Le bouillonement créatif des régions

2016-11-07

Le bouillonement créatif des régions

Après des décennies d’exode rural, le Québec voit aujourd’hui de plus en plus de citadins choisir de s’établir en région, cédant à l’appel des grands espaces, d’un rythme de vie moins effréné ou de l’absence de congestion routière. Virginie Proulx est de ceux-là. Originaire de Montréal, elle a déménagé à Rimouski pour y faire son doctorat en développement régional. «Je pensais me rapprocher de la nature, profiter de la beauté des paysages, mais je ne m’attendais pas à découvrir une vie culturelle aussi dense», explique la jeune femme, aujourd’hui chargée de cours à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et consultante en développement régional.

Surprise par l’effervescence de la ville, elle s’interroge : la culture serait-elle un vecteur de développement pour les petites municipalités ? Quelques années de travail et 500 pages de thèse plus tard, le constat est clair. Le dynamisme culturel en région a des retombées qui vont bien au-delà du simple divertissement de ses habitants. «Il crée un bouillonnement propice à la créativité, incite à faire les choses différemment. La culture attire des artistes, des étudiants, mais elle suscite aussi des réflexions, permet une certaine ouverture d’esprit, surtout si on y est exposé dès le plus jeune âge», explique Virginie Proulx qui a déposé sa thèse en 2013. En engendrant une société plus créative, « la culture contribuerait directement et indirectement à la création d’entreprises », note-t-elle également.

Un cercle vertueux, en somme, générateur de développement durable et d’innovation.

Portée, entre autres, par ce rayonnement culturel, Rimouski a tenu le difficile pari de lutter contre le déficit démographique, à attirer des jeunes et à les garder. D’autres villes lui ont emboîté le pas, dont Rouyn-Noranda qui cherche à se défaire de son image de ville industrielle et qui mise elle aussi sur une communauté artistique bien vivante.

Si une activité culturelle riche améliore la qualité de vie, elle renforce aussi le sentiment d’appartenance et contribue à désenclaver les populations. «La culture, c’est le reflet de l’identité : si on ne la soutient pas, on éteint l’identité régionale», affirme Mme Proulx. Elle déplore d’ailleurs l’abolition, en 2015, des conférences régionales des élus (CRÉ) et les coupes budgétaires qui nuisent en premier lieu aux petites initiatives à saveur locale.

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Source :
Bulletin de la recherche
Octobre 2016, p. 16.