Liberté d'expression menacée?

2017-02-14

Liberté d'expression menacée?

La liberté d'expression est-elle en danger à l'université? Au cours des dernières années, plusieurs incidents sur des campus américains et anglais ont soulevé la controverse, des étudiants ayant réussi à faire annuler ou à perturber des conférences portant sur des sujets qu'ils jugeaient offensants. Dans le cadre de son blogue Corde sensible, la journaliste Marie-Ève Tremblay (B.A. communication/journalisme, 11), de Radio-Canada, a voulu vérifier l'état de la liberté d'expression à l'université en menant une expérience à l'UQAM, avec la collaboration de la professeure Anik Meunier, du Département de didactique.


L'affiche bleue concoctée par l'équipe de Corde sensible a suscité une réponse de la part du groupe Solidarité pour les droits humains des Palestiniennes et Palestiniens. Photo: tirée du site de Radio-Canada

Pour tester la tolérance des étudiants envers certains sujets sensibles, la journaliste a imprimé deux affiches au ton caricatural et les a placardées sur les babillards de l'université. «Les deux affiches contenaient des propos non nuancés susceptibles de heurter certaines sensibilités», reconnaît Anik Meunier.

La première affiche s'intitulait «L'identité et la culture québécoise sont-elles en péril?». Elle abordait des thèmes propres à la droite identitaire et au nationalisme: les accommodements religieux, la francisation, les seuils d'immigration, la culture québécoise et l'égalité homme-femme. On pouvait y lire en lettres majuscules, notamment, «IL N'EST JAMAIS TROP TARD POUR PRÉSERVER NOTRE CULTURE». Cette affiche comportait une invitation à discuter, à une date ultérieure, de ces enjeux.

La seconde affiche s'intitulait «Et si on écoutait les vandales, pour une fois?». Elle appelait à la compréhension à l'égard d'actes de vandalisme anti-gentrification commis dans des commerces des quartiers Hochelaga-Maisonneuve et Saint-Henri. Des assemblées populaires seraient annoncées ultérieurement, stipulait-elle.

Des réactions enflammées

Les réactions n'ont pas tardé. Le groupe Solidarité pour les droits humains des Palestiniennes et Palestiniens de l'UQAM a imprimé et apposé une affiche à côté de celles sur le nationalisme. Leur message stipulait que «le nationalisme identitaire islamophobe, xénophobe et raciste n'était pas le bienvenu à l'UQAM». Le groupe a publié une photo des deux affiches côte-à-côte sur sa page Facebook. «C'était une réponse tout à fait légitime, qui employait le même mode communicationnel», souligne la professeure Meunier.

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Source :
Service des communications
Actualités UQAM, 13 février 2017