presque totale. Seules quelques lampes recouvertes de filtres rouge foncé permettent de distinguer les paillasses sur lesquelles s’entassent des échantillons de roches et de sable provenant de partout dans le monde. Ces vieilles pierres attendent de révéler leurs secrets.

Le travail en laboratoire de luminescence se fait en lumière tamisée et filtrée pour longueur d’onde se rapprochant de l’orange.

« En éclairant les échantillons avec des faisceaux lumineux, on peut savoir à quel moment ces roches ont été enfouies. C’est une méthode de datation qui permet de remonter jusqu’à 500 000 ans en arrière, soit 10 fois plus loin que les autres méthodes de datation », explique le chercheur.

Ainsi, la luminescence stimulée optiquement – c’est le nom de la technique – permet de faire parler les sédiments pour, par exemple, reconstituer l’histoire des glaciations ou encore déterminer le moment où des céramiques ancestrales ont été enfouies dans le sol. Michel Lamothe revient d’ailleurs d’Alaska, où il a analysé des échantillons provenant de glaciers – son premier centre d’intérêt –, mais aussi de sites archéologiques datant de 13 000 à 14 000 ans.

« Des chercheurs de partout m’appellent pour des projets de datation. Notamment, en archéologie, il nous est par exemple possible de dire en quelques minutes si une roche a été chauffée, et donc si elle provient d’un foyer préhistorique », précise le géologue.

Un dossier réalisé par Marine Corniou.

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Source :
La recherche dans le réseau de l’Université du Québec
Volume 5, no 2, p. XIII.