Les chercheurs unissent leurs forces pour combattre les maladies infectieuses

2017-11-01

Les chercheurs unissent leurs forces pour combattre les maladies infectieuses

Qu’ils soient des virus, des bactéries ou des parasites, les pathogènes et les maladies qu’ils causent tuent sans relâche. Première cause de mortalité mondiale, on ne comprend pourtant pas encore toutes les manœuvres qui leur permettent de franchir les barrières physiologiques et les défenses immunitaires pour s’installer et proliférer chez leurs hôtes. La science progresse cependant et les scientifiques redoublent d’ardeur alors que la résistance aux antibiotiques menace d’alourdir le bilan. Plusieurs d’entre eux ont partagé leurs découvertes lors du premier colloque Interactions hôtes-agents pathogènes qui s’est déroulé les 16 et 17 octobre 2017 au Centre INRS–Institut Armand-Frappier.

Réunissant des conférenciers de renom tels que John Brumell, Gary Kobinger et Alain Mérieux, ce colloque a posé un regard sur les dernières avancées scientifiques spécifiques à la relation très intime entre un pathogène et son hôte. 
 

Mieux comprendre les bactéries

D’entrée de jeu, le professeur John Brumell de l’Hospital for Sick Children et de l’Université de Toronto a présenté ses travaux  visant à mieux comprendre comment le pathogène Listeria monocytogenes se dissémine dans le corps lors d’une infection. Rusée, cette bactérie détourne les mécanismes naturels de l’immunité à son avantage pour faciliter l’invasion des cellules. 

 
Bactérie la plus connue du microbiote intestinal, E. coli est au centre des travaux présentés par le professeur Charles M. Dozois de l’INRS. Présente chez les animaux autant que chez les humains, elle participe à l’augmentation de la résistance globale aux antibiotiques, une crise qui inquiète les scientifiques. Le professeur Dozois analyse différentes souches d’E. coli afin de mieux comprendre ce qui la rend plus ou moins pathogène et ainsi identifier de nouvelles approches alternatives  à l’utilisation d’antibiotiques pour contrecarrer les infections.
 
Parmi les approches explorées à ce titre au cours du colloque, le professeur Éric Déziel propose de brouiller les communications entre les bactéries. Prenant son modèle d’étude comme exemple, le pathogène opportuniste Pseudomonas aeruginosa, il a fait la démonstration de stratégies qui les empêchent de s’organiser pour mener une infection.
 

Les virus, du terrain au laboratoire

Amenant l’auditoire à une autre échelle, le professeur Gary Kobinger, directeur du Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval, a fait part des nombreux défis rencontrés pour déployer un vaccin contre le virus Ebola en Afrique.  Malgré qu’il ait rendu possible la création d’un vaccin, atteindre les populations dans un délai utile lors d’une éclosion d’Ebola demeure toujours difficile. 

 
Pendant ce temps, d’autres virus inquiètent, tels que la dengue et Zika. Aucun vaccin n’existe à l’heure actuelle contre ces virus, mais les scientifiques progressent dans la compréhension de ces pathogènes. Le professeur Laurent Chatel-Chaix de l’INRS a d’ailleurs présenté ses travaux sur ces deux virus montrant qu’ils modifient l’organisation des organelles dans les cellules infectées. Ces modifications, parmi lesquelles on compte l’allongement des mitochondries et leur contact avec des « usines de réplication de virus », participent à créer un environnement favorable à la réplication des virus de la dengue et de Zika. 
 
D’autre part, la capacité de certains virus à attirer l’attention du système immunitaire peut également devenir un outil thérapeutique, comme l’a fait valoir le professeur Alain Lamarre de l’INRS. Ce dernier et son équipe utilisent des nanoparticules virales dans une approche contre les infections et le cancer.
 
 
Source :
Stéphanie Thibault
INRS, 30 octobre 2017