L'écologie du paysage dans le laboratoire « vivant »

2016-12-02

L'écologie du paysage dans le laboratoire « vivant »

Julie Ruiz
Université du Québec à Trois-Rivières
Dossier Régions
17 novembre 2016

Découvrir : Dans le Dossier Régions, on s’attarde tout particulièrement à la coconstruction des savoirs avec les communautés comme source d’adaptation aux changements et comme capacité de réagir aux stress socioéconomiques et environnementaux. Et il semble que vos recherches en écologie du paysage s’inscrivent tout à fait dans cet esprit. Pouvez-vous nous introduire aux travaux que vous réalisez à la Chaire UQTR Écologie du paysage et aménagement que vous dirigez?

Julie Ruiz : Je m’intéresse aux territoires fortement agricoles dans une perspective d’aménagement durable. Je cherche à leur redonner leurs qualités environnementales pour qu’ils soient capables, entre autres, d’attirer de nouvelles populations. Et bien sûr, je vise à les rendre plus robustes face aux changements climatiques. Dans la notion d’écologie, il y a cette idée de système, et cette perspective nous amène à travailler sur le territoire et sur les populations.

Découvrir : Sur mais aussi avec les populations, j’imagine?

Julie Ruiz : Effectivement (rires). En fait, on accompagne les acteurs dans la prise en charge des enjeux environnementaux qui les concernent. On travaille beaucoup sur le comment réaliser cette prise en charge collective. Parce qu’à l’évidence, on ne peut répondre à ces enjeux qu’ensemble. On expérimente actuellement un modèle collaboratif inspiré des laboratoires vivants, qui, dans notre cas, est orienté vers l’innovation en environnement. On vise à construire des solutions adaptées aux différentes exploitations agricoles; à coconstruire, en fait, ces solutions avec les agriculteurs, les acteurs du territoire, les ministères et les chercheurs. C’est une approche expérimentale visant l’émergence de solutions à partir du processus collaboratif.

Découvrir : Est-ce que vous avez un lieu physique ou est-ce un lieu virtuel?

Julie Ruiz : Cela se traduit physiquement par des ateliers entre chercheurs, agriculteurs et autres acteurs, dont les professionnels du territoire, les agronomes ou encore les spécialistes de la gestion de l’eau et de l’aménagement. Dans cette approche on ne creuse pas les enjeux, on résout des problèmes. Et en cherchant solutions, ça rétroagit sur notre compréhension des enjeux. L’intérêt de cette approche, c’est qu’en étant près des agriculteurs on mobilise plus facilement leurs savoirs, très terrain et pratico-pratique, alors qu’en partant des enjeux, on mobilise d’abord le savoir des chercheurs.

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Source :
Julie Ruiz, UQTR
Magazine Découvrir, Acfas
16 novembre 2016